VII. LES GRECS àli
sombre ou telle source curative, et continue les cérémonies naïves des vieux cultes campagnards, déjà les aristocrates des épopées homériques organisent en artistes un brillant panthéon que garderont en grande partie les âges futurs. On croit que les morts mènent sous terre une existence misérable. Mais pour éviter leur jalousie on continue à placer près d'eux de la nourriture avec leurs armes et leurs objets familiers, et jusqu'à des statuettes surtout féminines qui seront peut-être des servantes pour la vie d'outre-tombe comme en Egypte. On leur offre des libations de lait, de miel et même de sang en vue de les nourrir. Quand l'homme se fixe au sol qu'il cultive, ses dieux deviennent les protecteurs naturels de son champ et de sa famille ; l'ancêtre éponyme sert de lien aux diverses branches d'une famille et de héros tutélaire à la cité. Dans l'île d'Amorgos les morts sont inhumés en de petits coffres, mais à Mycènes ils reposent sur le sol d'une vaste salle ronde à coupole. On redoute particulièrement la rancune des morts assassinés : celle-ci finit, sous l'impression des vendettas familiales, par être personnifiée dans les Érynnies vengeresses.