‹ Où en est l'histoire des religions? (volume 2)Chapitre 186 sur 239 · VIII. LA RELIGION ROMAINE · texte numérisé non relu

VIII. LA RELIGION ROMAINE

ne fut jamais populaire. Plus dissolvante encore que la philosophie, une mythologie irrespectueuse abaisse l'idée divine.

Le résultat de cette double invasion fut l'incrédulité. En se substituant aux divinités italiques, les brillants dieux de la Grèce ne les remplacèrent pas. Pour les gens éclairés, pour les hommes d'État, le culte officiel n'est plus qu'un formalisme vide et un moyen de gouvernement. Vers la fin de la République la religion romaine est en pleine décadence, les temples tombent en ruine, il n'y a plus de candidats aux sacerdoces.

Cependant, soit dans les masses, soit dans quelques âmes tourmentées d'une vie intérieure plus intense, le sentiment religieux subsiste à l'état latent. Dès une date éloignée, nous voyons Rome subir l'ascendant de l'Orient, autrement profond que l'Occident dans ses conceptions et ses aspirations religieuses. Timides d'abord, tenus en méfiance par l'autorité, les cultes orientaux semblent préparer le terrain à l'envahissement qui aura lieu beaucoup plus tard. En 220 avant Jésus-Christ, Isis et Sérapis ont à Rome leur sanctuaire; en 204, en pleines guerres puniques, le Sénat luimême, à l'instigation des Livres sibyllins, donne droit de cité à Cybèle, la Magna Mater des Phrygiens, adorée à Pessinonte sous la forme d'une pierre noire que l'on alla chercher pour l'établir au Palatin. Rome vit alors pour la première fois les rites sanglants de l'Asie et le bizarre cortège des Galles, prêtres muti'és. Peu après, au temps de Mithridate, on amène la déesse de Comana, sous le nom de Bellone, dont le culte est confié à des prêtres et prêtresses venus de Cappadoce, qui parcourent la ville, vêtus de noir, en dansant et se blessant eux-mêmes des haches qu'ils brandissent (fanatici). Puis les orgies, peutêtre criminelles, en tout cas immorales, des Bacchanales, provoquent des mesures rigoureuses.

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