‹ Où allons-nous? [microforme]Chapitre 26 sur 32 · Tristes Résultats · texte numérisé non relu

Tristes Résultats

Les résultats particuliers outre ceux que nous avons déjà signalés de cette campagne franchement anti-anglaise et timidement pro-allemande, de cette exploitation fausse et insidieuse des paroles et des actes du Pape, ne sont pas seulement d'avoir nui au recrutement, d'avoir envenimé les divisions et les haïines de race, d’avoir inspiré tant d'écrits et de paroles contre les Canadiens-français, contre leur clergé contre le Pape luimême, beaucoup d'anglais protestants croyant que Bourassa s'inspirait vraiment des paroles du Pape et avait avec lui une partie importante du clergé, c'est aussi d'avoir faussé profondément beaucoup d’esprits parmi nos compatriotes. Les germes d'erreurs non moins que de mépris, de haines et de révolte semés à pleines mains et à tours de bras depuis plusieurs années, n'ont pas tous levé, mais plusieurs ont levé chez les esprits peu instruits, faciles À exciter, prompts à s'emballer, qui ont cru se grandir, comme leur chef en méprisant et en injuriant tout le monde, qui ont crû se donner de l'intelligence en traitant tout le monde de fou et d'ignorant, qui se sont crus

ET pu

patriotes courageux t intelligents parce qu'ils déblatéraient violemment et plusieurs grossièrement contre tous nos hommes politiques, contre toutes nos autorités sociales et surtout contre les anglais.

À ces disciples fanatisés le chef nationaliste fait croire le plus facilement du monde que lui seul voit clair dans la situation européenne, que lui seul est conséquent avec lui-même quand i! affirme que le Canada n'a pas d'autres obligations ni d'autres irtérêts dans la guerre mondiale actuelle qu'il n'en avait dans la guerre du Soudan et dans la guerre contre les petites républiques de l'Afrique du Sud.

Veut-on saisir encore une fois sur le vif l’effe+ des prédications violentes et déséquilibrées de notre passionné démagorue, qu'on relise ces paroles d’un de ses disciples, écrivant dans le journal de M. Bourassa, en octobre 1916. La pièce était intitulée : Ce qu’exige le patriotisme.

“ Maintenant que faüt-il penser des grandes alliances entre et contre nations et des guerres qui en résultent ?

“Je ne crains pas de répondre : la plupart sont des coalitions criminelles et une menace constante pour la stabilité de la paix dans le monde avec des ententes secrètes qui font que, en cas de guerre personne ne peut plus démêler le juste de l’injuste,

“ Ainsi dans cette guerre-ci comme dans bien d'autres par le jeu des influences occultes des diverses chancelleries, le côté qui paraît attaquer le premier peut fort bien être celui qui est poussé à bout et “ déclare ” la guerre à son corps défendant, tandis que la nation qui fait figure d'assaillie est peut-être celle qui sournoisement, et par des voies détournées a acculé l’autre à la guerre.

“Tant que toutes ces causes de guerre et ces pourparlers entre chancelleries ne seront pas soumis à la décision de la nation entière par la voix de ses représentants autorisés, le peuple devait refuser de tremper dans ces guerres, plus souvent qu'autrement injustes et spoliatrices de la liberté d'autrui. Et à plus forte raison une nation étrangère à la cause d'un conflit comme le présent n’at-elle le droit de sacrifier son intérêt supérieur ni la vie de ses enfants soit par crainte ou par sympathie,

“Or dans la guerre actuelle, qui pourrait se vanter d'en connaître les causes antérieures, et partant, qui pourrait avec certitude montrer du doigt la nation qui a voulu chercher et déchaîné cette conflagration ? Est-ce l'Allemagne comme on le prétend généralement ou bien la Russie ? ou encore l'Angleterre ?

Ou bien la mêlée barbare serait-elle plutôt l'aboutissement des intrigues et des menées d’une secte opérant dans chaque pays vers un but unique ? Ce qui est certain, c'est qu'il n'y a rien de certain... et tel étant le cas, là conclusion qui s'impose, c'est qu'avant de prendre part à la querelle du voisin il faut premièrement savoir ce dont il s'agit et dans l'ignorance se tenir à l'écart.

“Pauvre Canadien sollicité en tous sens par ces divers sentiments de mère et de belle-mère, ce n'est pas étonnant que tu hésites à t'enrôler ! A ta place tout le monde en ferait autant.

“ Car il y a bien lieu de se demander si c'est ta mère naturelle, le Canada qui profiterait du sang que tu verserais, ou si Ça ne serait pas plutôt la belle-mère qui goberait tous les marrons que tu aurais tirés du feu pour elle— j'en ai bien peur ?

“Avant de savoir si l'on se bat pour une cause juste ou pour la perfidie, si c'est combattre pour les intérêts de l'Eglise de Rome, ou contre elle, si c'est lutter pour la civilisation latine, ou pour l'assujettissement de celle-ci à l’anglosaxonne, avant d'en savoir plus long, dis-je, personne n'a le droit de nous en.

voyer à la guerre et. partant, personne n'a le dev. ir d'y aller de quelque sommité que parte le mot d'ordre”.

Pour innocenter l'Allemagne, pour tourner les soupçons contre l'Angleterre, pour dissuader les Canadiens de s'enrôler en leur faussant la conscience, le disciple est digne du maître. Il n'y a pas jusqu'aux pourparlers de la diplomatie qui doivent être soumis à la décision de la nation entière qui ne soient du plus pur et du plus utopiste démocratisme ; il n’y a pas jusqu'au refus d'obéir avant d'avoir jugé par soi-même de la justice et de la sagesse du commandement même en face de l'agression ennemie, qui ne soit du plus authentique anarchisme. Par son ardeur à tout démolir à tout renverser autant que par les disciples qu'il forme, M. Bourassa sera à lui seul notre Clémenceau et notre Hervé canadien. Frondeur comme le premier, il est antimilitariste comme le second,

APPENDICE VII 1. Les Evêques et le Devoir National

Pour prouver que les évêques du Canada et notamment Mgr Plessis avaient donné ‘‘ leur adhésion constante aux principes du nationalisme ” et que, par contre, le mandement des évêques publié au commencement de la guerre actuelle ‘* se pose en marge de la tradition épiscopale du Canada’, M. Bou-

rassa, surtout dans sa brochure ‘‘ Hier, Aujourd'hui, Demain ”” s'est livré à une fantaisiste interprétation des documents épiscopaux triés à son usage, Avant de traiter nos évêques actuels de ‘ révolutionnaires ‘, le chef nationaliste à cru qu'il importait de les mettre en contradiction avec leurs prédécesseurs. Les éloges et commentaires à l'adresse de ceux-ci sont aussi indignes que ses injures et ses accusations contre ceux-là.

Nous allons examiner un peu la vraie tradition épiscopale du Canada, mise en regard des imputations fausses et des injures de M. Bourassa. C'est un travail de réparation absolument nécessaire.

Mgr Plessis écrivait le 16 septembre :

“Nous n'avons cessé, nos très chers frères, de vous inculquer en toute occasion les principes de loyauté, de respect et d'attachement dont vous devez être pénétrés pour votre auguste souverain et son gouvernement. Nous vous avons plusieurs fois répété que ces paroles du chef des Apôtres ‘ Craignez Dieu, honorez le Roi”, n'étaient pas seulement un conseil mais un précepte et un article essentiel de la morale évangélique : que vos pères dans la foi n'avaient jamais suivi d’autres doctrines ; que soumis à des maîtres durs et impérieux, à des empereurs païens, à des persécuteurs obstinés, ils ne s'étaient pas crus pour cela dispensés de l'obéissance et de la fidélité qui doivent attacher les sujets au Souverain ; qu'instruits par j'Apôtre des gentils, ils s'étaient soumis à leurs supérieurs civils ‘non par la crainte de leur colère, mais pour Dieu et par principe de conscience. ”

Plus loin, Mgr Plessis, après avoir établi le contraste qui existait alors aussi entre les souffrances des pays d'Europe et le bonheur dont jouissaient les Canadiens, écrit :

‘* Vous les avez faites, n. t. c. f., ces réflexions ; vous vous en êtes pénétrés ; vous avez compris que vos intérêts n’étaient pas distingués de ceux de la Grande-Bretagne ; vous êtes convaincus, comme nous, qu'il est impossible d'être bon chrétien sans être sujet loyal et fidèle ; que vous seriez indignes du nom de catholiques et de Canadiens, si, oubliant les règles de votre sainte religion et les exemples de vos ancêtres, vous montriez ou de la déloyauté, ou même de l'indifférence, quand il s'agit de remplir vos devoirs de sujets dévoués aux intérêts de leur Souverain et à la défense de leur pays.

‘ Aussi n’avez-vous attendu ni que cette province fut menacée d’une invasion prochaine, ni même que la guerre fut déclarée pour donner ces preuves de votre zèle et de votre bonne volonté

pour le service public. Au seul soupçon, aux premières apparences d'une rupture avec les Etats Voisins, vous avez paru ce que vous devez être, c'est-à-dire prêts

tout entreprendre et à tout sacrifier plutôt que de vous exposer à changer de gouvernement, et à perdre les avantages inestimables que vous assure votre situation présente. ”

Le 17 septembre 1807 Mgr Plessis ordonnait au clergé de faire lire en assemblée de paroisse un ‘ ordre de Son Honneur le Président et commandant en chef de la Province ”, où il est dit : “ Le Président se croit également justifié en Soutenant que, dans aucune partie des Domaines britanniques, il n'a jamais été témoigné un dévouement plus ardent pour la personne de Sa Majesté et pour son Souvernement ; et l'on doit particulièment remarquer que l'idée de défendre leurs propres familles et leurs propriétés 4 paru er quelque sorte, dans l'esprit de toute description en cette province, être un objet de bien moindre considération Pour eux que celui de la défense de la cause d’un souverain justement chéri, et du soutien d’un Souvernement qui, par expérience, a été reconnu le mieux calculé pour promouvoir le bonheur et assurer la liberté du genre humain ”!,

Voilà ce que faisait lire par tous ses prêtres à leurs Paroissiens assemblés, le grand évêque que M. Bourassa ne peut s'empêcher de proclamer ‘“ cet homme de forte doctrine et d’un rare bon sens a qui “ ne s'écarte pas un instant des règles de la justice, du droit naturel et des traditions britanniques ".

Malgré ces déclarations et textes bien explicites, que nous avons cités et que nous allons citer encore, qui sont plus catégoriques qu'aucune déclaration ou exposés de Principes, mis au jour en ces dernières années, sur nos devoirs envers l'Angleterre, M. Bourassa, voulant être ironique, écrit, partout de Mgr Plessis :

Le Manifestement, il ignore Ja théologie impérialiste ”. C'est qu'il n'y a pas de théologie impérialiste ; ce que l'ignorance infatuée de M. Bourassa prend pour de la théologie impérialiste — théologie qu'il n’a jamais osé discuter ni même citer honnêtement — n'est que la théologie catholique, celle de saint Paul, celle de saint Thomas, celle de Léon XIII, celle de nos évêques passés et présents.

Mais continuons de citer ceux-ci :

Parlant du gouvernement britannique, Mgr Plessis écrit le 21 mars 1810: ‘un Souvernement sous lequel la divine providence n’a fait Passer cette colonie que par l’effet d’une prédilection dont

nous ne saurions assez bénir le ciel. (1) Nous n'ajoutons pas ici que vous êtes, vous-mêmes, intéressés de très près à maintenir les fidèles dans le respect et la soumission qu'ils doivent à leur Souverain, et À ceux qui le représentent, Parce que nous savons qu'indépendamment de tout intérêt, le clergé de ce diocèse à toujours fait hautement profession de ces principes qui portent sur la plus solide de toutes les bases, savoir sur les maximes de la religion sainte que nous prêchons aux peuples, qui est essentiellement ennemie de l'indépendance et de toute réflexion téméraire sur la conduite des personnes que Dieu a établies Pour nous gouverner. ”

Le grand Vicaire de Mgr Plessis écrit aux curés du Canada, le 29 juin 1812 :

Que nos Canadiens goûtent plus que jamais la douceur des liens qui les attachent avec tant d'avantages pour eux au gouvernement paternel de Ja Mèrepatrie. Qu'ils sachent bien et comprennent encore plus aujourd'hui que jamais qu'ils doivent conserver ces sentiments de loyauté dont jusqu'ici ils ont été pénétrés, et qu'ils ont si souvent manifestés Par une conduite parfaitement uniforme Sur ce point. Agir autrement ce serait Pour eux sacrifier leur conscience, leurs biens les plus réels à des chimères, ou plutôt à de cruels évènements, ”

Le 3 juillet 1812 Je Grand Vicaire Roux de Montréal, écrit de son côté : ‘“ Notre Mère-Patrie, qui protège si puissamment les pays étrangers, pourrait-elle abandonner ses enfants ? des enfants qu'elle ne cesse de combler de bienfaits depuis plus d'un demi-siècle ? ”

Le 29 octobre 1812, Mgr Plessis écrit lui-même à tous ses fidèles du Canada :

“ Peut-être, nos trés chers frères, qu'à nulle autre époque avant celle-ci, vous n'avez senti, comme vous le faites, combien la divine Providence à été libérale envers vous lorsqu'elle a permis que vous devinssiez sujets d'un gouvernement Protecteur de votre sureté, de votre religion, de vos fortunes ?... C'est dans le sein de ce 8ouvernement paternel que VOUS vivez; c'est par ses ordres qüue vous COurez aux armes avec une ardeur presque sans exemple; c'est de ses officiers que Vous apprenez les exercices militaires :

c'est sous ses drapeaux que vous devien.

drez invincibles”.

Dans cette même lettre où il encoura- 8e chaleureusement les Canadiens à combattre les ennemis de la ‘“ Mère.

Patrie ”, Mgr Plessis ordonne des prières pour la paix. Il ne se doutait pas, ie

(1) M. Bourassa nous a parlé un jour, de la tentation qu'il éprouvait ‘“‘de maudire je jour ou nous sommes devenus sujets britanniques”. Mer. Plessis était patriote, M. Bourassa est nationaliste.

| LR à ON ©. ts |

rand évêque patriote que M. Bourassa crirait un jour, pour insulter à l’action et aux directions des évêques du Canada :

‘“ Prier pour la paix et travailler pour la guerre, c’est pure hypocrisie ou puérile inconséquence. *’ (Devoir, 12 août 1916).

C'est encore Mgr Plessis qui, au grand scandale de M. Bourassa, appelait l'Angleterre notre Mère-patrie et écrivait à ses fidèles : ‘Etes-vous attentifs à

rier pour la prospérité d’un empire à ka destinée duquel sont liés vos intérêts les plus chers?” c'est lui aussi qui écrivait, parlant des armées anglaises en 1813: ‘Nos armées combattant sur le sol même de la France ”’.

C'est Mgr Plessis qui écrivait le 22 août 1814 à l'annonce de la paix survenue entre la Grande-Bretagne et ja France : “ Quel peuple au monde a plus de droit que vous, de se réjouir de cet évènement. Colonie française, attachés en qualité de sujets au gouvernement britannique, ne devonsnous pas être extrêmement flattés de voir l'harmonie exister entre ces deux Puissances ; de pouvoir, après une si longue interruption, communiquer librement avec une nation qui nous a donné nos ancêtres et dans laquelle nous avons encore des parents et des frères : de leur apprendre le calme heureux dont nous a fait jouir un gouvernement protecteur, tandis qu'ils étaient aux prises avec leur révolution, avec leurs tyrans, avec leur conscription, avec leurs guerres interminables au dedans et au dehors. ”

C'est Mgr Panet, coadjuteur de Mgr Plessis qui écrivait, le 18 septembre 1815 après la bataille de Waterloo : ‘ La Grande-Bretagne, toujours magnanime et constante dans ses procédés généreux, n'a pas hésité à reprendre encore une fois, conjointement avec ses alliés, la cause de l'Europe alarmée. Dieu s'est plu à favoriser leurs armes tant de fois victorieuses. ?’

Evidemment, M. Bourassa a raison :

ces grands évêques étaient les précurseurs des nationalistes d'aujourd'hui, et ceuxci s’en réclament à bon droit,

Ecoutons maintenant Mgr Signay en décembre 1837, continuant la tradition épiscopale nationale : “Des hommes aveuglés par un patriotisme mal entendu se ‘sont efforcés de faire prévaloir en ce pays des doctrines propres à favoriser l’insubordination. Eh bien! ces funestes doctrines ont produit leurs fruits :

un nombre considérable de nos concitoyens qui les avaient adoptées, sans en prévoir les déplorables résultats, sont déjà devenus les victimes de leur trop confiante crédulité:.. Sans renoncer à vos privilèges politiques, vous vous attacherez à montrer, tant par vos actions

que par vos paroles, que vous êtes remplis de cette loyauté et de cette fidélité au gouvernement de la Grande-Bretagne, que vos pères vous ont laissées pour héritage, et qu'ils ont plus d'une fois prouvées aux dépens même de leur vie."

C'est encore le même évêque qui déclare que notre clergé s'est toujours distingué par sa loyauté et son attachement au Bouvernement de la Grande-Bretagne "’?

ar “notre attachement inviolable à la iaison qui existe entre cette province et la Grande-Bretagne ”’. C'est lui qui écrit dans une adresse à la Reine en 1838 :

“ Nous aimons à faire connaître à Votre Majesté, que depuis l'heureuse époque où cette province est devenue partie de l'Empire britannique, le clergé catholique n'a cessé de montrer en toute occasion sa loyauté envers le gouvernement de la Mère-patrie, et s'est constamment efforcé d'inspirer la même loyauté au peuple qu'il est chargé de conduire de c'est lui qui déplore les ‘‘actes d'insurrection commis, contre le gouvernement de Votre Majesté, qui ont été commis récemment par une partie quoique très peu considérable de nos compatriotes, indignement trompés et égarés par des chefs ambitieux, ou forcés de prendre part, contre leur conscience, à une démarche aussi insensée que criminelle. ”’ C'est lui qui assure la Reine que “ la très grande majorité de nos compatriotes d'origine française conservent toujours envers le gouvernement de la Mèrepatrie les dispositions loyales dont ils ont plusieurs fois donné des preuves ” :

c'est lui qui supplie la Reine “qu'il ne soit rien fait par les autorités impériales qui tende à priver nos compatriotes, pour la punition d'un petit nombre de coupables, des droits et privilèges qui leur sont assurés par la constitution qu'il plut au Parlement de la Grande- Bretagne d’octroyer à cette province. ””

C'est lui encore qui écrivait en 1841, à l'occasion de la naissance du Prince de Galles, qui fut depuis Edouard VII :

“ La joie universelle que cet heureux évènement a produite dans la mère-patrie, sera partagée, nous n’en doutons pas, par tous les fidèles de ce diocèse, qui ne sauraient être indifférents à ce qui peut contribuer à la prospérité et à la gloire de l’empire. ”

Malgré tous ces textes qui ne peuvent prêter à aucune équivoque possible et que M. Bourassa se garde bien de citer, le chef nationaliste à l'audace d'écrire (“ Le Devoir et la guerre ”, p. 23 et 24) :

“Mgr Plessis se bornait à rappeler à ses ouailles les exigences de leur devoir national’... Oui, envers l'Angleterre et le Canada :

“Tous les mandements et lettrescirculaires que Mgr Plessis écrivit, soit our ordonner des prières publiques pour a paix en Europe et en Amérique, ou Pour stimuler l'ardeur des Canadiens à défendre leur patrie, indiquent qu'il faisait une distinction précise et absolue entre le devoir national et le salut de l'Empire. "” . Bien au contraire, et nous défions M.

Bourassa de trouver dans les mandements épiscopaux, qu'il taille et interprête avec une belle impudence, une seule ligne où il soit dit que les Cana-

diens n'ont aucune obligation d'aider l'Angleterre ‘en dehors du territoire canadien ‘’, comme le prétend notre prédicant d'‘ égoïsme national ”. Nulle

Part il ne verra que les principes de la constitution anglaise nous exemptent de toute obligation quelconque envers l'Angleterre ; nulle part il ne verra l’Angleterre traitée en Pays étranger : nulle part il ne verra que le plus grand danger qu'il nous faut combattre c'est l'empire britannique et l'anglo-saxonisme, EÉvidemment ces évêques méconnaissaient les intérêts nationaux et les intérêts religieux du Canada et des Canadiens.

Page 1