‹ Où en est l'histoire des religions? (volume 2)Chapitre 97 sur 239 · IV. IRANIENS ET PERSES · texte numérisé non relu

IV. IRANIENS ET PERSES

que yasna) Ce recueil est la collection des prières liturgiques consacrées aux yazatas (dieux inférieurs ou anges). 2° Le grand et le petit Sirôza (les trente jours) : brèves invocations en l'honneur des déités titulaires de chacun des jours du mois. 3° Menues prières et fragments liturgiques. L'exégèse de l'Avesta est facilitée par une abondante littérature pehlvie ou parsie dont les débuts remontent à l'époque des Sassanides. Les principaux de ces ouvrages sont le Minokhard, « intelligence divine », le Bûndâhish, le Nirangistan et le Dinkart. Ces livres représentent la tradition des dastûrs ou docteurs mazdéens, qui se sont succédé depuis le 111e siècle jusqu'à nos jours. C'est à un Français, Anquetil-Duperron, que revient l'honneur d'avoir fait connaître en Occident la littérature avestique. Sa traduction en trois volumes du « Zend-Avesta» (1771) a fait époque. Les esprits forts firent un accueil peu sympathique à la nouvelle publication. Voltaire écrivit dans le Dictionnaire philosophique (au mot Zoroastre) : « On ne peut lire deux pages de l'abominable fatras attribué à ce Zoroastre sans avoir pitié de la nature humaine. Nostradamus et le médecin des urines sont des gens raisonnables en comparaison de cet énergumène. » L'interprétation d'Anquetil était bien imparfaite; on ne saurait s'en étonner, car elle reposait uniquement sur les explications des docteurs parsis qu'il avait consultés au cours de son voyage dans les Indes; or ces docteurs ne connaissaient que médiocrement le zend et le pehlvi. Eugène Burnouf reprit avec une méthode excellente une partie des traductions de son prédécesseur. Spiegel, Justi, Windischmann et West marchèrent sur ses traces. Mais c'est un savant français, J. Darmesteter, qui, après de longues et patientes recherches, a réussi à donner de l'Avesta une traduction et une interprétation qui sont, dans leurs grandes lignes, définitives. Grâce à lui la description de la religion avestique n'est guère sujette à controverses importantes. Les dissentiments n'existent en somme, comme nous l'avons déj à indiqué, que lorsqu'on veut philosopher sur cette description, et décider si, parmi les documents avestiques, les plus anciens ont chance de remonter sous une forme ou sous une autre jusqu'à Zoroastre. Dans le présent ré-

sumé de la doctrine avestique, on l'expose telle qu'elle devait être à l'époque sassanide. Il se peut toutefois que quelques théories ou quelques rites annartiennent à un stade ultérieur de la tradition.

7. Les deux royaumes. — Si l'on voulait ramener toute la théorie avestique à un concept central, il faudrait probablement la synthétiser en l'idée de dualisme. C'est le conflit du bien et du mal, dans le domaine de la cosmologie, comme dans celui de la physiologie et delà morale qui a surtout retenu l'attention des docteurs et provoqué leurs réflexions religieuses. Ils l'imaginent sous les espèces de deux royaumes antagonistes : le royaume du bien et le royaume du mal. Au premier préside Ahura Mazda (Ormazd), au second Angra Mayniu (Ahriman). Ce dualisme, purement spirituel dans les parties les plus anciennes de l'Avesta, est conçu plus tard comme se reflétant dans la création, et dégénère ainsi en un dualisme physique.

8. Le royaume du bien. — 1° Ahura Mazda (Auramazda dans les inscriptions cunéiformes; Hormezd, Ormazd, dans les dialectes récents). Son nom signifie : « le Seigneur grandsage )). Ses attributs, tels qu'ils sont mentionnés dans FAvesta,le font concevoir comme un être purement spirituel. Il est le puissant, mais non, pour le moment, le Tout- Puissant, tant qu'il n'a pas triomphé de son antagoniste. Au point de vue moral, il est saint, pur et juste ; c'està-dire qu'il est indemne de tout contact avec ce qui est mauvais, impur, injuste dans le domaine moral, physique et juridique. Il est souvent qualifié de « créateur de toutes choses ». En fait il n'a créé que ce qui, dans le monde, est bon, pur, juste. Toutefois, l'homme, obligé à chaque instant de choisir entre le bien et le mal, est une créature d'Ormazd.

2° Les Ameshas Spentas. Ormazd est comme le Roi des Rois autour duquel se groupent des grands vassaux : les Ameshas Spentas, c'est-à-dire les « saints immortels ». Ils sont les chevaliers d'Ormazd, leur père et leur créateur, se pénètrent intimement l'un l'autre, jouissent de la vision du Paradis et sont secourables aux mortels pieux. Voici leurs noms : 1. Vohu Manô, « la bonne pensée», c'està-dire la pensée du créateur, la sagesse infaillible qui préside

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