‹ Où en est l'histoire des religions? (volume 2)Chapitre 161 sur 239 · VII. LES GRECS · texte numérisé non relu

VII. LES GRECS

Sémites, est surprise en flagrant délit avec Ares, que jalousent alors les autres dieux !

Les divinités sont réparties en trois régions : le ciel, la mer et les enfers ; les démons sont des génies protecteurs, ou bien ce nom désigne parfois quelque influence de divinité inconnue ; les héros ne sont encore que des guerriers valeureux.

Okéanos et Téthys passent pour le couple divin primitif, l'univers est donc engendré par les eaux, qui d'ailleurs enserrent de toute part le disque plat qu'est la terre. Plusieurs anciens dieux, tels que Ouranos et Gaia, ont désormais une personnalité assez effacée ; en revanche Zeus, fils de Kronos et de Rhéa, a conquis l'empire du monde sur son père et sur ses oncles les Titans. Il est le « très grand et très auguste Zeus, le père des hommes, l'inspirateur des aèdes, le gardien du foyer et des clôtures, le conducteur de la destinée, le protecteur des hôtes et des suppliants : » ce souverain du panthéon homérique tend donc déjà à concentrer en sa personne les attributs du vrai dieu. Héra, que la systématisation théogonique a fait la sœur et l'épouse de Zeus, reste le type de la fidélité conjugale et la protectrice du mariage ; Poséidon règne sur les mers avec Amphitrite et les Néréides; Hadès et Perséphone président au royaume des morts ; les Kères cruelles sont les pourvoyeuses de l'autre monde. Rappelons encore Ares le dieu de la guerre violente, le boiteux Héphaistos, le grand artisan divin, Hermès le messager des dieux, la blonde Aphrodite, volage déesse de l'amour, Phoibos- Apollon, l'archer divin et sa soeur Artémis, la sage et rusée guerrière Pallas-Athènè, Thémis qui assemble les agoras des hommes et des dieux, Dionysos « le frénétique », « qui aime les femmes avec fureur» (allusion aux extravagances des Ménades, hym.2§).

Homère mentionne le sanctuaire d'Apollon à Pytho et celui d'Athènè à Ilios ; il nous dit qu'une enceinte sacrée et un autel sont érigés sur le mont Ida à Zeus et dans la ville de Paphos à Aphrodite ; il fait allusion à une fête annuelle en l'honneur d'Athènè et à une fête nationale pour honorer Apollon à Ithaque. C'est le chef de la famille ou de la tribu qui offre le sacrifice concurremment avec des prêtres voués au culte d'une divinité déterminée. Il n'y a

pas de caste sacerdotale, et les prêtres et les prêtresses sont généralement mariés. On prie les mains tendues vers le ciel ou vers la mer selon la qualité des dieux ; pour eux on consume les entrailles et les cuisses de grasses victimes ; ou bien on leur offre des objets votifs : vases, trépieds, groupes dansants, joueurs de flûte, images d'animaux sacrifiés. Des recettes divinatoires étaient en circulation : on interrogeait, pour prévoir l'avenir, le vol des oiseaux, leurs combats dans les airs; cependant Hector fait déjà l'esprit fort et ose passer outre (//., xn, 237). Les dieux manifestaient encore l'avenir par des songes et par des oracles : Homère mentionne ceux de Dodone et de Delphes ; on interrogeait aussi les morts.

En face du cours régulier de la nature et de certaines lois ou coutumes immémoriales dont nul ne peut être dispensé, comme la fidélité aux serments et les devoirs à rendre aux morts, le Grec des temps homériques pressent qu'il y a autre chose en ce monde que les vouloirs arbitraires des dieux. D'autre part, il se sent entraîné à des crimes qu'il regrette ensuite et les dieux eux-mêmes semblent, égarés d'esprit dans certaines légendes, ils ne peuvent pas toujours non plus favoriser leurs préférés: c'est donc qu'au dessus de tout règne l'inexorable Destin, divinité sans figure, sans légende et sans autel. Ce n'est point là une théorie philosophique ferme et bien raisonnée, mais plutôt une impression qui prend fortement les âmes et qui s'exprimera au hasard des circonstances tantôt par cette amère réflexion : c'est un dieu qui a tout fait, tantôt par cette parole résolue : c'est à chacun à tirer parti de sa propre vie. Au fond c'est de beaucoup le sentiment de l'inf exible cours des choses qui domine et fait déjà présager la conception de loi naturelle. Il y a une tendance remarruable à assimiler le Destin à la volonté du sage et inteli ont Zeus, le gardien suprême de l'ordre de la nature, ce qui est bien hellénique.

L'ï e est restée le double du corps, son image plus subtile et plus exsangue que l'on voit en rêve. Elle peut quitter mon' tanément le corps durant la syncope, mais à la mort elle franchit pour toujours la barrière des dents, » elle s< t avec le dernier souffle ou avec le sang qui s'écoule

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