III. LES SÉMITES
4. Comme les Assyriens et les Babyloniens, dont ils subirent l'influence, les Araméens eurent un culte astral. Le soleil, sous son nom commun, est invoqué dans les inscriptions de Sendjirli, aussi bien que dans celles de Zakir et de Nêrab. Mais, tandis que le dieu-soleil sera surtout vénéré à Palmyre, les Syriens s'attachèrent principalement au dieu-lune. Celui-ci qu'on appelle simplement Sahar « Lune », avait émigré d'Our au pays de Harran. Sur la stèle de Bar-Rekoub, le croissant lunaire est désigné par le titre « de Baal de Harran » et, dans les noms propres assyriens du vme et du vne siècle avant notre ère, on remplacera souvent le nom assyrien du dieu-lune, Sin, par celui de « Seigneur de Harran ». Le dieu avait emmené avec lui sa femme Nin-gal et son fils,le dieu du feu Nouskou. Or, dans les deux textes de Nêrab, on voit figurer Nikkal (= Nin-gal) et Nousk (— Nouskou) à côté du dieu Sahar. C'est une preuve de la facilité avec laquelle les Araméens, qui étaient plutôt des hommes d'affaires que des dévots exclusifs, accueillaient les divinités étrangères. Aussi ne nous étonnons pas si, en Egypte, les dieux locaux, et en particulier Osiris, sont vénérés par les commerçants syriens. Des Phéniciens ils empruntèrent le dieu Réshef ou Rèshouf qui suit les dieux Hadad et El dans l'inscription dite de Hadad. De même que les Assyriens avaient connu un cocher du dieu-soleil, les Araméens vénérèrent un dieu Rekoub-El ou Rakkab-El, qui représentait le « cocher du dieu El ». Les Araméens de Teima, en Arabie, eurent ceci de spécial qu'ils désignèrent « dieu » ou « baal » par le mot Salm « image, statue », dans le sens d' « idole ». Ils eurent comme dieux spéciaux, Singalla, l'une des formes du dieu-lune, et Ashîrâ, qui correspond à la déesse Ashêrâ des Cananéens. Partout le même procédé d'adaptation. C'est ainsi qu'autour du dieu solaire d'Édesse se grouperont Monime et Aziz qui sont d'origine arabe. On fusionna même plusieurs divinités entre elles. De la déesse 'Atar, succédané de *Astar (Astarté), et du dieu 'Athé (Attis), on obtint la déesse Atargatis ou Dercéto, dont le culte répandu à la fois dans la Syrie et en Philistie était contaminé par des influences phrygiennes.