‹ Où en est l'histoire des religions? (volume 2)Chapitre 39 sur 239 · II. LA RELIGION ÉGYPTIENNE · texte numérisé non relu

II. LA RELIGION ÉGYPTIENNE

localités les plus insignifiantes, commencent pompeusement par la formule : « Le roi donne une offrande au dieu... »

Dans chaque nome, le grand-prêtre ou la grande-prêtresse porte un titre spécial, qui remonte à l'époque où le nome était indépendant. On doit peut-être y voir le souvenir des anciens chefs-féticheurs. Lors de la conquête, suivie de l'unification de l'Egypte, ceux-ci ont été dépossédés par le roi de la majeure partie de leur puissance : ils ne sont plus que les remplaçants du souverain. Celui-ci délègue volontiers ces hautes fonctions à des princes de la famille royale qui exercent, à côté, d'autres emplois.

On constate qu'il n'y a que peu ou point de spécialisation des fonctions religieuses, du moins à l'époque de l'Ancien et du Moyen Empire. Les prêtres sont en service au temple pendant un certain temps de l'année. Ceux qui doivent cette « corvée » sont répartis en classes qui fonctionnent à tour de rôle. Lorsque l'une prend son service, elle reçoit de la classe qui se retire un inventaire détaillé du temple. A côté de ces prêtres temporaires, on trouve cependant déjà quelques éléments permanents, que l'on doit peut-être considérer comme l'origine du sacerdoce de carrière qui devient l'ordinaire au Nouvel Empire et dont l'importance s'accroîtra sans cesse.

Le sacerdoce d'Amon commence à être particulièrement bien connu, surtout grâce aux découvertes de Karnak. Signalons le rôle important joué à l'époque éthiopienne et saïte « par les divines adoratrices d'Amon», qui se recrutaient par adoption, et dont l'une, Ankhnasnofiribri, reçut le titre de grand-prêtre d'Amon.

Les prêtres figurent rarement avec des vêtements spéciaux. Généralement ils ont la tête rasée et semblent avoir conservé volontiers certaines modes anciennes, depuis longtemps tombées en désuétude. Parfois, des prêtres sont représentés portant une peau de panthère: quelquesuns, tel le grand-prêtre de Ptah, deMemphis, ont des insignes particuliers, qui paraissent très archaïques.

Le personnel inférieur des temples était très nombreux. On doit y comprendre les femmes attachées au harem du dieu, les chanteuses et musiciennes, les acrobates ; dans

les temples des dieux enfants, les gardiennes, les nurses, etc. Les employés d'administration des biens du temple étaient en nombre considérable, surtout si Ton y ajoute les fermiers des domaines. Sous le règne de Ramsès III, le papyrus Harris attribue 86.486 personnes aux temples de Thèbes, 12.364 à ceux d'Héliopolis, 3.079 à ceux de Memphis et 5.686 à d'autres temples moins importants.

13. Le temple égyptien est connu surtout par des monuments du Nouvel Empire et de l'époque gréco-romaine. En effet, les temples construits, aux époques anciennes, en matériaux peu durables, tombés en ruine ou détruits, ont été rétablis par les grands rois du second empire thébain et par les Lagides. On peut parfois refaire l'histoire des sanctuaires principaux en étudiant les matériaux de remploi et en fouillant le sous-sol où les architectes égyptiens ont accumulé, en guise de fondations, les restes des monuments antérieurs.

Des représentations gravées, principalement sur des plaquettes en ivoire des deux premières dynasties, permettent cependant de donner une idée approximative des sanctuaires plus anciens. On peut se les figurer sous la forme d'un enclos au milieu duquel se trouve, soit un animal sacré, soit un fétiche. Une hutte sert d'abri à la divinité ; devant la porte principale, deux mâts terminés par des bandelettes indiquent de loin le temple. Il se peut que ce soit l'image du mât à bandelettes qui donna naissance au signe signifiant « dieu ». Dès la première dynastie, il semble bien que des barques sacrées faisaient partie du sanctuaire.

Le grand temple d'Amon à Karnak est le monument le plus gigantesque de l'Egypte. Les plus anciennes traces de travaux remontent à la XIIe dynastie, les plus récentes datent des empereurs romains ; c'est donc, à prendre la date minimale, l'œuvre de plus de vingt siècles. Le mur d'enceinte a 2.400 mètres de tour, le temple comporte dix pylônes, cinq grandes cours, deux giantesques salles hypostyles, dont l'une, celle de Séti Ier et de Ramsès II, compte parmi les œuvres les plus audacieuses de l'architecture de tous les temps.

Les reliefs qui couvrent les murs sont souvent, sur les parois extérieures, des représentations d'événements histo-

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