‹ Où en est l'histoire des religions? (volume 2)Chapitre 41 sur 239 · II. LA RELIGION ÉGYPTIENNE · texte numérisé non relu

II. LA RELIGION ÉGYPTIENNE

qui lui est nécessaire et emploie le reste à payer les appointements des fonctionnaires et les rentes consenties à diverses personnes. Les holocaustes sont rares et n'apparaissent qu'assez tardivement, peut-être sous l'influence des cultes sémitiques.

La musique, les chants, les danses, les tours d'acrobatie peuvent également se rattacher aux sacrifices. Le dieu aime ces divertissements et les fidèles ont soin de les lui procurer. Les instruments de musique, surtout la harpe, sont cités dans les textes qui décrivent les largesses des rois au temple.

16. Les bibliothèques sacrées ont été naturellement toutes dépouillées de leur contenu. A Edfou cependant, les inscriptions ont conservé les titres des livres qui y étaient renfermés. D'autre part, les inscriptions et les papyrus permettent de se faire une idée assez juste du caractère de la littérature religieuse. On possède des rituels, des hymnes, des recueils d'incantations magiques, des mythes et des contes mythologiques, des traités de géographie religieuse, des calendriers de fêtes ou de jours fastes et néfastes, des décrets, etc. On doit constater, et la chose n'a rien de très surprenant, une grande confusion des genres, qui rend presque impossible toute classification.

Les temples possédaient de véritables archives, dans lesquelles on conservait précieusement les chartes de fondation et de donations royales ; au besoin, si elles manquaient, on n'hésitait pas à les créer de toutes pièces. On connaît plusieurs de ces faux, notamment une stèle d'époque ptolémaïque qui débute par le protocole d'un roi de la IIIe dynastie. Les archives du temple comprenaient des copies des textes gravés sur les murs et sur les stèles. On tenait peut-être aussi une sorte d'état-civil : les nouveau-nés étaient inscrits sur les registres de ce qu'on appelait « la maison de vie ».

17. Le rituel journalier du Nouvel Empire nous est conservé ; c'est vraisemblablement le rituel d'Amon, qui a été étendu à d'autres dieux, même à ceux qui en avaient sans doute un tout autre à l'origine. Il serait imprudent de vouloir le généraliser pour les époques plus anciennes. Le rituel amonien ne diffère pas fondamentalement du rituel

funéraire dit de « l'ouverture de la bouche » dont nous nous occuperons tout à l'heure. Le dieu est considéré comme un mort dont l'âme réside dans une statue que l'on ranime quelques instants chaque jour, à laquelle on apporte les provisions nécessaires, avec accompagnement d'hymnes et de formules souvent peu compréhensibles. Le roi ou le prêtre qui le représente renouvelle la toilette de l'idole, remet en place les coiffures, sceptres, insignes et ornements, puis se retire, scellant le sanctuaire jusqu'au lendemain. Le temple de Séti Ier nous a conservé la représentation de tous les moments de la cérémonie.

Le rituel en usage aux fêtes est connu pour quelquesunes d'entre elles, spécialement pour les fêtes d'Amon à Thèbes, d'Osiris et d'Hathor. On peut diviser les rituels de fêtes en deux catégories : les processions et les célébrations de mystères, ce mot entendu dans le sens de représentations religieuses analogues à nos mystères du moyen âge. Il faut ajouter encore le rituel de fondation des édifices sacrés, qui ne saurait rentrer dans l'une ni l'autre des deux catégories.

Des mystères d'Osiris se célébraient dans plusieurs villes de l'Egypte. On peut en retrouver l'existence à Abydos jusqu'à la XIIe dynastie. Voici, d'après Schœfer (1), le résumé du mystère : 1. Le dieu chacal Wep-wawet (Anubis) sort comme avant-coureur d'Osiris ; 2. Osiris passe en roi victorieux ; 3. Osiris sort et trouve la mort. Découverte du corps. Grande plainte ; 4. Le dieu Thot sort sur son bateau et vient chercher le corps ; 5. On prépare le corps pour l'ensevelissement ; 6. Osiris est enseveli dans sa tombe à Peker ; 7. Les ennemis d'Osiris, Seth et ses compagnons, sont vaincus par Horus dans une grande bataille sur l'eau à Nedit ; 8. Osiris, ranimé d'une nouvelle vie, rentre triomphant dans le temple d'Abydos. Des chambres bâties sur le toit du grand temple de Dendérah, consacrées à Osiris-Sokaris, nous donnent, dans des textes et des bas-reliefs, une description très complète des fêtes, telles qu'on les célébrait encore à l'époque romaine.

(1) Schsefer, Die Mysterien des Osiris in Abydos, 1904.

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