VIL.—TRISTES RESULTATS
Ce mouvement, qui eût pu être dangereux, car rien n'est aussi facilement séduit, aveuglé, violemment emporté que les passions populaires, n’a pas eu, et aura de moins en moins, grâce au bon sens de notre peuple et de nos hommes politiques, l'effet qu'en attendait son auteur. Celui-ci, plus vexé, plus éperdu et moins équilibré que jamais, lance aujourd'hui, pour se venger de ses déceptions, ses plus hautains mépris au peuple trop apathique et trop peu intelligent pour le comprendre, ses plus fielleuses attaques aux chefs politiques trop occupés pour l'écouter, ses plus rogues objurgations aux ‘autorités sociales ’—un mot employé par lui quand il veut atteindre les évêques, sans les désigner plus clairement—qui l'ont laissé épuiser ses virulences, son éloquence et ses diatribes sans les prendre au sérieux.
À part quelques sièges gagnés par les partisans de M. Gouin aux dernières élections, qui ne lui en gardaient aucune reconnaissance, à part le ralentissement du recrutement des soldats dans notre province, dont il n'ose pas se vanter, à part l’aggravation des haines de races et des injures à notre nationalité et à notre Eglise, à part les mépris qu'il nous a attirés des autres nationalités et des autres pays d'Amérique et d'Europe, quels résultats a obtenu le mouvement nationaliste ?
A peu près rien, heureusement. —
Ce mouvement reste encore, cependant, une menace et un danger pour notre race, pour notre jeunesse surtout dont il égare les esprits et fausse l'idéal. C'est pour cette raison qu'il faut continuer de l'étudier, de le montrer sous son vrai jour, comme nous avons essayé de le faire dans les articles qui sont réimprimés ici, tels que publiés dans le grand journal populaire “LA PRESSE ”, où ils ont suscité beaucoup plus d'encouragements que de contradicteurs.
L'amour de notre pays et de notre race, le désir de ne pas laisser les esprits s’égarer, qui nous avaient inspiré d'écrire ces articles, nous ont fait acquiescer à la demande de les publier en volume, en y ajoutant quelques additions et quelques appendices, qui aideront le lecteur à mieux étudier et à mieux juger le grave et compliqué problème de nos destinées, menacées aujourd'hui de graves dangers intérieurs et extérieurs, en partie par ces aberrations bruyantes et provocantes du nationalisme.
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