‹ Où en est l'histoire des religions? (volume 2)Chapitre 213 sur 239 · IX. CELTES, GERMAINS, SLAVES · texte numérisé non relu

IX. CELTES, GERMAINS, SLAVES

îement pratiquer, comportaient des sacrifices divers et des ■cérémonies liturgiques. Les Germains offraient des sacrifices humains ; ils usaient de sacrifices divinatoires avant la guerre et de sacrifices expiatoires en temps de famine. Sur leur forme, nous avons peu de renseignements. On s'accorde généralement à reconnaître dans la croyance ou les usages relatifs aux douze nuits (de Noël à l'Epiphanie) où les spectres sont lâchés, à la Walpurgis (1er mai), à la Saint-Jean (24 juin), à la Saint-Martin (11 novembre), des restes de pratiques agricoles et pastorales très anciens. Des animaux domestiques étaient immolés aux dieux : des chevaux, des bœufs, des porcs. On offrait aussi des breuvages. Le feu et l'eau étaient, dans certaines circonstances, tenus comme sacrés et on plongeait dans l'eau les nouveau-nés. Des chants, des danses, des processions, pendant lesquelles on transportait les images divines, étaient également usités. Certaines fêtes étaient célèbres, telle, celle qui avait lieu tous les neuf ans à Upsala.

La Germanie est la terre de la sorcellerie. Les -prêtres la pratiquaient ; mais les femmes étaient particulièrement .aptes à cet office. On connaît le nom des vierges Bructères et Velléda. Les sorcières sont tenues pour mêlées au monde surnaturel. Les femmes passaient, chez les Germains, pour être douées de particulière sagesse et d'habileté dans la sorcellerie. Peut-être avaient-elles été prêtresses. Du moins Tacite nous rapporte que les prêtres d'Alcis devaient se revêtir d'habits de femmes. On pratiquait la divination par le hennissement des chevaux (Tacite), parles oiseaux, les chaudrons des sacrifices (Strabon), le tirage au sort, l'inspection des entrailles des ennemis. La divination entrait pour beaucoup dans les différentes ordalies. La magie était un emploi fréquent chez les Germains, et la littérature nous a conservé de nombreuses formules employées par les sorcières, Les dieux eux-mêmes la pratiquent dans l'Edda. Au demeurant, elle n'a rien qui la distingue des rites habituels aux demi-civilisés. Les coutumes funéraires des Germains nous sont peu connues ; ils pratiquaient l'incinération et l'enterrement. Dans les tombes, ils plaçaient des présents: ornements, armes, animaux domestiques, qui témoignent de leur croyance à la

vie future. Pour eux, l'âme humaine est séparable du corps; elle le quitte pendant le sommeil, sous l'aspect d'un serpent (Paul Diacre, op. cit., in, 34), d'une souris, etc. Elle habite particulièrement dans le sang, et, après la mort, elle peut être transférée dans un autre corps. La résidence des âmes après la mort est, souvent, le corps ou le tombeau qui le contient ; aussi lui porte-t-on des offrandes. Tantôt les âmes sont censées habiter dans un lieu commun pour toutes : le royaume des morts qui se trouve sous terre (hôlle) ou audelà des mers. Une troisième représentation du séjour des âmes, divisé en différents royaumes, est regardée généralement comme trop apparentée à la conception de l'antiquité chrétienne, pour n'avoir pas reçu d'elle quelque influence.

La vie morale de ces peuples, au moins pour la période antique, ne nous est pas connue directement, car nous ne possédons pas leur littérature. Mais, des observations des Romains et surtout de Tacite, il ressort que, s'ils étaient affligés d'un malheureux penchant à l'ivrognerie, ils avaient du moins de grandes vertus : le respect de la femme, la vénération des dieux, une grande pureté de mœurs, et qu'ils pratiquaient l'hospitalité comme un devoir religieux.

Page 1