LA RELIGION DES MORTS
24. La mort, pour l'Égyptien, est la séparation des éléments qui constituaient l'homme. Les âmes désincarnées ont toujours passé pour dangereuses. Elles pouvaient, par exemple, s'introduire dans un corps, se réincarner au milieu des vivants, non sans risquer de produire des ravages graves dans celui qui était ainsi possédé. Un conte, de basse époque il est vrai, met en scène un ancien sorcier qui s'est réincarné dans un enfant.
D'après les textes funéraires, l'âme des morts peut revêtir toutes les formes qu'elle désire ; c'est un oiseau, un insecte, une fleur, un serpent, etc. Les hirondelles notamment passaient, comme aujourd'hui encore à Thèbes, pour être des âmes. Les vivants sont en réalité entourés d'âmes contre lesquelles ils doivent se prémunir. Il se peut donc que les premiers rites funéraires aient été avant tout des modes de défense et de préservation. Les sentiments d'affection pour les défunts n'ont pu manquer de modifier rapidement ce point de vue, d'adoucir ce que certains usages pouvaient avoir de déplaisant. Les rites traditionnels étant regardés comme désirables pour le mort, on avait scrupule d'y rien changer.