III. Période d'épuration
1° Le courant critique : son origine et ses causes ; les lyriques, les tragiques, les historiens, les médecins, les philosophes, les sophistes, Socrate, Platon, Aristote, Épicure, les Stoïciens (5) . — 2° Le courant populaire : les dieux gagnent en beauté, en sagesse et en justice ; les demi-dieux, les démons ; les thèmes mythologiques ; le sacerdoce, le culte, les fêtes, la divination, les rites funéraires (6). — 3° Le courant mystique, les mystères et l'orphisme : leurs origines lointaines, leurs transformations grâce à V anthropomorphisme et au progrès social ; les mystères a" Eleusis. Vorphisme primitif, ses livres sacrés vers le VIe siècle, ses doctrines cosmo goniques et eschatologiques (7).
Conclusion : V acquis de la religion grecque pour V humanité (8).
1. Les Grecs provenaient de la fusion à diverses époques, du xxve au xe siècle, de peuplades probablement ap-
parentées entre elles et dont l'habitat primitif a été placé au sud de la Russie, vers la mer Caspienne.
Aucune station paléolithique n'a encore été signalée en Grèce, mais on a retrouvé de nombreux vestiges de la civilisation néolithique à Thérasia, à Troie, à Cnossos, à Tirynthe, à Égine, à Thoricos, à Orchomène de Béotie, etc. Des silex polis, quelques outils de bronze, des vases façonnés à la main, quelques grossières idoles également en terre cuite, des maisons carrées ou rondes comme l'ancienne hutte de branchages, dans lesquelles on conservait les morts soit sous les dalles, soit en des niches murales, caractérisent cette période très reculée.
C'est de 2000 à 1500 av. J.-C. que l'on place la civilisation Cretoise ou minoenne, du nom du roi légendaire Minos : elle subit l'influence de la Phrygie, de Chypre et de l'Egypte. Les palais de Cnossos et de Phaestos comportaient comme ceux de Babylone une cour centrale entourée de salles diverses, les murs étaient enduits de stuc et peints à fresques : un profil de femme au corsage décolleté terminé dans le dos par un gros nœud d'étoffe frappe par son modernisme stupéfiant.
De 1600 à 1100 florissaient les civilisations mycénienne, puis achéenne, continuation et reflet de la précédente : les centres principaux furent Mycènes et Tyrinthe en Argolide, Vafîo en Laconie, Orchomène de Béotie et l'acropole d'Athènes. Les résidences royales sur la hauteur sont entourées de murs dits cyclopéens ; le plafond du mégaron est supporté par quatre colonnes, sur les murs est peinte une ornementation végétale et animale, les bijoux d'or abondent. Les Mycéniens déposent leurs morts à même sur le sol en de vastes tombeaux de famille à coupole ou en des sarcophages creusés dans le roc ; les Achéens les incinèrent.
Après l'invasion dorienne vers 1100, la civilisation achéenne reflue vers les îles et sur les côtes d'Ionie en Asie- Mineure. Dès le vme siècle, Ioniens et Doriens apparaissent comme les deux principaux groupes rivaux qui donnent le ton à tout le pays : les premiers, plus entreprenants, plus ouverts, plus amoureux d'art et de liberté; les seconds, plus conservateurs et plus disciplinés. Avec le