VI. LE CONFUCIANISME ET LE SHINTO
place le récit apocryphe de son entrevue avec le célèbre Lao-tseu. En 517, l'État de Lou étant en pleine anarchie, Confucius se retira à la cour de Ts'i, puis il revint dans son pays, où, pendant quelques années encore, il n'occupa aucune fonction publique. Tchao-Koung, prince de Lou, étant mort en exil, eut pour successeur son frère Ting- Koung qui, en 501, nomma Confucius gouverneur de la ville de Tchoung-tou, poste dans lequel il se distingua tellement que, Tannée suivante, il était nommé ministre des travaux publics, puis ministre delà justice. La prospérité de l'État de Lou sous la sage administration de Confucius excita la jalousie du roi deTs'i; celui-ci, pour détacher Ting de son ministre, envoya à la cour de Lou quatre-vingts des plus belles courtisanes de Ts'i et cent vingt superbes chevaux en présents. L'effet de ce cadeau dangereux ne tarda pas à se faire sentir ; Confucius, alors âgé de cinquante-quatre ans (497), se décida à quitter le royaume de Lou, où il ne rentra qu'en 484. Il se mit donc à voyager dans les différents États qui composaient la Chine ; sa réputation allait grandissant et le nombre de ses disciples augmentait sans cesse. Il parcourut les royaumes de Wei, de Tsao, de Soung, de Tcheng, de Tchen, etc. Cependant le roi Ting, de Lou, étant mort en 495, son fils et successeur, Ngai, le rappela de Wei, mais le rôle politique du Sage était désormais fini (1)
Confucius mourut le jour Ki-tcheou, de la quatrième lune de la 16e année de Ngai Koung, roi de Lou, la quarante et unième du règne de King Wang, vingt-cinquième empereur de la dynastie des Tcheou, la 479e avant J.-C. Ses disciples Tseu-Koung et Koung Hi-tche s'occupèrent de ses funérailles, son petit- fils Tseu-seu étant trop jeune pour le faire. Autour du catafalque, construit suivant le rite des Tcheou, des « petits étendards triangulaires, placés par intervalles, étaient suivant le rite de la dynastie Chang, et le grand étendard carré, était suivant le rite de la dynastie Hia. En réunissant ainsi les rites des trois dynasties qui, depuis la fondation de l'Empire, l'avaient successivement gouverné jusqu'alors, on voulait donner à enten-
(1) Henri Cordier, dans la Grande Encyclopédie, art. Confucius,
dre que si la mémoire de ces anciens rites, et de tous les autres qui avaient eu lieu dans les temps les plus reculés, s'était conservée parmi les hommes, c'était à K'oung-tseuT en particulier, que l'honneur en était dû, et à qui l'on était redevable de cet insigne bienfait (1). »
2° Doctrine de Confucius. — 3. La doctrine de Confucius est renfermée dans les Livres classiques ou King écrits par lui ou ses disciples, dont voici rénumération ; ils sont divisés en deux ordres :
Livres canoniques du premier ordre ou Grands King :
a) Le Yi-king, Explication des Koua, de l'empereur Fou-hi, 24.107 caractères.
b) Le Chou-king, Livre d'Histoire, comprenant cinquantehuit chapitres et 25.700 caractères; c'est une compilation par Confucius de ce qui restait des histoires de Yu le Grand et des dynasties des Hia, des Chang et des Tcheou ; il se composait de cent chapitres qui comprenaient l'histoire de la Chine depuis les empereurs Yao et Choun jusqu'à Pingwang, de la dynastie des Tcheou (720 av. J.-C.) ; aujourd'hui l'ouvrage renferme cinquante-huit chapitres ; il a subi des remaniements, de nouvelles rédactions et des deux textes qui nous en restent, l'ancien et le moderne, Kou-wen et Kin-wen, ce dernier paraît être le plus authentique et comprend trente-trois chapitres sur cinquante-huit.
c) Le Chi-king, Livre de Poésie, 39.224 caractères, est une collection des odes au nombre de trois cent onze répandues à l'époque des Tcheou dans les petits États de la Chine, recueillies et arrangées par Confucius.
d) Le Li-ki, Livre des Rites, 99.010 caractères; quaranteneuf chapitres, y compris le Ta-hio et le Tchoung young.
e) Le Tch'ouen Ts'ieou, Annales du Printemps et de l'Automne ; c'est l'histoire de Lou, pays de Confucius, de 722 à 481 av. J.-C. ; c'est avec des matériaux rassemblés par ses disciples dans les archives de l'État de Tcheou que Confucius a pu compiler cet ouvrage auquel il faut ajouter les trois commentaires, faits, l'un par Tso Kieouming sous le titre de Tso-tchouen, un second au commencement des Han par Kong-yang Kao, et le dernier vers le
(1) Mémoires concernant les Chinois, t. xn, p. 594.