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Où allons-nous? Nos Diverses Ecoles Politiques
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enter pas mal de monde, si elle n'est pas
icOurageantes, ne doit pas, cependant, arrêter ceux qui veulent mettre les vrais Principes au-dessus de tout autre
intérêt, pour assurer le bien de la patrie, qui est lui-même subordonné au bien de la vérité, de la justice, du droit. C'est ainsi, du moins, que nous comprenons le patriotisme.
Nous avons eu jusqu'ici, et nous avons encore, au Canada et particulièrement chez nous, Canadiens-français, trois OU quatre écoles politiques.—
La perspective d'avoir à mécont des plus agréables et des plus er
nn —
Nous parlons ici d’école et non de parti, pour rester dans le domaine des idées, sans trop entrer sur le terrain de l'histoire, qui doit juger, non seule-
ment les idées, mais aussi les hommes et les œuvres.
Nous avons donc l'école libérale, à laquelle se rattache une section radicale ; nous avons l'école conservatrice, à laquelle se rattache le torysme, et nous avons, depuis une douzaine d'années, l'école nationaliste,
OUS passerons plus rapidement sur les deux premières, qui sont plus connues et qui ont été étu ‘ &es bien des fois.
Disons, cependant, que si l’école conservatrice anglaise, à laquelle se rattache la nôtre, nous paraît la plus sûre et la plus clairvoyante, celle qui a davantage le respect de la tradition et de l'autorité, celle qui risque le moins
€ compromettre l'avenir de l'Angletrere et aussi du Canada, cette école par les excès de son torysme protestant, nous inspire de justes craintes, Surtout au point de vue catholique et canadien-français. La faction orangiste n'est pas toute de l'école conservatrice anglaise, mais la majorité de cette faction, fanatique et impolitique, semble bien en être. C’est de ce côté orangiste que le torysme est le plus dangereux et le plus répréhensible : c'est de ce côté que se trouve l’écueil de l'école conservatrice.
elle est plus tolérante, jusqu’à présent du moins, pour le catholicisme. Malheureusement, cet esprit de tolérance s'allie aussi, naturellement, à la libre pensée et même au radicalisme, et c'est de ce côté que l'école libérale est pour nous menaçante, De fait, le radicalisme, au Canada, est presque tout entier logé à l’enseigne libérale et s'y trouve comme chez lui. C'est un phénomène, facile À expliquer, qui s’est manifesté un peu partout le même.
De cette façon, pour nous, Canadiens-français, le torysme constitue un ennemi extérieur, et le radicalisme, un ennemi intérieur autant qu'extérieur.
‘un menace notre existence, en s'attaquant surtout à nos droits, à notre
vie publique ; l’autre s'attaque plus à notre âme et ne menace pas moins dangereusement notre vie.
Dans un pays catholique, le libéralisme refuse de protéger le catholicisme et les traditions chrétiennes : dans un PaÿS protestant ou libre-penseur, le libéralisme sincère accorde au catholicisme la liberté qu'il reconnaît à toute croyance dont les manifestations respectent l'ordre établi.
Plus traditionaliste de sa nature, l'école conservatrice protège et défend la vérité, quand elle la possède ; elle oppose des obstacles à son admission, si elle ne la possède pas .
Nous parlons ici, bien entendu, de deux écoles ou de deux systèmes, en SuPpposant que l'une et l’autre restent dans la ligne de leurs principes.
ans la pratique, il n’en est Pas toujours ainsi. On rencontre parfois des libéraux qui ne sont Pas assez tolérants, et des conservateurs qui le sont trop.
Chez nous, en particulier, où les esprits sont moins théoriciens que pratiques, on trouve dans nos deux écoles, libérale et conservatrice, des politiciens beaucoup plus attentifs aux affaires qu'aux principes. (C'est un inconvénient grave, quand les principes abandonnés sont bons ; C'est un avantage appréciable, quand les principes oubliés sont mauvais.
Cette adaptation des principes aux intérêts, intérêts publics et intérêts
particuliers, cet empirisme politique, que l'on doit déplorer, mais dont il
=) lies
faut aussi parfois se réjouir, explique que beaucoup de choses, vivement débattues entre les deux partis, restent cependant les mêmes, lorsque ces partis se succèdent au pouvoir. La pratique diffère moins que les principes.
Ceux-ci, cependant, gardent toujours leur part d'influence, et de ce que cette influence est souvent atténuée et même complètement voilée, il ne faudrait conclure ni que les principes, ni même que les partis se valent absolument, au point de vue pratique. Absurde au point de vue théorique, l’indifférentisme politique n’est pas inoins funeste comme attitude pratique, en face des principes et des partis.
Les dangers de nos deux écoles politiques, dangers constatés et regrettés par un grand nombre d’esprits droits, libérés de l'étroit esprit de parti, amèneront-ils un remaniement de ces partis? Y aura-t-il quelque jour, scission entre les conservateurs et les orangistes tories, entre les libéraux et les radicaux ? Il est assez difficile de le prévoir, pour le moment, d’autant plus que le redoutable problème mondial imposé à l'attention de tous les peuples, par la brutale agression allemande contre l'Europe, complique tous les autres problèmes politiques particuliers et en rend la solution plus incertaine et plus difficile.
Grosse de conséquences graves et de dangers, la situation présente de la politique européenne, de la politique anglaise et de la politique canadienne, demande impérieusement beaucoup de clairvoyance, beaucoup de prudence et aussi de modération. Les leçons de la guerre, qui est la plus grande écc'e politique pratique du siècle, peuvent modifier et ruiner bien des idées et peuvent en suggérer bien d’autres : bien des intérêts, unis jusqu'ici, seront forcément séparés par les événements qui se déroulent ; d’autres, qui étaient séparés, se trouveront rapprochés et unis.
Les partis pourront être forcés de modifier leurs cadres et leur. groupements ; les écoles seront amenées à adopter de nouveaux principes et à en rejeter d'anciens. D'autres combinaisons pourront surgir comme d'ellesmêmes ; d’autres théories pourront s'imposer.
Ce qui ne variera pas, cependant, ce sont les graads principes enseignés par l'Église et par la sagesse de tous les siècles; c'est à ces principes qu'il faut se tenir plus solidement attachés, quand la tourmente déchaînée des événements et des passions menace d'emporter des institutions, des théories et même des esprits, que l'on croyait solides. Le salut est dans les vrais principes conservés et mis en pratique, car les vrais principes nous relient à Dieu.
C'est à la lumière de ces principes que nous tâcherons d'examiner le bon et le mauvais, l’utile et le dangereux, le vrai et le faux que nous enseigne notre jeune école nationaliste. Pour l'intérêt du sujet en lui-même, qui ne manque pas de côtés séduisants, pour la nouveauté relative des problèmes qu'il soulève, et surtout pot - cette considération que l’école nationaliste est restée, de fait, uniquement canadienne-française, nous consacrerons un peu plus de temps à cette école, qui aurait pu nous ire beaucoup de bien, et qui pourrait nous faire beaucoup de mal, puisqu'elle est totalement nôtre.
Les théories du nationalisme en général et celles du nationalisme canadienfrançais en particulier n'ont pas été encore suffisamment examinées chez nous, pas plus que leurs résultats certains ou probables. Nous n'avons pas l'ambition et encore moins la prétention de faire faire un grand pas, ici, dans
ces modestes “tribunes libres”, à ces importantes études théoriques et pratiques, si ce n'est en attirant sur elles l'attention des érudits, des philosophes, des juristes, des théologiens.
On ne doit pas, en effet, oublier que cette série d'articles est, avant tout,
une série de questions sur le problème si compliqué de nos destinées nationales.
Au lieu de répondre à ces questions et de réfuter les considérations somaires dont elles s'accompagnent, quelques esprits curieux, évidemment portés au subjectivisme allemand, s'inquiètent d'abord, paraît-il, de la personne!" dont elles émanent. Qu'ils sachent donc que la personnalité du “Patricie”’ n'est rien et n'importe en rien devant la gravité des problèmes soulevés. Nous avons assez d'écrivains dont l'importance personnelle consiste beaucoup dans leur nom, qu'ils mettent à l'affiche, pour qu'il soit permis à un simple citoyen, sans importance personnelle, d'effacer sa personnalité de l'affiche, pour laisser toute l'attention des lecteurs aux choses dont il les entretient.
Si les questions que nous posons n'importent pas en elles-mêmes, le nom de leur auteur importe encore moins, si ce n'est aux potiniers peu sérieux. Si elles importent, elles sont assez intéressantes pour faire laisser dans l’ombre le nom de leur auteur, qui n'est d’ailleurs qu’une petite unité, la dernière, dans le nombre grandissant des Canadiens-français qui ne tiennent pas à s'emballer, mais qui veulent voir clair, pour mieux servir leur race, leur pays, leur foi. Donc soit dit sans plus y revenir, l'auteur de ces lignes n’est
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