‹ Où en est l'histoire des religions? (volume 2)Chapitre 102 sur 239 · IV. IRANIENS ET PERSES · texte numérisé non relu

IV. IRANIENS ET PERSES

subsisté jusqu'au xvir8 siècle, mais l'Avesta n'en contient aucune mention ; on y trouve de nombreuses formules de prières. Les plus célèbres sont YAhuna varya et YAshem çohû, sortes de professions de foi très brèves, et le patet, sorte d'acte de contrition où l'on passe en revue tous les péchés commis ou qu'on peut commettre, en exprimant la résolution de n'y pas retomber.

3° Les offrandes. La plus importante est le parahom, dont la consommation par l'officiant est le point essentiel du sacrifice : il y entre du haoma jaune pilé avec une tige de grenadier, du lait consacré et de l'eau bénite. Cette mixture concentre donc toutes les vertus des eaux, des végétaux et des animaux.

4° Le culte du feu. Il y a deux sortes de temples du feu : 1° de grands temples pour le Feu-roi (feu Bahrâm), ces temples sont rares; 2° de petits temples extrêmement nombreux pour le simple feu sacré. Tous les pyrées comportent une cour rectangulaire plus ou moins vaste ; au centre, la chambre du feu (adâram) voûtée en dôme, où trône le feu dans un vase élevé sur un socle de pierre ; à côté, des chapelles où l'on peut célébrer les offices. Dans le voisinage immédiat du feu, les accessoires du sacrifice : le mortier, le barsôm, appelé autrefois baresman (c'est un faisceau de menus rameaux d'arbres qui incarne les vertus de la vie végétale), une grande cuve à eau, enfin les sièges de l'officiant et de ses auxiliaires. Chaque fois qu'un prêtre s'approche du feu, il se gante et s'attache sur le nez et la bouche un petit voile (padân) pour éviter de souiller l'élément sacré.

5° Le culte du haoma. Comme le soma dans l'Inde védique, le haoma est, selon le rituel iranien, l'objet d'un culte très solennel, qui le cède pourtant en importance au culte du feu. Le haoma est une sorte de breuvage, mais un breuvage qui est en même temps un dieu. Il se prépare au moyen de rites minutieux et compliqués accompagnés de récitations liturgiques.

6° Le calendrier liturgique. La journée liturgique est divisée en gahs soigneusement observés ; chaque jour du mois est placé sous la protection d'un Yazata particulier ; enfin six fêtes annuelles sanctifient les diverses époques de l'année.

13. Coutumes funéraires. — Peu de temps avant le décès, on introduit auprès du mourant deux prêtres qui récitent le patet ; s'il peut les réciter après eux, il est sûr d'éviter l'enfer. A défaut du patet, on récite l'ashem vôhu ; puis on administre quelques gouttes de haoma (parahom) en manière de viatique; enfin on procède aux derniers préparatifs, car personne ne pourra toucher le mort dès qu'il aura rendu le dernier soupir, si ce n'est les porteurs attitrés. Quand le décès s'est produit, ceux-ci arrivent et transportent le cadavre dans la chambre mortuaire de sa maison ou dans celle du village. Mais déjà l'immonde druje Nasu s'est emparée de lui; il convient de la conjurer. On amène un chien, et dès qu'il a flairé le visage du mort, Nasu s'enfuit; c'est le rite du « regard du chien », qu'on doit répéter plusieurs fois. On observe scrupuleusement les « trois jours » suivants, pendant lesquels l'âme déjà séparée du corps voltige encore autour de lui, incertaine de la route qu'elle doit prendre. Il faut lui assurer par les prières du Yasna ou duVendidâdla protection du très puissant Sraosha. Le deuil est, pendant ce temps, absolu et l'abstinence de la famille rigoureuse. Ensuite, selon la pratique usuelle des parsis hindous, le corps est conduit processionnellement au fameux dakhma ou « tour du silence)). Des croquemorts spéciaux reçoivent le cadavre à l'entrée du dakhma, le dépouillent de ses vêtements, le couchent sur une table de pierre face au soleil, puis se retirent. Les vautours se ruent alors sur la proie qui leur est abandonnée, et, en moins d'une heure, ont consommé toutes les chairs. (Deux fois par an les squelettes desséchés sont précipités dans un puits ménagé à cet effet.) Pendant ce temps les parents demeurent en prière. Puis ils se lavent au gômêz et rentrent chez eux pour prendre un bain et continuer le deuil. On ouvre le testament du défunt qui contient généralement des libéralités en faveur desmazdéens pauvres et de l'Église. Puis le souvenir du mort est rappelé le dixième jour, le trentième, et le jour anniversaire. D'ailleurs le culte des Fravashis (âmes et mânes) réclame chaque jour un gâh1 chaque mois un jour, chaque année un mois, plus les dix derniers jours, où l'on fête aussi la création de l'homme.

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