‹ Où en est l'histoire des religions? (volume 2)Chapitre 155 sur 239 · LE NATURISME · texte numérisé non relu

LE NATURISME

2. Il semble bien que le couple Ouranos-Gaia, le ciel et la terre, fut l'objet d'un culte fort ancien. A l'époque classique la terre était encore honorée comme la Grande Déesse à Dodone, à Olympie, à Sparte, aux Thermopyles. L'immensité de la mer avec ses flots courroucés et bondissants provoqua l'émotion religieuse des vieux marins: les mythes d'Andromède et d'Hésione paraissent témoigner qu'on songea à l'apaiser par des victimes humaines. Chaque contrée déifia la rivière qui l'arrosait, les Muses furent à l'origine les nymphes des sources. Les monts Olympe, Ida, Rhodope, Parnasse, etc., dont les flancs étaient couverts de sombres forêts et dont le sommet paraissait toucher le ciel, furent honorés comme des dieux ou séjours de divinités. On révérait aussi les arbres comme des êtres qui manifestaient leurs sentiments par l'ondulation de leurs branches ou le bruissement de leur feuillage ; les arbres à fruits, de même que les plus vénérables par l'âge, furent particulièrement adorés ; la forêt fut assimilée à un domaine d'esprits, à une sorte de temple. Le laurier d'Apollon, le chêne

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