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Le 9 septembre 1914, M. Bourassa vantait encore, avec admiration et sans réserve, Sir Edward Grey, ‘‘l'éminent di lomate”, d'avoir eu pour ‘“‘objectif suprême, unique, l'intérêt de l'Angleterre. A cet objectif, il subordonne tout: alliances, salut des autres nations, protection des faibles, respect des traités”.
Ainsi donc, à la conscience nationale émancipée de toute autorité par le principe de la souveraineté du peuple, c'est l'intérêt national, l'égoisme national, que l'école nationaliste, par la voix indiscutée de son chef, assigne comme règle suprême de politique et de morale nationales.
Nous reviendrons nécessairement sur ce point inquiétant, mais disons dès maintenant qu'avec cette théorie immorale et païenne, on comprend que certains nationalistes n'attaquent jamais ni le Pangermanisme, ni les procédés allemands, et sont même offensés ou scandalisés si d'autres les attaquent. Ils sont en pleine communion d'idées avec les Allemands : l'intérêt de la patrie domine et justifie tout. C'est la doctrine même de l'impérialisme nationaliste pangermanique.
Mais il faut savoir qu'entendu dans ce sens, le nationalisme est une doctrine atteinte par la condamnation portée dans la 64ème proposition du Syllabus de Pie IX, ainsi formulée : “La violation d'un serment, quelque saint qu'il soit, et toute action criminelle et honteuse opposée à la loi éternelle, non seulement ne doit pas être blâmée, mais elle est tout à fait licite et digne des plus grands éloges, quand elle est inspirée par l'amour de la patrie.” (La Presse, 19 aout 1916).
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