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VI. LE CONFUCIANISME ET LE SHINTO

même, à l'anniversaire de sa mort [et] à certaines dates de l'année, ils lui offrent des animaux tués et d'autres choses qu'ils mangent ensuite en grande solennité. Tout cela, ils le font pour remercier Confucius de l'excellente doctrine qu'il leur a laissée dans ses livres, par le moyen desquels ils ont obtenu leurs mandarinats et leurs grades. Mais ils ne lui font aucune prière et ne lui demandent rien, non plus qu'à leurs ancêtres défunts (1). »

Ce qui caractérise les temples de Confucius, ce sont les tablettes en l'honneur du Sage lui-même, de ses associés ou de ses disciples. La tablette de Confucius est placée à l'extrémité nord du Temple, regardant le sud et porte l'inscription : Tche Cheng Sien-che K'oung tseu, le Sage parfait, l'ancien Maître, le Philosophe K'oung, titre qui fut donné à celui-ci en 1530 et qui, changé en 1645 par le premier empereur de la dynastie actuelle Chouen Tche, fut définitivement rétabli en 1657.

En 1331, quatre associés (Se-Pé) de Confucius reçurent par décret impérial les noms honorifiques sous lesquels ils sont connus encore aujourd'hui : Yen-tseu qui mourut en 488 à trente-deux ans reçut le titre de Fou-cheng ; en face de sa tablette dans le temple se trouve celle de Tseng-tseu né en 506,avec le titre deTsoung- cheng; Tseu seu, petit-fils de Confucius, avec le titre de Chou-cheng ; enfin Meng tseu, avec le titre de Ya-cheng.

Mais bien d'autres disciples ont une place réservée dans les temples de Confucius. Le Dr Legge écrit : « Se-ma Ts'ien fait dire à Confucius : « Les disciples qui ont reçu «mes leçons et peuvent les comprendre eux-mêmes, sont «soixante-dix-sept.» Ce sont des savants d'une habileté extraordinaire. Le dicton ordinaire est, que les disciples du Sage étaient 3.000, tandis que parmi eux il y en avait soixante-douze d'illustres (2). »

Parfois certains philosophes, tel le réformateur Wang Ngan-chi, après avoir été admis dans les temples en ont été expulsés. Le consul anglais T. Watters, sinologue distingué, a consacré un volume entier à la description des

(1) Études, 20 septembre 1910, p. 765-766.

(2) Chinese Classics, i, Prolegomena, p. 112.

tablettes qui se trouvent dans un temple de Confucius (1). 14. Les cérémonies en l'honneur de Confucius ont lieu deux fois par an. La religion d'État ou Jou-kiao comprend trois degrés de sacrifices :

a) Les grands sacrifices qui s'adressent au Ciel (Tien), à la Terre (Tï), aux grands temples des Ancêtres (Tai- Miao), où sont placées les tablettes des empereurs défunts de la dynastie régnante, aux Chié tsi, dieux de la terre et des grains.

b) Les sacrifices moyens ont neuf objets : le soleil, la lune, les mânes des empereurs et rois des dynasties précédentes, Confucius, les anciens patrons de l'Agriculture et de la Soie, les dieux du Ciel et de la Terre, et l'année du Cycle.

c) Les sacrifices inférieurs, Kioun-se, s'adressent soit à des bienfaiteurs défunts, à des hommes d'État célèbres, soit au vent, à la pluie, au tonnerre, aux montagnes, aux fleuves, etc.

C'est au solstice d'hiver qu'a lieu la grande fête de la religion d'État, c'est le jour où l'empereur. Fils du Ciel, se rend officiellement au T'ientan, Temple du Ciel, à Péking.

Ricci a écrit : « Cette religion n'admet pas d'idoles, mais honore seulement le Ciel et la Terre ou le Roi du ciel... A cet Être suprême du Ciel qu'ils reconnaissent, les lettrés n'érigent aucun temple ; ils ne lui ont consacré aucun lieu pour l'y adorer. Conséquemment, ils n'ont ni prêtres, ni ministres de la religion, ni rites solennels à garder par tous, ni préceptes ou commandements imposés, ni chef spirituel, chargé de déclarer ou promulguer leur doctrine et de châtier ceux qui la transgressent. De même, ils ne récitent jamais de prières ni en commun ni en particulier. Bien plus, ils prétendent que l'empereur seul doit offrir ces hommages et sacrifier au Roi du ciel... Le vrai temple des lettrés est celui de Confucius (2). »

(1) T. Watters, A Guide to the Tablets in a temple of Confucius, Shanghai, 1879, in-8.

(2) Études, 20 septembre 1910, p. 764-765.

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