IV. IRANIENS ET PERSES
par les inscriptions cunéiformes des rois achéménides (vieive siècle avant J.-C). Pas de littérature.
Le pehlvi. Le pehlvi ou « langue des Parthes » apparaît cinq siècles après le vieux-perse, à l'époque sassanide (ine-vne siècle après J.-C). Dans ce dialecte sont rédigés les commentaires et traductions du canon zend, ainsi que des traités indépendants. Les textes pehlvis présentent un aspect baroque et déconcertant. Les pronoms, les radicaux des noms et des verbes sont sémitiques; les désinences des déclinaisons et des conjugaisons sont iraniennes. En réalité les mots araméens servaient d'idéogrammes pour la lecture des mots iraniens. L'appellation protocolaire des rois sassanides, « roi des rois», se prononçait schahân schâh (mots iraniens), mais s'écrivait malkân malkâ (mots araméens dont le premier est affublé d'une désinence iranienne).
C'est cette sorte de procédé cryptographique (renouvelé des Chaldéens) qu'on appelle proprement le huzvârech ou zeçarech.
Le parsi est le pehlvi débarrassé de son zévârech (V. Henry); c'est la lecture, par un docteur persan postérieur, d'un texte pehlvi. La langue « parsi » est donc une formation plus récente de cet idiome persan qu'on transcrivait en idéogrammes sémitiques. — Le persan moderne, qui s'inaugure vers le xe siècle de notre ère avec l'épopée de Firdûzi, n'offre qu'un intérêt assez restreint au point de vue de la religion iranienne, la littérature persane étant entièrement islamique.
5. Aperçus d'histoire iranienne. — Ce qui vient d'être dit au sujet de la linguistique iranienne permet déjà de pressentir la succession des périodes de l'histoire iranienne. Quelques précisions sont pourtant indispensables à l'intelligence des problèmes avestiques. Il faut distinguer cinq périodes principales, d'importance bien inégale d'ailleurs.
Période pré-achéménide. C'est au xxve siècle environ que les Iraniens apparaissent au seuil de l'histoire. Leurs avant-coureurs, « longeant les plages de la mer Caspienne, s'avancent jusqu'à l'Araxe, semant leur passage de dolmens, apportant avec eux le bronze grossièrement travaillé, l'électrum, l'or, la poterie, les animaux dômes-
tiques de l'Asie centrale (1). » Mais ils n'entament guère le plateau iranien, trop fortement occupé. Vers le xxe siècle, une autre invasion aryenne renforce la vague primitive ; les Mèdes abordent par le nord, et les Perses par le sud le plateau central iranien, atteignant ainsi les limites extrêmes de l'expansion iranienne (raciale et linguistique, mais non politique). Mèdes et Perses arrivaient à l'état pastoral, divisés en un grand nombre de clans; même quand les tribus, se fixant sur le sol, se furent agglomérées en bourgades, le morcellement demeura excessif. Aussi n'est-ce qu'au vne siècle qu'apparaît un dynaste assez puissant qui menace l'Assyrie et finit par prendre Ninive : Cyaxares (Houvachtara), successeur de Phraortès (Fravarti) et de Déjocès (Dayakkou). C'est durant cette période, vers le vne siècle, que se placerait, suivant la tradition, l'apparition de Zoroastre.
Période achéménide. Cyrus, au milieu du vie siècle, renversa la dynastie médique. Bien que d'origine élamite, il fit de la Perse propre le centre de son empire, et du persan l'une des langues officielles des domaines achéménides. La dynastie achéménide passe pour avoir favorisé les doctrines de Zoroastre. Ce qui est certain, c'est que Darius Ier, fils d'Hystaspe, inaugure son règne (521) par un massacre général des mages, coupables d'avoir soutenu l'usurpateur Gaumata (le faux Smerdis). Son inscription de Bisoutoun nous le montre adorant Auramazdâ « le plus grand des dieux », mais en compagnie de « tous les dieux ». Une inscription d'un des derniers Achéménides, Artaxerxès II Mnémon, nous apprend que, parmi ces autres divinités, le souverain distinguait Mitra et Anahita.
Période parthique. La conquête d'Alexandre rendit prépondérante jusqu'aux extémités de l'Iran l'influence hellénique. Dès le milieu du ine siècle cependant, les satrapes bactriens devinrent indépendants des Séleucides ; la civilisation indoue finit par prévaloir dans leur domaine. A leur imitation, Arsace souleva les Parthes. Il réussit à repousser, puis à éliminer complètement les Séleucides.
(1) J. de Morgan, Les premières civilisations, p. 265.