‹ Où en est l'histoire des religions? (volume 2)Chapitre 104 sur 239 · IV. IRANIENS ET PERSES · texte numérisé non relu

IV. IRANIENS ET PERSES

arsacide Valkash fait rechercher les fragments dispersés, conservés par écrit ou transmis oralement. Ardashir Ier, le premier roi sassanide, donne mandat au grand-prêtre Tansar de compléter la collection. La religion de l'Avesta devient officielle. Sapor Ier fait recueillir et incorporer dans le canon avestique des documents non religieux (juridiques, médicaux, astronomiques, philosophiques, etc.) épars chez les Hindous et chez les Grecs. Enfin sous Sapor II c'est le triomphe définitif de l'orthodoxie. Adarbad, fils de Mahraspand, se soumet à l'épreuve décisive du métal fondu. Il se le verse sur la poitrine sans en ressentir aucun mal. Le roi dit : « Maintenant que nous avons vu la religion sur terre, nous ne souffrirons plus de fausse religion ! » — On voit que la tradition parsie elle-même ne rattache l'Avesta à Zoroastre que par les liens assez lâches d'une tradition orale tardivement recueillie et d'une tradition écrite manifestement fragmentaire.

b) La personne de Zoroastre. Les parsis acceptent la légende de Zoroastre telle qu'elle est racontée dans l'Avesta. Elle y paraît sous deux formes : l'une plus simple et d'apparence plus historique dans les Gâthas ; l'autre fortement teintée de mythologie, dans les parties en prose. D'après la première tradition Zarathusthra, de la famille de Spitama (1), est inspiré par Ormazd. Use présente au roi Vishtâspâ qu'il convertira et qui fera triompher sa loi ; il trouve deux puissants protecteurs dans les deux Hvogvides, Frashaoshtra, qui lui donne sa fille Hvogvi, et Jâmaspâ à qui il donne sa fille Pourucista (Darmesteter). L'Avesta en prose fournit bien d'autres détails sur les origines du prophète et sa carrière. Sa naissance est miraculeuse. Un rayon de la gloire divine est descendu dans le sein de sa mère Dughdô. Son frohâr (fravashi, âme préexistante) est enfermé dans une tige de la plante sacrée le haoma. Pourushapa, prêtre du haoma, absorbe le frohâr. De son union avec Dughdô naît Zoroastre. Les démons cherchent à le faire périr, Ahriman le tente, les rois idolâtres s'efforcent de le tuer ; il déjoue leurs ruses. A trente ans, il reçoit les révélations d'Ahura. Pendant

(1) Spitama veut dire : le blanc. Le sens de Zarathusthra est inconnu.

dix ans, il n'a qu'un seul disciple. Enfin il convertit à la cour du roi Vishtâspâ les deux courtisans nommés cidessus. La reine Hutaosa, puis le roi lui-même adhèrent à la nouvelle religion. Yishtaspâ en devient le champion, et déclare la guerre aux Hyaonas pour la propager. C'est au cours de cette guerre que Zoroastre aurait péri, mais non tout entier, puisque de son sperme, trois fois tombé à terre, et trois fois pieusement recueilli par le Yazata Neryosengh, naîtront, à trois reprises, trois réformateurs de la loi d'Ormazd.

Le roi Vishtâspâ est identifié par l'Avesta avec l'Hystaspes des Grecs, père de Darius Ier. Toute cette histoire se déroulerait donc aux environs du vie siècle avant notre ère.

2° La solution radicale. — Dans une série de remarquables études, et en particulier dans les préfaces qui ouvrent les volumes de sa magistrale traduction du Zend-Avesta, M. James Darmesteter a pénétré plus profondément qu'on ne l'avait fait avant lui les secrets du livre sacré des Iraniens.

La tradition pehlvie elle-même, dit-il, a conscience de la modernité relative de l'Avesta. Le Balkash dont il est question est le roi arsacide Vologèse Ier qui vivait dans la seconde moitié du ier siècle de notre ère. C'est lui qui a commencé la collection, continuée et enrichie par le prêtre Tansar sous le premier roi sassanide. Évidemment le canon avestique contient des éléments antérieurs à l'époque arsacide ; plusieurs doivent remonter jusqu'à l'époque achéménide : ce sont les traces de religion polythéiste que décèle l'Avesta, les noms de divinités anciennement attestées par les inscriptions, telles que Mithra et Anahita, plusieurs des pratiques cultuelles et des purifications. Mais le système avestique, considéré dans son ensemble, est moderne. Sa métaphysique abstraite, sa théologie spiritualisée et hiérarchisée répondent à l'état d'esprit du Ier siècle de notre ère. Les Ameshas Spentas rappellent les hypostases de Philon. Les Gâthas, qui passent pour la partie la plus ancienne de la littérature canonique, ne remontent pas plus haut que cette époque. L'influence néoplatonicienne s'est fait sentir puissamment sur les théologiens arsacides. On sait d'ailleurs que les rois parthes

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