‹ Où en est l'histoire des religions? (volume 2)Chapitre 150 sur 239 · VI. LE CONFUCIANISME ET LE SHINTO · texte numérisé non relu

VI. LE CONFUCIANISME ET LE SHINTO

15. Le titre de Yen-Ckeng- Koung a été donné à l'Héritier de Confucius, K'oung Tsoung-yuen, descendant du Sage à la 46e génération, par l'Empereur Jen-tsoung, de la dynastie des Soung, la deuxième année de règne Tche-houo (1055 ap. J.-C). « Ce titre, par un privilège héréditaire, est attribué au premier-né en ligne directe de la descendance de Confucius. Son office consiste à garder le tombeau de son illustre ancêtre, qui se trouve, à K'iu-feou hien, dans la province de Cban-toung, et à lui offrir des sacrifices. En fait d'assistants et d'aides pour les cérémonies à célébrer, il y en a : a) deux du 3e ordre; b) quatre du 4e ordre ; c) six du 5e ordre ; d) huit du 7e ordre ; e) dix du 9e ordre. Tous ces officiers sont choisis parmi les descendants de Confucius (1). »

Le titre de Wou-King Pouo-che « Docteur en livres canoniques » est donné par privilège héréditaire, au second fils du Yen-Cheng-Koung. » Son office consiste à offrir des sacrifices à Tseu-seu, petit-fils de Confucius, à qui le Gouvernement a conféré cet honneur pour avoir transmis à la postérité les doctrines de son aïeul (2). » Tseu-seu qui était pauvre, fut ministre de Wei ; ayant divorcé d'avec sa femme, son fils Tseu chang refusa de porter le deuil de sa mère, fut défendu par son père, et de là vient la coutume dans la famille K'oung de ne pas porter le deuil d'une mère divorcée. La tablette de Tseu-seu fut admise pour ]# première fois aux sacrifices dans les temples de Confucius par l'empereur Houei Tsoung, de la dynastie des Soung (1108); en 1236, Tseu-seu fut placé parmi les « Sages »; en 1330, il reçut le titre de Chou-Cheng Koung changé en 1530 en celui de Chou-cheng Tseu-seu tseu; Houei- Tsoung l'anoblit sous le nom de Yi Chouei-heou, et Tou- Tsoung, également empereur de la dynastie Soung le promut sous le nom de Yi-Kouo Koung, d'après Yi, district du Chan-toung méridional (3).

Ce même titre de Wou King Pouo-che « est aussi donné, par privilège héréditaire, aux premiers-nés en ligne directe

(1) Pierre Hoang, Mélanges sur l'Administration, p. 51,

(2) Ibid.

(3) Watters, Tablets in a Temple of Confucius, p. 8.

de la descendance de vingt-deux hommes illustres qui passent pour avoir laissé des instructions tendant à améliorer les mœurs du peuple. Leur office consiste à offrir des sacrifices à leur illustre ancêtre (1). » Voici leurs noms :

a) Tcheou-Koung, fils de Si Pé, chef de l'Ouest, c'est-àdire Tch'ang, duc de Tcheou, connu sous le nom de Wen Wang ; Tcheou Koung, était le frère cadet de Wou Wang, le premier empereur des Tcheou, dont il fut ministre ; il passe pour être l'inventeur de la boussole ; sa descendance est représentée par deux Wou King Pouo-che : Toung yé et KL

b) Onze Sages, disciples de Confucius : Yen Yuen, Tseng Tse-yu, Min Tse-K'ien, Tchong Ki-lou, Yeou Tseyeou, Touan-mou Tse-Kong. Pou Tse-hia, Yen Tseu-yeou, Jen Pien-nieou, JenTchoung Koung, Tchouan-souen Tsetchang.

c) Meng-tseu, né le 11 mars 372, mort le 10 décembre 290 av. J. C, le plus célèbre des disciples de Confucius ; en 1083, l'empereur Tchen Tsoung le nomma Tsou Kouo Koung (duc de l'État de Tsou), et en 1088 Tche Tsoung le fit admettre comme Associé dans le Temple de Confucius ; l'inscription de la tablette de Meng-tseu fut changée en 1330 en Yu Cheng Koung, et enfin, en 1530, l'empereur Che Tsoung, de la dynastie des Ming, fixa le titre d'une manière définitive en Yu Cheng Meng-tseu.

d) Fou Cheng, originaire de Ts'i-nan fou dans le Chan- Toung; célèbre déjà sous la dynastie des Ts'in pour sa connaissance des Livres classiques, il passe pour avoir dicté de mémoire sous Wen Ti, empereur de la dynastie des H an, la version moderne du Chou King connue sous le nom de Kin wen; il fut admis en 647 dans les Temples.

e) Han Yu ou Han Wen Koung, né en 768, à Teng-tcheou, Ho-nan, mort en 824 ap. J.-C, célèbre homme d'État et poète de la dynastie des T'ang ; fut le principal chef de l'école confucianiste jusqu'à la dynastie des Soung et adversaire des bouddhistes et des taoïstes ; il fut admis en 1084 dans le Temple de Confucius.

(1) Hoang, op. cit., p. 52.

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