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III. LES SÉMITES

Ben-Hadad, son inscription doit être datée vers Tan 800 avant Jésus-Christ. De la première moitié du vme siècle avant notre ère l'inscription dite de Hadad, découverte par les fouilles allemandes à Sendjirli (entre Antioche et Mar'ash), l'ancienne capitale du royaume araméen de Iâdi. Un peu plus tard (entre 745 et 727 av. J.-C.) les inscriptions dites de Panammou et de Bar-Rekoub qui sont de la même provenance. De Nêrab, au sud-est d'Alep, deux inscriptions datant probablement du vne siècle avant notre ère ; de Teima, dans l'Arabie du nord, une longue inscription, plus jeune d'un ou de deux siècles, telles sont les autres sources originales qui nous renseignent sur la religion araméenne. Nous ne pouvons tabler sur les textes nabatéens; car, s'ils sont rédigés en langue araméenne, les noms propres qu'on y rencontre et les divinités qui y sont invoquées attestent que leurs auteurs se rattachent plutôt au rameau sud-arabe. La même réflexion s'applique aux nombreux textes palmyréens. Nous traiterons, cependant, des religions nabatéenne et palmyréenne à la suite de la religion araméenne ou syrienne, afin d'envisager en un seul ensemble les diverses populations de même langue. On pourra, par là même, se faire une certaine idée de ce que fut la religion des Arabes avant l'Islam (Sabéens, Minéens). 3. Les Syriens ont adoré le dieu El, dont le nom apparaît comme élément constituant dans certains noms propres, exactement de même que chez les Hébreux. Dans l'inscription dite de Hadad et dans celle de Panammou, on rencontre ce dieu El comme divinité personnelle. Mais alors que chez les Hébreux ce dieu El (Éloah, Élohim) était resté le dieu unique, chez les Araméens (comme chez les autres Sémites), il devient l'une des figures du panthéon. Le premier rang, chez les divers groupes araméens, n'appartenait pas à El. Leur dieu, de beaucoup le plus vénéré et le plus répandu, fut le dieu Hadad. C'est lui que Macrobe désigne comme leur divinité suprême : Deo enim, quem summum maximumque venerantur, Adad nomen dederunt (Saturn., i, 24). Dans son syncrétisme solaire, Macrobe voudrait voir dans Hadad le dieu-soleil. C'est une erreur. Nous nous trouvons en présence de l'Adad des Assyriens qui est sûrement le dieu des orages (I,§ 12). C'est pour cette

raison que les Babyloniens Font désigné parfois sous le nom de Rammânu « le Tonnant », d'où lui est venu, chez les Cananéens et les Hébreux, le nom de Rimmon. Un passage de la Bible (Zach., xn, 11) groupe les deux désignations dans le nom de H adad- Rimmon. Dans les inscriptions de Sendjirli, Hadad marche en tête des dieux. A la même époque (vme siècle avant notre ère), les rois de Damas portent des noms comme Ben-Hadad ou Hadadézer, qui attestent la vitalité du culte de Hadad dans leur royaume. Il y a plus. Les souverains d'Assyrie qui ont précédé Téglath-phalasar III, à savoir Samsi-Adad IV (824-812 av. J.-G.) et Adad-nirari III (811-783 av. J.-C.) ont, eux aussi, le nom du dieu comme élément de leurs noms. A cette même époque, le royaume d'Israël, séparé depuis plus d'un siècle du royaume de Juda, s'est tourné tout entier vers le culte des taureaux qu'avait installés Jéroboam Ier à Dan et à Béthel. Nous avons vu que ces taureaux étaient des symboles de ce dieu Hadad, qui, en cela, se rapprochait du dieu indo-européen des orages, Indra. Ainsi le dieu du tonnerre, Hadad ou Adad, et le taureau qui le représentait envahissaient non seulement la Mésopotamie et la Syrie, mais même la Palestine. En même temps, les Hittites (Héthéens) d'Asie-Mineure (1) continuaient d'adresser leurs hommages à Teshoup qui était, lui aussi, le dieu du tonnerre et qui, comme Hadad, brandissait la foudre et la hache. Jamais le culte de Iahvé, conservé en Juda, ne courut pareil risque. Si, débordant les frontières, le taureau s'était installé dans le temple de Jérusalem, on peut dire que tout l'Orient civilisé aurait communié dans une même religion qui eût fini par étouffer celle du vrai Dieu. Les prophètes d'Israël et de Juda clamèrent contre cet intrus dont le culte suivit les destinées des pays qui l'avaient soutenu et propagé. On a retrouvé au Janicule, en pleine Rome antique, un sanctuaire dédié au dieu Hadad. Il y est qualifié à la fois de « dieu du Liban » et de dieu « des sommets ».

(1) Leur capitale était située sur l'emplacement de la ville actuelle de Boghaz-Keuï. Sur ces Hittites, cf. Revue biblique, 1908, p. 312 sq.

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