‹ Où en est l'histoire des religions? (volume 2)Chapitre 212 sur 239 · IX. CELTES, GERMAINS, SLAVES · texte numérisé non relu

IX. CELTES, GERMAINS, SLAVES

On le représente comme un vieillard à longue barbe blanche, tenant la lance et ayant au bras l'anneau d'or. Il est assis sur un trône ; à ses pieds sont couchés deux loups. Ailleurs il chevauche sur les vents.

Le jeudi est appelé Donnerstag chez les Germains (Thursday chez les Anglais), et désigne un nom de divinité antique : Donnar, Dunner, Thunar, Thorr, le dieu du tonnerre qui a été assimilé à Jupiter. Les plus anciennes formes d'abjurations saxonnes le nomment à côté de Wodan et de Saxnot. Chez les Scandinaves, il fut un des dieux les plus populaires et les plus honorés. Il peut surtout être rapproché d'Hercule; c'est, sans doute, ce primus omnium virorum fortium dont parle Tacite (op. cit., n). Il est identifié à Hercules magusatus, Hercules barbatus. Sa légende est d'ailleurs très voisine de celle du héros grec.

Freya a été assimilée à Vénus (Friday, Freytag, jour de Freya, vendredi). Paul Diacre en fait l'épouse d'Odin. Elle était sans doute une déesse du ciel ou de l'air. Dans la poésie Scandinave, elle est la déesse des Vanes ; fille de Njoerd et de Skadé et sœur de Frey. Od, son époux, lui donna deux fils, Hnoss et Gersimé. Elle habitait le Folvang où elle recevait les femmes décédées et les guerriers morts. Elle traversait les airs, traînée par un faucon ou sur un char attelé de deux tigres. Son frère, admis au nombre des Ases, est un dieu de l'hymen, de la fécondité et de la paix. Le porc, qui lui était consacré, lui était immolé au solstice d'hiver. Il était surtout adoré en Suède où l'on portait sa statue en procession, pour obtenir de bonnes récoltes. On le présentait à Upsala sous forme priapique, pacem voluptatemque largiens mortalibus. Communément on identifie la déesse Nerthus dont parle Tacite (op. cit., xl), à Freya.

Les Germains honoraient encore d'autres dieux ; sans parler delà dynastie des Banes pacifiques et des Ases sauvages de la mythologie Scandinave, dans les Eddas, Baldr et Loki jouent un grand rôle ; mais il est difficile de dégager leur personnalité antique, de l'influence chrétienne qu'ils ont subie. Heimdall, le dieu de la lumière, et son proche parent Hônir, ne sont pas plus connus que ces fameux Dioscures que signale Tacite (op. cit., xlii) et qu'il nomme Alcis. Parmi les déesses, Hel est préposée au monde sou-

terrain ; Isis (?) est honorée chez les Souabes (ibid., ix) ; Tamfana, chez les Marses. Des inscriptions votives portent des noms qui nous sont non moins obscurs.

A côté de ces dieux, des démons, des géants, des nains, les esprits des eaux, des forêts, des montagnes occupent une place importante dans la littérature Scandinave. Il est, à vrai dire, difficile de déterminer parmi ces êtres ceux qui appartiennent à l'ancienne Germanie. Les Valkyries sont des vierges guerrières et victorieuses. Les Normes remplissent les fonctions dévolues aux Parques antiques. Les montagnes, les eaux, les forêts sont habitées par des esprits ou par les âmes des morts qui revêtent une infinité de formes. Les vampires, les loups-garous appartiennent au même cercle d'idées animistes, tout comme le fameux arbre cosmique Yggdrassill. Chez les Germains, d'ailleurs, le cheval, le loup, le serpent, le corbeau et le dragon sont sacrés. Parfois une chevauchée de ces êtres mythiques se fait dans les airs, à la suite de Wotan. Les Nains, les Troles, les Nixes, les Lutins, les Elfes que décrit l'Edda sont alliés aux dieux; ce sont eux qui ont façonné le manteau de Thor et le navire de Freya. Dans la vie quotidienne, ils remplissent le rôle, que leur a conservé la légende allemande, d'une sorte de Providence bienfaisante et rémunératrice. Leurs noms sont fort divers ; quelques-uns sont populaires : Obéron, Laurin, Pilwiz, etc. Il en est qui habitent sous terre ; d'autres, dans les eaux. Ils ont la faculté de se rendre invisibles et de faire des opérations merveilleuses, agréables ou pénibles pour les humains. Les géants se relient à la vieille famille des dieux ; ils sont brutaux, sauvages et puissants. Ils ont été les premiers êtres de la création et le monde est sorti de Ynir, l'un d'eux. Ils ont d'ailleurs de fréquentes querelles avec les Ases.

4. Les Germains avaient des prêtres, bien que l'on ne trouve guère parmi eux une institution et une caste sacerdotales. Le rôle du prêtre, dans cette religion, dont le culte était si mêlé à la vie privée et publique, était même très important. Tacite nous en donne le témoignage. On lui obéissait, velut Deo imperanti, et, même après la conversion des Germains au christianisme, il conserva chez eux une grande influence. Ses fonctions, que les rois pouvaient éga-

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