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IV. IRANIENS ET PERSES

il en diffère essentiellement, du moins à ce qu'il semble. Il diffère en tout cas du système avestique au Ier siècle de notre ère, tel que se l'imagine la majorité des éranisants. On sait que Mithra figure avec Auramazdâ dans l'inscription d'Artaxerxès Mnémon que nous avons citée plus haut. Il y a pour compagne et dernier terme de la triade divine : Anahata (Anahita).

b) Anahita. Cette déesse que l'Avesta appelle Ardvi Sura Anahita, c'est-à-dire Ardvi la forte, sans tache, est le substitut réel de ce yazata collectif appelé Apô, « les eaux», ou Aban, auquel est consacré le5eYasht. C'est la déesse des eaux et de la fécondité. On la représente sous les traits d'une femme puissante et forte, aux mamelles gonflées, qui vainc les démons et rend heureux les fidèles. S'il faut en croire Strabon, son culte se célébrait sur les bords des cours d'eaux et des lacs; la prostitution sacrée en était une des manifestations ordinaires. Il paraît très probable que cette Anahita est une divinité bien connue du panthéon scientifique : Ishtar-Astarté.

c) Atar, « le Feu », est l'être pur et purifiant par excellence, il est dit fils d'Ahura Mazda, et nommé presque toujours le premier parmi les yazatas. La spéculation dogmatique postérieure distingue en lui cinq hypostases ou manifestations principales, soit qu'elle le considère comme le feu terrestre (Bahrâm en pehlvi), ou comme la chaleur vitale du corps de l'homme, ou comme le feu qui se cache dans les plantes et s'en dégage par frottement, ou comme la foudre, ou enfin comme le feu très saint qui brûle sans cesse devant le trône d'Ormazd.

d) Veretraghna, le vainqueur d'un démon Verethra qui serait apparenté au Vrtra védique et à l'Hercule arménien qui a nom Vahaken.

4° Les Fravashis (persan : farvar. Anquetil les appelle férouërs), sortes d'anges gardiens qui veillent sur les hommes et sur les collectivités humaines, avec mission d'écarter et de vaincre les mauvais génies. Le mazdéen doit un culte « à sa propre Fravashi, et à celle de tous les autres hommes, soit morts, soit vivants ou même à naître dans l'avenir (1).»

(1) Darmesteter, Le Zend Àvesta, n, p. 500.

9. Le royaume du mal. — Le royaume du mal est, nous l'avons dit, symétrique au royaume du bien. Il est, suivant la méthode avestique, conçu comme rigoureusement hiérarchisé. Mais nous connaissons moins bien ses divers éléments. Rien de plus naturel. L'Avesta, recueil d'hymnes et de prières, s'attache à louer Ormazd, les Ameshas Spentas ouïes Yazatas. Ce serait en quelque manière s'agréger au royaume d'Ahriman que de le décrire avec trop de détail, ou même de nommer trop fréquemment ses soldats et ses hôtes. Ce n'est donc que pour les conjurer par des invocations, des purifications ou des exorcismes qu'on sera amené à évoquer les puissances mauvaises. Aussi l'étude de ces êtres méchants est-elle, pour nous, plus difficile ; les classifications qu'on propose sont plus problématiques. C'est particulièrement le cas des sept archidémons queV. Henry croit pouvoir opposer aux sept Ameshas Spentas. Voici les données les plus assurées :

1° Ahriman (avestique : Angra-Mainyu, « le mauvais esprit ))). C'est un être abstrait, un principe, celui de l'insubordination et du mal. Par contraste avec lui, Ormazd est présenté dans la dogmatique comme Spenta Mainyu ou « esprit saint ». D'Ahriman provient toute la création mauvaise. Il préside à une armée de démons mâles et femelles, de sorciers et de sorcières, de mauvais génies.

2° Les daêvas (nom des dieux en védique) sont les soldats de l'armée du mal. On les appelle aussi drujes (ou drukhs), d'une racine védique et iranienne qui signifie ruse, tromperie, malice. Le mot est féminin, bien qu'ils soient aussi considérés comme mâles. Il est une druje par excellence qui habite chez les hommes pervers et impurs, et procrée avec eux des êtres mauvais. Il y a également la druje des cadavres : Nasu, qui est la mouche de la putréfaction, contre laquelle sont dirigés un grand nombre d'exorcismes funéraires.

3° Les yatûs sont des génies mauvais inférieurs, tantôt démons, tantôt sorciers humains ou encore semi-hommes et semi-animaux, sortes de loups garous.

4° Les pairikas, que la littérature a popularisées sous leur nom moderne de péris. Ce seraient, en théorie, des sortes de sirènes enchanteresses et séductrices. En réalité

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