IX. CELTES, GERMAINS, SLAVES
sades, il porte la haste et la corne d'abondance, à ses pieds on remarque un corbeau. Le surnom d' « Augustus » est souvent appliqué aux dieux dans les inscriptions. Virtus, Pudicitia, Concordia, Pax furent des génies honorés; enfin le culte des génies de Rome et de l'empereur consacra le loyalisme des vaincus. A Lyon et à Vienne, des colonies syriennes, dans les places fortes, les légionnaires orientaux répandirent le culte de Cybèle, de Mithra, d'Isis et d'Attis : le sistre égyptien figure jusque sur des monuments funéraires en Lorraine.
5. Fort mélangée était donc la religion professée en Gaule quand y parvinrent les premiers missionnaires chrétiens. Les nouveaux convertis furent loin de dépouiller dès le baptême leurs croyances héréditaires; l'Église dut combattre au cours des siècles les vieilles superstitions païennes sans cesse renaissantes. Elle fixa des croix sur les menhirs et des vierges au tronc des arbres vénérés. Mais la croyance aux fées, aux loups-garous — formes que prendraient certains sorciers — aux sorts et aux maléfices, etc., s'est conservée jusqu'à nos jours.