‹ Où en est l'histoire des religions? (volume 2)Chapitre 40 sur 239 · II. LA RELIGION ÉGYPTIENNE · texte numérisé non relu

II. LA RELIGION ÉGYPTIENNE

riques. A l'intérieur, on préfère les fêtes religieuses, les processions et surtout les innombrables scènes, souvent monotones, illustrant les diverses phases du rituel journalier.

Les reliefs des murs du sanctuaire nous montrent ordinairement l'image de la barque ou des barques sacrées. Les dieux, comme les hommes, recourent nécessairement à cet unique moyen de transport en Egypte. La barque se termine à chacune de ses extrémités par la tête du dieu ou de la déesse dont elle renferme l'image portative ; ainsi, la barque d'Amon a la proue et la poupe ornées d'une tête de bélier, l'animal sacré d'Amon. Des figurines de dieux et du roi constituent l'équipage divin. La barque est placée sur un brancard que les prêtres portent aux processions. En temps ordinaire, elle repose sur une base en pierre, entourée d'offrandes et des divers accessoires du culte, tels que les enseignes, chasse-mouches, sceptres et bâtons magiques, etc. Le sanctuaire comprenait, outre les barques, une statue de culte, en bois ou en pierre, enfermée dans un naos. Parfois ce naos est placé dans un sanctuaire spécial, situé dans l'axe du temple, derrière le reposoir des barques.

Parmi les salles accessoires d'un temple, il faut citer les magasins d'offrandes, des chambres pour les étoffes, le trésor, qui contient seulement les matières précieuses nécessaires au culte, le laboratoire où l'on prépare diverses substances, un atelier où l'on confectionne divers objets, la bibliothèque renfermant les rituels, des sacristies où le célébrant se prépare et se purifie, et souvent des cryptes. Les grands temples ptolémaïques d'Edfou et de Dendérah comprennent encore un petit temple, dont on se servait seulement lors de la fête du nouvel an. Il faut encore ajouter des salles ou des édifices séparés, destinés à la célébration de certaines fêtes, comme les chambres d'Osiris- Sokaris dans les temples d'Edfou, Dendérah et Philse. . Chaque grand temple était entouré de chapelles servant de résidence à des dieux qui entretenaient avec le dieu principal des relations « diplomatiques » (1). Les princi-

(1) Legrain, Notes d'inspection, dans les Annales du Service des antiquités, 1906, t. vu, p. 53-57.

paux dieux de l'Egypte étaient ainsi représentés à la cour d'Amon de Thèbes, lequel, à son tour, avait une chapelle dans la plupart des temples où dominaient d'autres dieux.

14. On ne sait pas exactement de quelle manière se rendaient les oracles. On a parlé sans preuves formelles de statues articulées ; on a pensé que certaines chambres secrètes servaient à dissimuler un prêtre jouant le rôle du dieu pour rendre les oracles : c'est supposer dans chaque cas la fraude, ce qui paraît peu vraisemblable. D'autre part, les textes sont formels pour signaler une action directe du dieu, soit dans la désignation des rois, soit dans la nomination du grand-prêtre, soit encore dans la décision de certaines affaires importantes. Ne peut-on supposer qu'il s'agit d'oracles déduits de la conduite de l'animal sacré ? L'incubation était aussi pratiquée, au moins aux dernières époques.

15. Les autels principaux du dieu étaient placés dans les cours du temple. On y accumulait de nombreuses offrandes, consistant surtout en aliments, boissons, fleurs et encens. De ce monceau d'offrandes on prélevait ce qui était nécessaire pour garnir les tables placées devant les statues et dans le sanctuaire. Le caractère alimentaire des offrandes faites aux dieux égyptiens est absolument caractéristique. Les rois prenaient des dispositions pour régler l'exacte répartition des contributions en nature imposées à tout le nome au profit du dieu. Un texte intéressant montre comment le roi Seshonq Ier régla la redevance journalière d'un taureau au temple d'Héracléopolis.

Lorsque le dieu avait prélevé ce qui était nécessaire à sa subsistance journalière, le reste était partagé entre les prêtres. Une partie était de droit réservée au roi ou au prince héréditaire du nome, en sa qualité de chef du sacerdoce. Les morts pour lesquels on avait fait des arrangements spéciaux se nourrissaient aussi à la table du dieu. A certaines fêtes, il y avait des distributions de vivres et de boissons à tous les habitants de la ville. L'examen des comptes du palais royal conservés dans quelques papyrus nous prouve qu'on agissait dans le temple comme dans le domaine d'un roi ou d'un grand seigneur. Le dieu reçoit de partout des contributions en nature : il en retient ce

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