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IX. CELTES, GERMAINS, SLAVES

des Ligures, en cygne et ]e plaçant parmi les astres — on voit deux cols de cygne entourant le disque solaire. Le décor des nécropoles de Bologne est surtout composé de cercles concentriques, disques étoiiés, canards ou cygnes entiers, protomés (1) de cygnes ou cygnes stylisés. On retrouve cette décoration sur des boucliers, des casques et des ceinturons(2) delà fin de l'âge du bronze et du commencement de l'âge du fer, notamment à Corneto (Étrurie) et à Halîstatt (Autriche-Hongrie). Des barques votives (3) sont pourvues de têtes d'oiseaux d'eau, à Corneto et à Szatmar (Hongrie). En Gaule, la roue solaire, crucifère ou non, placée au-dessus de la barque aux deux protomés de cygne, se rencontre sur des pendeloques de la fin de l'âge du bronze. Sur l'une d'elles, le symbole de la hache est même associé aux protomés de cygne et au disque. Un petit tube et une épée de bronze supportent des croissants fixés à des bélières (Brégnier, Ain), ce qui serait peut-être un fétiche lunaire. Des colliers de l'époque de la Tène (deuxième âge du fer) portent encore le soleil entouré de deux oiseaux d'eau (Haute-Marne et Marne).

A l'époque gallo-romaine, la roue caractérise une divinité assimilée par les Gaulois à Jupiter. Plusieurs statues de cette divinité sont alors accompagnées de la roue, soit qu'elles s'appuient sur cet objet, soit qu'elles le tiennent élevé. On peut aussi signaler le faisceau de maillets en forme de roue à six rayons disposés autour de la tête de Sucellus, appelé par César Dispater, et les nombreux autels ornés du swastika ou croix gammée.

4. Le culte des arbres nous est attesté par plusieurs inscriptions votives au dieu Hêtre et au dieu Rouvre, aux Six-

(1) On sait que ce mot désigne la partie antérieure typique d'un être, soit figurée, soit sculptée.

(2) Un guerrier figuré sur un vase grec de l'époque classique porte un ceinturon où l'on remarque le disque à double rayon ; Je swastika, autre symbole solaire, est [figuré protégeant son cœur et ses parties génitales.

(3) L'usage des barques votives encore observé sur le littoral n'est pas ignoré de nos pays du Centre :une petite barque pourvue de ses agrès est suspendue à la voûte de l'église de Samois, canton de Fontainebleau.

Arbres (quelque bosquet sacré sans doute); à Mars Buxenus (en Vaucluse), survivance d'un vieux culte du dieu du buis. Les Cimbres, après leur victoire en 105, pendirent aux arbres les prisonniers romains, les offrant ainsi comme victimes aux génies du lieu, écrit M. Renel, op. cit., p. 159. On rendait un culte à la Forêt-Noire (Abnoba) et à la Forêt des Ardennes (Arduina); Némétona paraît avoir été la fée des forêts sacrées dans les hautes vallées du Rhin. C'est dans la forêt des Carnutes que les chefs gaulois s'engagèrent par un serment religieux à repousser les armées romaines. Le gui du chêne-rouvre était recueilli solennellement par les druides, vêtus de robes blanches, avec une serpe d'or.

Le Grand Saint-Bernard, le Donon, le Puy-de-Dôme possédaient un génie adoré des Gaulois. Le chef belge Viridomar, au me siècle, se dit descendant du Rhin; au reste, des peuplades plongeaient leurs nouveau-nés dans ce fleuve peut-être pour qu'il les adoptât comme siens. On a relevé des inscriptions dédicatoires à la Seine, à la Marne, à l'Yonne, etc., et aussi aux nymphes des sources jaillissantes. Les eaux minérales ou thermales étaient spécialement vénérées pour leurs vertus curatives; d'où l'assimilation de certaines divinités médicales gauloises à Apollon guérisseur: par exemple, l'esprit des eaux du Mont-Dore s'appela Appollo Siannus. A Aix-les-Bains, on a découvert des inscriptions au dieu Borvo (Borvo=- chaud), d'où les noms de Bourbon, Bourbonne, etc. A l'époque romaine, les thermes étaient de vrais sanctuaires où l'on pratiquait encore des lustrations, bains, offrandes, absorption d'eau et sacrifices divers : des ex-voto romains retrouves en témoignent. Grégoire de Tours (1) nous parle de paysans qui faisaient des offrandes : pain, fromage, cire, vêtements, au lac de Saint-Andéol dans les Gévennes. Les Cimbres, après leur victoire en 105, offrirent au dieu Rhône les chevaux pris dans la bataille.

« Le sacrifice du cheval, part'eulièrement solennel, n'était offert aux dieux (par les Scandinaves) qu'en de rares circonstances... La viande était mangée en un repas sacré

(1) De gloria beatorum conjessorum, II, vi.

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