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conversion qui devait bientôt faire adorer Isis et Sérapis depuis la lisière du Sahara jusqu'au vallum de Bretagne et des montagnes des Asturies jusqu'aux bouches du Danube (1). » Mais ces faits appartiennent plutôt à l'histoire de la religion gréco-romaine.
A leur mort, les animaux sacrés étaient ensevelis et leurs tombes étaient considérées comme de grands sanctuaires : on peut donc également les envisager comme des dieux morts. Nous rattacherons ici aussi les héros divinisés : deux d'entre eux sont des personnages historiques devenus dieux après leur mort. L'un, Imhotep, vivait sous l'Ancien Empire ; l'autre Amenhotep, fils de Hapi, était ministre d'Aménophis II de la XVIIIe dynastie. Nous verrons que le développement des procédés magiques permit de transformer tous les morts en dieux.
Il est utile de poser ici une question dont la solution, qui paraît difficile actuellement, permettrait d'apprécier un grand nombre de détails des cultes égyptiens. Traite-t-on les dieux comme des morts de distinction, ou bien plutôt traite-t-on les morts comme des dieux? En d'autres termes , les temples funéraires des rois de l'Ancien Empire sont-ils la copie de certains temples des dieux, ou les temples de certains dieux sont-ils conçus comme des chapelles funéraires ?
10. A diverses époques le panthéon égyptien s'annexa des déesses et des dieux étrangers. Les uns sont d'origine libyenne comme Tanen et Neith, d'autres sont africains tels que Bès, quelques-uns viennent d'Asie comme Astarté, Anaita, Reshpou et les Baal. Parmi les dieux étrangers il faut faire une place spéciale au dieu Setesch ou Soutekh, incorporé de bonne heure dans les familles divines égyptiennes, et qui est connu surtout par l'hostilité à l'égard d'Osiris qu'on lui attribua progressivement dans les récits mythologiques.
11. Si l'Egypte a été gouvernée par des dieux aux temps anciens qui précédèrent les dynasties, cet usage s'est conservé jusqu'à l'époque romaine. Le roi est dieu, en sa
(1) Fr. Cumont, Les religions orientales dans le paganisme romain, 1907, p. 91 et 102.