‹ Où en est l'histoire des religions? (volume 2)Chapitre 170 sur 239 · VII. LES GRECS · texte numérisé non relu

VII. LES GRECS

joyeusement, ou emportaient leurs morceaux à la maison. Les victimes offertes aux héros et aux morts étaient entièrement brûlées. On offrait aussi aux dieux des libations d'eau miellée ou de vin, des gâteaux, les prémices des fruits de la terre, des tuniques, des vases et des plats d'or ou d'argent ; les riches faisaient des fondations pieuses dans les temples à leur dévotion. Le sacrificateur demandait aux Immortels la santé, la considération, la richesse, en général les biens temporels ; les assistants, les mains ouvertes vers le ciel, priaient à haute voix. Un vase d'eau lustrale était placé à l'entrée des temples.

Les temples affectaient ordinairement la forme d'un rectangle couvert d'un toit à double versant. On distinguait le vestibule ou pronaos, le naos ou cella aux murs polychromes et qui contenait la statue du dieu, enfin Yopisthodome où étaient gardées les archives et les richesses du temple : celles-ci étaient administrées par un conseil sacré, sorte de conseil de fabrique. La bouche et le menton d'une statue d'Héraklès à Agrigente étaient usés par les baisers des fidèles ; une idole d'Artémis podagra en Laconie passait pour guérir de la podagre; l'attouchement de l'épaule de Pélops à Olympie rendait la santé. Les pèlerins guéris à Cos ou à Epidaure au temple d'Asclépios y laissaient un ex-voto avec l'indication de leur maladie passée. De longues inscriptions découvertes à Epidaure mentionnent un certain nombre de guérisons dues à l'intervention du dieu, tandis que les malades dormaient dans un appartement attenant au temple. L'une d'elles, fort curieuse, rapporte qu'un esclave, qui par mégarde avait cassé une coupe chère à son maître en se rendant au temple, la retrouva tout à coup en son premier état ! Il raconte sa joie...

Les fêtes variaient avec les cités, les dieux et les buts qu'on se proposait. Les processions, les sacrifices, les banquets, les représentations dramatiques et les jeux en constituaient les parties essentielles ; souvent elles étaient chômées. La plupart répondaient aux changements des saisons, au labourage, à la culture de la vigne ; celles d'Athènes, les mieux connues, étaient aussi les plus brillantes et les plus suivies. Citons les fêtes quinquennales en l'honneur d'Apollon à Délos ; les dionysies à la fin de l'automne et Hist. Rel. — t. — 22

aussi au printemps, où elles se mêlaient aux antesthéries en l'honneur des morts, qui recevaient alors de la nourriture ; les grandes panathénées, qui duraient six jours et revenaient tous les quatre ans : elles donnaient lieu à une procession incomparable qui portait un péplos neuf à une vieille statue d'Athènè dans l'Erechtéion.

Le mariage et la naissance étaient l'occasion de cérémonies sacrées. La fiancée passait par un bain, on se rendait dans les temples pour offrir des prières et des sacrifices. L'épouse était détachée du foyer de ses aïeux pour être agrégée par son époux au nouveau foyer qui l'adoptait ; les nouveaux époux récitaient des prières en commun et offraient des libations aux ancêtres.

Telle était l'admiration des Grecs pour tout ce qui ornait la nature humaine, comme la beauté, la force, l'agilité, l'adresse, qu'ils s'imaginaient réjouir les dieux par des représentations où ces qualités avaient l'occasion de se manifester. Parmi ces solennités, quatre étaient surtout sacrées : c'étaient les jeux Olympiques, Pythiques, Néméens et Isthmiques, ils étaient périodiques, tous les Hellènes y étaient convoqués.

Nous passerons brièvement sur le caractère sensuel de certains cultes grecs. Des vices infâmes osaient s'autoriser d'exemples divins. « Une foule de représentations obscènes rappelaient dans les temples les amours des dieux. Il y en avait notamment de fort répandues qui figuraient l'union charnelle de Zeus et de Héra. Le culte de Dionysos était rempli d'actes indécents et de scènes de nature à blesser la pudeur. De ce nombre était la procession du phallus quia fourni à Aristophane tant de plaisanteries obscènes(l). »

Le devoir de donner la sépulture aux morts fut toujours sacré, on aurait redouté la vengeance de l'âme errante ! Un tombeau commun à Athènes réunissait les ossements des soldats morts pour la patrie. Le défunt était exposé sur un lit de parade, une obole entre les dents, pour qu'il pût payer à Charon le prix du passage sur le fleuve qui entourait les Enfers. En ces sombres lieux il trouvait trois juges incorruptibles : Minos, Éaque et Rhadamante : le

(1) Maury, Les religions de la Grèce antique, t. ni, p. 20.

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