LES GERMAINS ET LES SCANDINAVES
1. Sous le nom de Germains on désigne généralement ces peuplades qui, appartenant à la race indo-germanique (comme en témoignent leur langue et leurs institutions), vinrent s'établir sur le territoire de l'Allemagne actuelle, après avoir traversé la plaine russe. Au temps de l'ère chrétienne, ils occupent entièrement ce territoire et sont limités, à l'est parles Daces et les Scythes, à l'ouest par les Celtes. Sont-ils de même race que les Celtes antiques ? C'est une question discutée. Du moins, leur parenté avec les Scandinaves paraît bien probable ; en sorte que, tout en constatant que ces deux peuples vivent à part l'un de l'autre, on peut, sans de graves inconvénients, les juxtaposer dans une étude sur la religion. Les Germains apparaissent dans l'histoire trois ou quatre cents ans avant Jésus-Christ. Il
semble que ce soit un voyageur marseillais qui les ait découverts, sur les rives de la Baltique, pour la première fois. Connu à une époque relativement tardive, le monde germanique a prolongé son existence jusqu'en plein moyenâge. Sa disparition, qui commence au ive siècle et se termine en 1050, est intimement liée aux conquêtes du christianisme. (Les Burgondes se convertissent vers 400 ; les Francs, vers 500 ; les Saxons, vers 785 ; les Norvégiens, vers 1050.) Pendant cette longue suite de siècles se produisirent ces fameuses migrations de peuples qui étendirent la domination des peuples germains sur l'univers. Cette domination commence par l'entrée des Goths dans l'Empire byzantin et s'achève par la conquête de la Normandie, de l'Angleterre et de l'Irlande. Goths, Visigoths d'Alaric et de Théodoric ; Suèves et Visigoths d'Espagne ; Vandales d'Afrique ; Burgondes, Alamans, Thuringiens, Hessois, Bavarois du Centre de l'Allemagne ; Saxons et Frisons de la Mer du Nord ; Anglo-Saxons d'Angleterre ; tout ce monde si divers ne présente d'unité que pour un observateur étranger et lointain comme fut Tacite. Force nous est bien cependant, faute de mieux, de considérer ces divers Germains dans leur ensemble. Nous notons toutefois que c'est surtout en décrivant des peuples aussi peu connus et aussi mêlés qu'il faut se garder de vouloir trouver une évolution historique et religieuse et une homogénéité parfaite. Nos généralisations sont nécessaires ; mais elles couvrent ici l'insuffisance des renseignements de détail. Il faut observer, en outre, que ces peuplades, ayant beaucoup voyagé et ayant fait d'importantes conquêtes, ont dû emprunter bien des éléments de leur civilisation aux peuples avec lesquels elles se sont trouvées en contact, tout particulièrement aux Celtes et aux Romains (pour les Goths et les Francs). Elles ont été aussi en rapport avec le christianisme. Il est difficile de déterminer la place qu'il faut faire à ces diverses influences dans leurs conceptions religieuses. On peut, du moins, remarquer, en ce qui concerne le christianisme, que la mythologie Scandinave, étant plus éloignée de son cercle d'influence, s'est développée plus librement.
Lorsqu'ils virent pour la première fois les Germains,