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IV. IRANIENS ET PERSES

de Merw, de Hérat, de Caboul, de Helmend, la Bactriane, l'Hyrcanie, l'Arachosie, la Médie, le Bas-Euphrate et la Mésopotamie orientale, le Penjab, enfin quatre districts non identifiés avec certitude, parmi lesquels l'Airyana- Vaêjo ou « Germe des Aryens », région probablement mythologique, que V. Henry proposait timidement, après Darmesteter, de situer dans les vallées de la Transcaucasie russe qui s'inclinent vers la mer Caspienne : localisation difficilement soutenable. Cette liste n'a qu'une autorité médiocre (Bréal). On aura remarqué qu'elle présente au moins une lacune importante : la Perse propre n'est pas même mentionnée. En revanche le Penjab, la basse Mésopotamie et la Mésopotamie orientale n'ont jamais été colonisés par les Iraniens, mais seulement conquis par eux et occupés d'une manière plus ou moins éphémère.

Considéré comme terme de géographie politique, le mot d'Iran reçoit une extension très variable suivant l'époque où on le considère. Il sert actuellement d'appellation officielle au royaume de Perse, qui n'inclut qu'une faible partie des domaines jadis possédés par les Iraniens. Comme terme de géographie religieuse, Userait aujourd'hui insuffisant et défectueux, puisque, nous le dirons plus bas, les sectateurs de la religion iranienne sont, pour la plupart, établis dans l'Inde anglaise.

3. Les races iraniennes. — Les mots Iran et Iraniens ont encore une valeur ethnographique. Dans la langue de l'Avesta, ils s'opposent aux termes Touran, Touraniens, qui désignent toutes les races non iraniennes. Suivant nos conceptions modernes, les Iraniens sont une des branches de la grande famille aryenne, dont ils détiennent le nom primitif. Les Aryas ne sont ni sémites, ni touraniens (au sens moderne du mot). Parmi les Aryas, les uns ont envahi le Penjab et la vallée du Gange, ce sont les Hindous, les autres ont émigré jusqu'en Europe, ce sont les Indo-Européens. Un troisième groupe est demeuré non loin de l'habitat primitif (la Sibérie méridionale ?) ou a colonisé les régions énumérées plus haut : c'est le groupe iranien. Il est impossible de caractériser avec plus de précision la notion de « race iranienne », même si l'on se restreint au groupe iranien, les Afghans qui en font certainement par.

tie étant dolichocéphales, et les autres groupements ethniques brachycéphales. Aussi beaucoup d'anthropologistes nient-ils l'existence même d'une race iranienne. Du moins tout le monde admet-il qu'il y a des langues iraniennes, par suite une civilisation iranienne. Et pour l'étude des religions iraniennes à l'époque historique — la seule que nous ayons à entreprendre — c'est le point capital.

4. Les langues iraniennes. — Presque tout le monde admet que parmi les langues aryennes (langues non agglutinantes à flexions, autres que les langues sémitiques), le sanskrit et les langues iraniennes ont toute chance de se rapprocher de l'idiome aryen primitif, si tant est que cet idiome ait jamais existé. La parenté assez proche des dialectes iraniens et des dialectes hindous est évidente. Cette constatation est de première importance pour établir la parenté des conceptions religieuses. Les langues iraniennes à nous connues sont le zend, le perse, le pëhlvi ou huzvarêche, le parsi, (le kurde, l'afghan, le baloutche, et l'ossêthe.) Nous ne mentionnons que pour mémoire celles qui sont entre parenthèses ; elles ne présentent aucun intérêt au point de vue de l'étude de la religion. Voici, à propos des autres, quelques notions indispensables.

Le zend. Ce mot signifie proprement « sens, commentaire ». Depuis Anquetil-Duperron, il désigne (abusivement, comme on voit) la langue dans laquelle est rédigé l'Avesta, livre sacré des sectateurs de Zoroastre. Cette langue est un dialecte iranien étroitement apparenté au vieux persan, mais distinct de lui. Il n'existe pas d'idiome moderne descendu en droite ligne du zend. L'afghan est peut-être le langage qui s'en rapproche le plus sensiblement. Il faut en conclure au moins, selon Darmesteter, que l'Afghanistan faisait partie du domaine de la langue zend. D'autres auteurs veulent qu'elle soit originaire de l'Hyrcanie, de la Médie ou de l'Atropatène. Quoi qu'il en soit, le zend était très probablement une langue morte dès avant notre ère, au plus tard sous l'empire parthique.

Le perse (vieux-perse). Géographiquement, c'est la langue de ce district montagneux situé au sud-ouest de l'Iran qui est la Perse propre ; historiquement, il est attesté

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