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L'INDUSTRIE AU MAROC

Derrière l'agriculture Tient Tindustrle. Je voudrais montrer ce que peut et ce que devra être le développement industriel au Maroc. Bien qu'on ait moins écrit sur ce sujet que sur le précédent, on y a cependant déversé beaucoup d'erreurs; toujours faute de prendre la peine d'analyser les problèmti à résoudre.

L'ALiMEN- Ici encore, le premier de t^us est un TATioN problème d'alimentation. Il faut créer des fabrications ayant pour matières premières des produits actuels du sol marocain : minoteries, huileries, fabriques de pâtes, abattoirs, lavages de laine, pêcheries, adduction ou fabrication d'eaux de table, malterie et brasserie, distillerie.

J'exclus soigneusement de cette énuméralîon la sucrerie de betteraves dont on parle souvent, sous le prétexte que le Marocain est grand consommateur de sucre et que son sol ne demande qu'à lui en fournir. Il y aurait là une erreur économique capitale, du moins en ce moment. Les propagateurs de cette idée oublient que les fabriques de sucre ne produisent que du sucre brut et que l'indigène veut du sucre raffiné. Or une raffinerie n'a de raison d'être que si elle opère sur des dizaines, des cen* taines, môme dfts milliers de tonnes^ qu'elle le pout-

rait trouver dans tous les champs de betteraves réunis du Maroc, Il faudrait donc envoyer les sucres bruts marocains se faire raffiner à Marseille, pour les rapporter ensuite à la consommation indigène. Ce serait un non-sens. De plus, la fabrique de sucre est très gros consommateur de houille et la houille sera toujours chère dans la colonie. Toute fabrique de sucre au Maroc est actuellement vouée à l'insuccès.

Ajoutons que des expériences sont poursuivies en France pour mettre au point des sucreries-raffineries qui rendraient cette industrie possible au Maroc.

Des diverses industries énumérées, nous ne voyons encore florissantes que les minoteries. Je ne connais pas d'huileries disposant d'un outillage moderne, et cependant les olives abondent; mais on en est encore aux procédés primitifs des indigènes, qui donnent des huiles inférieures et laissent dans les grignons un© proportion notable du précieux liquide, ainsi malheureusement perdu.

Les pêcheries n'ont pu se développer jusqu'à présent, à cause de l'impossibilité de pouvoir débarquer avec certitude, dans des rades de fortune. Je poisson capturé. Les parages maritimes du Maroc atlantique sont pourtant d'une prodigieuse richesse en poissons et crustacés de toute première qualité. Seul, Fédalah grâce aux travaux faits par la maison Hersent deviendra un bon port de pêche.

L'abatage des animaux de boucherie n'est pas encore installé avec les procédés modernes, mais l'administration du Protectorat se préoccupe de les orçaniser.

L'ad4lu«tlon des oaux potables, tonditlon eapltals

d'une colonisation rationnelle, s'est assez longtemps fait attendre dans la plupart des villes, car le problènoe est ardu de trouver, de capter et d'amener en abondance des eaux saines dans un pays où elles sont rares. Aussi les épidémies de typhus, de fièvre typhoïde ont-elles cruellement sévi dans les premières années de l'occupation. Plusieurs villes, notamment Rabat, manquent d'eau; Casablanca n'a eu longtemps que des eaux saumâtres et nocives, alors que Fez et Marrakech sont richement pourvues de canalisations dues aux soins du maghzen d'autrefois.

La malterie et la brasserie n'ont pas fait leur apparition au Maroc, parce que ces industries exigent en abondance des eaux naturelles pures qui n'ont pas encore été trouvées à proximité des centres très habités. D'activés recherches permettent d'espérer que cette lacune sera bientôt comblée.

LE Après l'alimentation, le logement. Lais-

LOGEMENT. gons de côté les habitations indigènes des villes et des tentes des Marocains du bled. Les premières constructions qui fureîit dressées pour les troupes, aussi bien que pour les immigrants, furent des baraques en planches, semées un peu partout, les unes fixes, les autres démontables,, telles que celles que j'ai introduites au Maroc en 1912. Il en subsiste encore un très grand nombre. Mais l'âge de la pierre -suivit de près l'âge du bois, d'autant plus vite que le bois de charpente et de menuiserie doit être importé, tandis que la pierre abonde dans la colonie. En général, les constructions indigènes sont de briques médiocres ou de pierres extraites pour

«în^i dire sur place. Il n'est pas douteux qn*iin pays aussi niarécaj^eux ne rerèle des pii-rres à liâlir de toutes sortes; on a nn^nie vu dans les expusilinns de Casalilanra, Fi»z et Ilahal de 1res beaux «^rlianlillniis de marines; mais. jus(|u'à prO-enl, el lanl que i\ki9 chemins de fer connnerciaux ne sillonneniul pas 'e bled, l'exploitation de tes produits naturels restera lelti-e n lu rie.

Il n'en est pas de m^me des chaux, cinienis et plàlres. De tout lenips les indigènes ont su cuire la pierre à chaux tians de petits fours tr^s priuntifs qui fournis>enl un pri>duit taidôl bon, tafdôi détestable, suivaid la nature du calcaire. Le? européens n'ont pas tardé à im[»orler au Maroc des ftMirs à chaux mnderiies; mais l«*s quelijiies usiJies in>lallées sont bien loin de sullire aux bes«»ins du pays; et celle industrie présente un immense a\enir.

Quand on soni:e d'une part au prix exorbitaid des frets maritimes et des Iransporls terrestres el, «l'autre part, aux iimomlualiles entreprises de mav.>nnerie que le Maroc attend : constructions publiques et privées, porls, travaux d'art sur roules, chemins de fer, ponts, barrages, canaux, réservoirs, etc., on ^arrive à des souunes monstrueuses île l>esoins de chaux hydraulique el de ciments, plus monstrueuses encore si l'on se rend compte que l'élémeiil logique de construction au Maroc, jdus que p.irtout ailleurs, est le ciment armé, qui. à lui seul, dispense de pierres, de bois de charpentes el de fiMs à plancher, c'est-à-dire de matériaux coûteux «lans un pays ijiii ne les produit pas. Déjà le cim»'Ut armé règne en maître ilans lus grandes constructions et les travaux publics.

Un mot sur les bois de constnictîon. On lit dans mnints aulPiirs que TA tins renferme de belles f<*r/^ts de onnif<'»res qu'on pourra exploiter quand la zone montagneuse sera pacifiée et que la voie ferrée y pf^nétrera.

Il serait téméraire de «'bypnotiser sur ces ressources; d'abord parce q\m, se trouvant dans les régions insoumises, elles sont assez mal connue*^: ensuite parce que, en supposant qu'elles y abondent, ce serait faire acte de mauvaise administration que de les laisser exploiter brutalement. On risquerait de tarir les rivières des montagnes et, par là, de compromettre les cidtures de la plaine.

Très probablement, ces forêts bypolbétiques sont, comme celle de la Marmora, fort clairsemées. Cette dernière, qui occupe plus de 100.000 hectares tout près de la côte et du Sebou, au sud de Keuilra, se compose surtout de chénes-liè.ïes. Cette forot pourra donner lieu, un jour, à d'abondantes récoltes de liège, lorsque les arbres auront été d'abord dépouillés de leur écorce présente, uniquement utilisable pour la fabrication du linoléum et de briques ou de poudres isolantes. Le liège en planches pour bouchons ne peut être obtenu qu'à l'aide des écorces nouvelles, huit ou dix années après le démasclage des écorces fendillées et perforées actuelles.

Quant aux bois de construction, nous en trouverons, en quantités illimitées, sur les côtes du Dahomey et de la Guinée, si jamais nous nous déridons à exploiter les forêts vierges de nos colonies tropicales, au lieu d'acheter à beaux deniers des planches et des billettes du Canada ou de Scandinavie.

Vniilpz-vmis faire nn Maroc p^osp^^e? Plantez-y par rnnnt« p1 par vaux flos p^cnres de tontes sortes» surtout des arhre? à rrnil>. et nVn arrncliez jamais.

LVnoriTie demande de malérîanx de ronstniclions a prnvnqnt^ pr^s de Casatiianca l'installation d'une magnifique nsine de clianx et riments. Les exploitants ne tarderont pas à en construire de similaires sur d'antres point?.

Cet étal)li^sement industriel, dont les aménafçements sont tout ce qu'il y a de plus moderne, eslç à cette heure, de beaucoup le plus important de tout le Maroc. 1/usine est pour ainsi dire à cheval sur la carriAre, qui contient h la fois une cout-he de 10 mètres d^paîs^eur de calcaire et, au-dessous, une couche d'arjjile, ce qui permet de fabriquer toutes les qualités de chaux hydraulique et de ciment Portland. L'extraction se fait h ciel ouvert.

Cette installation a éié mise en marche en pleine guerre (1015), et, comme tout a 6lé prévu pour des accroisspmenls successifs, les exploilanls n'ont pas tardé, maltrré le lonna<re considérable de leur production, h se mettre en me<îurp de Paus^menter. Ces agrandissements sont en voie d'exécution.

LES HOTELS ET Helevaut à la fois du logement et de LE TOURISME, ralimentalion, il est une industrie dont rinsuffl^ance au Maroc est regrettable. C'est l'industrie hôtelière. Le ï^rari^ais, d'ordinaire, est bon restaurateur et médiocre aul)ergisle. Au Maroc, ni l'un ni l'autre ne se montrent, en général, au niveau des t)esoins. Ceci tient à la façon dont ces entreprises ont été créées. Au fur et à mesure que le pays a été paciûé, se sont établies un peu partout des cantines

de mercanlls qui donnent le vivre et le couvert aux civils et surtout aux lullilalres qui circulent. Mais quel vivre et quel couvert! Installées dans de cliétives baraques, leur tenue est le plus souvent aussi piteuse que leur apj»arence.

D'autre part, il a été ouvert dans les villes une quantité d'établissements décorés du nom d'hôtels, installés dans des maisons indigènes très mal apprupiiees à celle desliiuiliun. Il serait cruel de quuliller la cuisine et les services qu*on y trouve.

De tulles inslallaliiuis pouvaient, à la rigueur, sufllre ou s'expllipier pendant la période héroïque de Toccupalion. alors qu'une imnugration liévreuse envahissait les villes avec une intensité inallendue. Nombre de gens, à ce régime, se sont trouvés «lébilités ou malades et accusent injustement le climat niarocidn d'un état qui ne relève que de l'antihygiéïiisme de leur genre de vie.

Celle situation s'est trop longtemps maintenue. Sans doute on a vu s'élever à Casablanca et à Uabat quelques hôtels dignes de ce nom. C'est fort bien pour les pensioiuiancs privilégiés qui en peuvent payer les additions. Mais la masse moins opulente continue à gîler dans des conditions souvent déj»lorables. il faut esjiérer que l'exemple donné par ies hôtels neul's forcera les autres à s'améliorer.

De plus, les farilités de conuuunicalions dues à rauloniobile permellcnt à un grand nombre de personnes, colons, fonctionnaires, soldais ou touristes, de circuler en tous sens à travers le bled. La plupart «les villes indigènes de l'intérieur sont ém.dllées de monuments artistiques admirables, entourées do jardins et de points de vue enchanteurs.

Combien de fois n*aî-je \)r]< vu rovcnir brn?qnoment des visifeiirs. parlis pour plusieurs jours, que les diamhnîs mal tenues et la mauvai>e cuisine avaient déjroùtés du voya.iîe! Pourtant, sauf la viande de lifpuf et le laitage, tout est excellent el abondant nu Maroc.

Le g(^n<^ra] Lyaufey n rf^u««i tout ce quMI a entrepris : la rf^forme des bôlellppies est une des rares anir^lioratînns quMl n'a pu obtenir.

La solution qui apparaît serait la création, comme en Suisse, d'une ou phisîeurs socir^tr^s bôteli^res organî«înnt, en des points convenablement clioisis des cil<^s ou du bled, des luMels proportionnais à rimportanre de rendroît. bien tenus, pourvus d'un potager, d'un jardin, d'un lapis de verduro, onibragés de tentes où l'on trouverait le séjour délicieux, apr^s les fatigues et la pou«si^re du voyage. Le touriste qui rencontrerait de telles oasis sur s?i route ne leur man^banderait ni son temps ni ses douros. Quelques-uns pourraierd ^*tre de vrais «anatorîums. Le Ton ring Club de France s'occupe activement de celte question.

LEî? j*nî dît que les communications

TRANSPORTS. (^(;iient deNonues rapidement faciles, prAce à l'aidomobile, et surtout grâce au soin que met le Résident général h améliorer les pistes et à construire d»*s routes. Dès mon premier voy.-ige au Maroc en 1910, j'ai écrit dans les revues de locomotion que l'avenir immédi.it du Maroc était dans l'automobile. On comptait dernièrement au Maroc, a!-je dit, plus de 6.000 autos, en debors des voitures et camions militaires. Ce grand nombre de vébicules

donne naissance de tous côtés à îles ateliers de réparations et de serrurerie qui ne cliôuieul jamais, cap la carrière de l'auto est généra leinciit rude.

L'empierreuieut des roules subit les difficultés conniuuies à toutes choses au Maroc, la disette d9 transports; il a fallu partout utiliser les nialériaux trouvés sur place; la durée et le coût d'entretien des routes seront donc fatalement variables.

Autour de Casablanca on a eu la bonne fortune de trouver un gisement de pierre siliceuse d'uue remarquable dureté. Un grand entrepreneur, ingénieur des arts et manufactures, a fondé là une très belle usine qui produit, en même lemfis que ûu cailloulis, pour les routes, des pavés pour les voies urbaines et des briques silico-calcaires pour les constructions. Mais tout cela ne saurait cire transporté bien loin.

Tout cbemin mène à Home, dit le proverbe; il est plus exact d'écrire que toute route mène à la côte, c'est-à-dire au port. Les ports du Maroc, à l'exception de ceux qui, à l'embouchure d'un fleuve comme Rabat (Bouregreg) et Kenitra (Sebou), sont entravés par des barres dangereuses, seront tous artificiels, car la côte maroco-atlanticpie est des plus inhospitalières. L'achèvement du grand port de Casablanca demandera de nombreuses années; mais déjà les travaux elTectués rendent la situation acceptable; elle le serait ]»Ius encore si l'on avait prévu sur les quais des appareils de manutention perfectionnés. Tout cela est en retard d'un demi-siècle. C'est pourquoi je prétends qu'une des mesures les plus utiles à prendre par le Protectorat serait d'envoyer en mission aux Etats-Unis quelques-uns de ses chefs de service. Ils en rapporteraient des idées et des plans

tout autres que ceux qu'ils exécutent; et le coût, noa moins que la rapidité des opérations, y gagnerait singulièrement.

Dans un pays où Ton s'installe il faudrait adopter Toutillage et les procédés les plus modernes.

Le Alaroc nous aj»parait comme un brillant jeune homme, qui ferait son entrée dans le monde, sortant des mains du plus parfait étlucaleur de l'époque; son succès est assuré. Pourquoi faut-il qu'il ait un tailleur qui l'babille suivant les modes de 1800!

Jusqu'au commencement de l'année 1917 l'accès du Maroc occidental s'opérait pour les voyageurs, exclusivement par le port de Casablanca. Ce n'est que depuis le printemps dernier que l'on a inauguré une voie nouvelle par Tanger et la zone maroco-espagnole. L'indolence traditionnelle de nos "voisins a laissé sans aucune roule le territoire qu'ils occupent; nonobstant, nos hardis chaulfeurs ont trouvé le moyen de franchir, sur une mauvaise piste à chameaux, le parcours de Tanger à notre frontière, en dépit des accidents de terrain et des oueds qu il faut passer à gué. Enfin le gouvernement espagnol s'est décidé à y établir une vraie route. Quand elle sera terminée, la dislance de 250 kilomètres qui sépare Tanger de Rabat sera franchie en une demijournée par un service public d'autos, comme il en existe dans tout le Maroc français. Dès lors, les voyageurs venant de Marseille ou d'Espagne prendront terre à Tanger et iront par là à Kenitra, à Fez, à Rabat et à Casablanca.

A peu près simultanément une autre voie leur sera ouverte. Nous achevons, presque sous le feu des tribus dissidentes, la route de Fez au col de Taza,

2(\\ ou ALLONS-IfOUS?

t(^te rie lij?ne nrliielle flu chfmin rie fer militaire d'niirijfln. ville riii M;irnc orif'nlal qui elle-même est reliiV [»;ir v«Me ffnV'o à Oran. i>\\ pomra rionc se renriro on lnMile-si\ lioiires rie Marseille a Oraa et en rieiix jours ri'Oran à Uabal par i''»'Z, eri allenriant qu'il [ilaiso au Paricmciil français de voler les grands cliemins de fer marocains.

LES PRODUITS MnlpT^^ ]'ah«onre rie rliemîn rie fer, iNDrGÈNEs. oj^ pnurrail tirer certains proriuîls d'orijrine vr^;r<^lale qui [leuvf'nl s'induslrialiser sur pl.ico, tels que les f>arfums. le larnn, et ri'autres extraits. On se propose d'y fairp revivre IMndustrie de In soie. Dns nn'iriers centenaires se voient dans la région de Kez.

A ces iFiduslrios. n^rricoles pour la plupart, il y a lioii d'ajoidcr une p.irlie de celh's qui peuvent les outiller, telles que les ateliers de consiructions mécaniques et fonderies, cli^nliers pour pelils bateaux, etc.. mais on commellrail ime erreur à vouloir fatiriquer an Maroc du matériel rie culliire et ri'inilustries com[diquées ou des objets qui demandent des lerbnir-iens spécialistes.

On répondra que le Majrbreb confectionnait et confectionne encore toutes sortes d'articles indigènes et depuis ries siécies : c'est exact; mais les procédés manuels à l'aide desquels les indigènes les obtiennent sont appelés «à disparaître devant le macbini<me. Déjà le .Marocain achète en Kurope la plupart ries objets <]ui entrent rians sa vie courante, tissus, vaisselles, thé, café, sucre, etc. 11 ne faut donc guère faire étal, au point de vue imlustriel, de la productivité des artisans de ce pays; l'industrie qui s'y créera

devant employer ri'aiilres moyens, auxquels rintligène n'est aucuneiiuMit reb^Mle.

D'ailleurs, il exisie dans l'airession rl'nn pays k la civilisalion niuderne un i-erlain n«»mhre «IV'Iapes qu'il n'est app(;lé à francTiir que les unes après les aulres. Il rloil niininent-er par les irwluslries les plus simples pour passer suceessixeuienl aux plus couipliqu<^es.

Ce que l'on peut (l(^sirer, c'est que le colon trouve au M.iroc des magasins copieusemeul assortis de toutes les man-liaiulises qui lui sont nécessairiîs. Ces niiigasins exisleul ei le plus moinnuLMital a été ou\ert au mois de novembre 1914 à Casaldarica.

Enfin, comme on a supputé (pie uns compatriotes gaji^neraienl trop d'argent au Maroc, des gens prévoyants ont imaginé de les en alléger, en demandant la concession de maisons de jeu i\ Casablanca. K\cellenl moyen de freiner le développement du Maroc s'il s'épanouit trop vite!

LES Ileste la question, si souvent mise sur le Mi^iES. lapis, des produits du suus-sol. Oiielques auteurs, prenant les liyiiolbéses pour dt's découvertes, annnnrcut avec assurance que. grâce aux ricliesses minérales qu'il recèle, le Maroc doit être tout aussi itulustrie) qu'agricole, et ils ajoutent que iïiiS forces liydrauliques gigantesques lui tiendront lieu de combustible.

Contentons-nous d'accepter l'augure de ces espérances !

Combien de fois n'ai-je pas entendu affirmer qu on a découvert dans le Maroc français du fer, du cuivre, du plomb, du pétrole et de la houille! En réalité on

n*a encore reconnu avec certitude, et il n'y a pas plus de trois mois, qu'un beau gisement de phosphates à El-Boroudj, à 130 Ivilomètres de Casablanca.

Loin de moi la pensée de nier l'existence de richesses minérales variées dans l'Atlas ou ses contreforts; mais attendons au moins qu'elles soient découvertes pour en prévoir l'exploitation.

Quant à la captation des forces hydrauliques» j'ai déjà dit ce qu'il en faut penser. Enfin je ne crois pas que l'fMilhousiaste prophète, qui voit déjà Implanter au Maroc de la sidérurgie au four électrique, à l'instar des usines Giraud d'Ugines, ait rapproché le nombre de dizaines de mille lûlowatts, qu'il faudrait récolter dans les eaux courantes, de celui qui est nécessaire pour produire annuellement quelques milliers de tonnes d'alliage d'acier. Et comment les transporterait-il?

CONCLUSION. Concluons plutôt que le Maroc est assez riche en ressources tangibles pour qu'on s'abstienne de faire état, en ce moment, de celles qui sont problématiques ou hors de notre portée. Exploitons d'abord le sol, et pendant ce temps nous explorerons le sous-sol. Rappelons-nous utilement que lorsque les Mannesmann cherchaient à s'approprier des concessions de mines par milliers, ils se proposaient moins d'exploiter le tréfonds que d'assurer la surface à l'Allemagne.

Eu dépit des angoisses de l'heure présente, le Maroc empoigne les imaginations. Un nombre incroyable de nos compatriotes, déracinés par la tourmente de leurs professions ou de leurs foyers, entrevoient dans ce pays prometteur un refuge et un ave-

Bîr, non seulement du fait qu'on le leur a montré fécond en ressources, mais parce qu'ils le savent admirablement gouverné.

L'admiration pour Lyautey anime tous ceux qui ont fait du Maroc une seconde patrie. Jamais l'autorité matérielle et morale d'un homme ne fut plus librement admise.

Lorsque, d'aventure, une erreur est commise dans son adminislration, — rien en ce monde n'est absolument parfait, — on n'entend d'autre critique que celle-ci : « Le Résident a été trompé », ou cette autre : « Si le patron le savait! »

Heureux le pays qui possède un chef dont la maîtrise a su conquérir une telle unanimité!

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