LA RELIGION DES VIVANTS
3. Il serait plus aisé de diminuer que d'exagérer l'importance de l'animisme dans les cultes égyptiens. Gomment concevait-on l'âme des dieux et des hommes ? Sur ce point, les textes nous donnent des indications nombreuses, mais difficiles à concilier les unes avec les autres. Le ka ou double, le khou (ichou), le ba, le cœur, l'ombre noire, le nom, le sekhem, peuvent passer tous pour des sortes d'âmes ou de principes vitaux, dont l'ensemble constitue, avec le corps, la personnalité humaine ou divine. On admettait même l'existence de plusieurs éléments semblables en un même être ; on pouvait avoir plusieurs doubles, plusieurs ba ; on avait régulièrement deux ou plusieurs noms.
Le ka est l'âme la plus ordinairement citée ; Maspero Ta défini :« une sorte d'ombre claire, analogue au reflet qu'on aperçoit à la surface d'une eau calme ou d'un miroir poli, une projection vivante et colorée de la figure humaine, un double qui reproduisait dans ses moindres détails l'image entière de l'objet ou de l'individu auquel il appartenait (1). » Des bas-reliefs montrent un dieu modelant en même temps le corps et le double d'un roi.
(1) Maspero, Histoire ancienne des peuples de V Orient classique, 1895, t. i, p. 108-109.