‹ Où en est l'histoire des religions? (volume 2)Chapitre 151 sur 239 · VI. LE CONFUCIANISME ET LE SHINTO · texte numérisé non relu

VI. LE CONFUCIANISME ET LE SHINTO

/) Six lettrés de la dynastie des Soung, auteurs de nouveaux commentaires sur Confucius du milieu du xie siècle à la fin du xne : Tcheou Touen-yé, né en 1017, mort en 1073 ; Chao Young, né en 1011, mort en 1077; Tch'eng Hao, né en 1032, mort en 1085 ; Tch'eng yi, né en 1033, mort en 1107 ; Tchang Tsai, né en 1020, mort enl077;Tchou Hi, né le 18 octobre 1130, mort le 23 avril 1200 (1).

g) Kouan Yu, né en 160 à Kiai Tcheou, dans le Chan-si, mort en 219; célèbre général déifié sous le titre de Kouan- Ti, Dieu de la Guerre.

5° Conclusion. — 16. La durée séculaire du confucianisme montre que si, dans certaines conditions, il avait donné sa forme au système social, et partant au système administratif du Céleste Empire, ce système administratif devait crouler, lorsque les préceptes du Sage cesseraient de répondre aux besoins d'une vie nouvelle. On ne peut dire que le confucianisme donne satisfaction aux aspirations les plus élevées de l'âme humaine ; il est la directrice du lettré aujourd'hui purement athée ; il développe la mémoire aux dépens de la raison, mais s'il est une nourriture suffisante pour le fonctionnaire, il ne saurait convenir à la masse du peuple qui cherche dans les superstitions du taoïsme, dans les invocations au Bouddha, dans le culte des ancêtres, un aliment intellectuel et moral moins sec que celui que lui fournit la doctrine terre à terre de Confucius. Il est facile de constater que, sous les influences extérieures qui se font de jour en jour sentir davantage dans l'Extrême-Orient, le peuple chinois est troublé dans sa quiétude : le confucianisme, devenant insuffisant pour satisfaire aux besoins d'une situation nouvelle, prendra place forcément un jour parmi les théories qui n'ont plus d'intérêt que pour le philosophe de cabinet.

(1) Hoang, op. cit., p. 53.

LE SHINTO

1. Tout autre que le confucianisme est le Shinto des» Japonais avec son extraordinaire mythologie, son panthéon de divinités de toutes sortes. A l'origine du monde, le dieu Izana-gi et la déesse Izana-mi engendrent les Huit Iles; le Ciel et la Terre se séparent et les trois dieux Amé-nomi-naka-noushi-no-Kami, « le dieu maître du centre auguste du ciel », Taka-mi-mousou-bi-no- Kami, «le grand et auguste dieu merveilleux producteur », et Kami-mousoubi-no-Kami, « le dieu merveilleux producteur », nés parune sorte de génération spontanée, procèdent à la création du monde. Ces divinités sont les cinq grands dieux ; puis apparaissent les sept Générations divines ; Izana-gi et Izana-mi solidifient la Terre ; puis surgissent une foule de dieux ou génies, Kami, jusqu'à la venue, placée au vne siècle avant notre ère, du premier dieu humain Iware-Hiko, devenant le premier empereur du Japon sous le titre posthume de Jimmu Tenno (660 av. J.-C.) établi à Kashiwabara (Yamato).

Les sources principales de l'histoire de cette religion est le Koziki complété en 712 ap. J.-C, et le Nihongi à peu près contemporain.

Le shinto est donc une mythologie avec une foule de divinités ou Kami qui représentent des forces de la nature, les éléments, des ancêtres, d'illustres guerriers, etc.,. dont un culte vague est le fond et la forme de la religion : il n'y a pas de dogme, pas de livres sacrés, pas de code de morale, pas de rites, sauf la purification par l'eau.

2. Mais en 552 de notre ère, malgré la résistance des prêtres du shinto, le bouddhisme pénètre de la Corée au Japon, et porte un coup funeste à l'ancienne religion dont le nom même date de cette époque : Shinto veut dire en effet la « Voie des dieux » ou la « Voie des Kami », se distinguant du Butsu dô ou «Voie du Bouddha». La nouvelle religion absorbe le panthéon ancien; les rituels shintoïstes (Norito), transmis jusqu'alors par tradition, sont mis par écrit. Le

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