IV. IRANIENS ET PERSES
Jusqu'à la fin du Ier siècle de notre ère, les rois parthes aimaient à se parer du titre de philhellène, et le méritaient par leur attachement à la langue et à la culture grecques. A dater de ce moment l'hellénisme s'affaiblit; il céda le pas à l'iranisme. C'est sous la dynastie des Arsacides que le culte de Mithra prit un développement considérable, et fut exporté dans le monde gréco-romain. On sait quelle y fut sa fortune.
Les Sassanides. Ardachir, petit-fils de Sâsân, Persan de caste sacerdotale, triomphe des Parthes et renverse la dynastie arsacide (226). Il supprime la féodalité et centralise l'empire iranien en s'appuyant sur le clergé mazdéen (mages). Les quatre cent vingt-cinq ans que dura la dynastie sassanide (226-651) sont la période la plus brillante des sectateurs de l'Avesta. Les rois de Perse se firent les champions du culte du feu soit contre les chrétiens, qu'ils persécutèrent souvent, soit contre des hérétiques tels que Mânî (mis àmort parBahrâm Ier vers 274) ou des réformateurs turbulents tels que Mazdak (vers 530).
Période moderne. L'invasion musulmane vint ruiner le brillant établissement de la religion avestique. Le dernier sassanide, Yazdgerd III, fut battu en plusieurs rencontres et périt assassiné par trahison (651). Moins de cinquante ans après, la presque totalité de la population est convertie de gré ou de force à l'Islam. Conduits par leurs prêtres, un grand nombre de mazdéens se rendirent par mer au Goudjerate (nord-ouest de l'Hindoustan).
Leur centre principal est maintenant Bombay, qu'ils occupent depuis le xvie siècle. Dans la Perse proprement dite subsistent quelques milliers de sectateurs de Zoroastre. Le groupe le plus important réside à Yezd. On les appelle Guèbres (mot d'origine incertaine) ou Parsis (= Perses).
La religion des Iraniens porte différents noms suivant qu'on considère de préférence tel ou tel de ses aspects, telle ou telle période de son évolution historique. On l'appelle mazdéisme, du nom divin Ahura mazda; zoroastrisme, d'après son fondateur présumé ; magisme, d'après les « mages », ministres du feu; parsisme, parce que les parsis la professent. L'appellation qui semble la plus juste est :
religion de l'Avesta, parce que nous la connaissons presque exclusivement par son livre sacré, l'Avesta.
Le système religieux de l'Avesta
6. Description de l'Avesta. — Le mot « Avesta » appartient à la langue pehlvie. Il signifie : la loi. L'Avesta était à l'origine une véritable encyclopédie théologique, liturgique et juridique. D'après la tradition pehlvie, il se divisait en 21 recueils (dont chacun se nommait un Naska) groupés en trois séries : nasks gathiques, développement et commentaire des hymnes dits Gâthâs, nasks juridiques ; nous possédons l'un d'entre eux, le Vendidâd : nasks moins spécialisés. Il ne nous reste de cette collection que des fragments choisis pour une sorte de bréviaire, de paroissien ou de prayer-book. (Ces comparaisons, fournies par Darmesteter et Jackson, font bien comprendre les rapports entre l'Avesta actuel et l'Avesta primitif.) L'Avesta actuel se divise en deux parties inégales en importance et en étendue : l'Avesta propre et le Petit Avesta.
I. Grand Avesta. Il se divise en trois parties : 1° le Yasna (sacrifice) comprend les textes de vers et de prose chantés par les prêtres à l'ordinaire du service. Il est subdivisé en soixante-douze parties. C'est dans le Yasna que sont conservés les Gâthâs ou hymnes qui sont au nombre de six (cinq en vers et une en prose) ; ces textes rédigés en avestique archaïque sont les parties les plus anciennes de la collection. 2° Le Vispéred. « Il est au Yasna ce qu'est à l'ordinaire delà messe le Propre du Temps (1) ; » c'est un livre très court qui contient des invocations à tous les dieux. 3° Le Vendidâd contient vingt-deux chapitres ou « Fargards », et traite des matières juridiques les plus diverses. Son objet général est le bannissement de l'impureté sous toutes ses formes.