‹ Où en est l'histoire des religions?Chapitre 10 sur 306 · XI. LA RELIGION D'iSRAEL · texte numérisé non relu

XI. LA RELIGION D'iSRAEL

autre, comme dans les rapports qu'avaient entre eux les membres d'une même tribu.

19. Il faut encore noter parmi les rites au caractère directement religieux : les purifications, au sujet desquelles on ne nous donne pas d'autres détails que le changement d'habits qui les accompagne (Gen., xxxv, 2) ; les vœux, dont les rites ne sont pas décrits (Gen., xxvin, 20) ; les bénédictions au caractère si sacré qu'elles produisent leurs effets même quand il y a erreur de personne (Gen., xxvn).

20. Le terrain sacré n'était pas alors aussi nettement séparé du profane qu'il l'est aujourd'hui. Et c'était encore un domaine très saint que celui du mariage et de la famille. On sait avec quel soin les patriarches se préoccupaient d'éviter tout mélange avec les peuplades au sein desquelles ils passaient (Gen., xxiv, 3 ; xxvin, 1). Abraham et Isaac ne veulent pour leurs fils que des Araméennes, leurs proches parentes. Des présents préludent aux démarches (Gen., xxiv, 22, 53); celles-ci se poursuivent entre le père du jeune homme, ses envoyés, ou le jeune homme lui-même (Gen., xxiv, 2 ; xxvin, 5) et le père de la fiancée (Gen., xxiv, 34-52; xxix, 15-30). Parfois le postulant doit payer de son travail et de son service la jeune fille qu'il convoite (Gen., xxix, 18, 20, 27, 30). Au surplus, l'usage fera que, malgré son choix, on lui donnera d'abord l'aînée et qu'on réclamera de lui un nouveau travail pour obtenir la cadette (Gen., xxix, 26). Personne n'ignore que la polygamie était pratiquée au temps des patriarches, avec la distinction des femmes de premier rang, des servantes et des concubines (Gen., xi, 31 ; xvi, 1, 2; xxv, 1, 6); en cas de stérilité, une femme de premier rang pouvait transmettre ses droits à une de ses servantes (Gen., xvi, 1,2; xxx, 3, 9). A ces dates reculées paraît aussi remonter ce droit du lévirat qui oblige le frère survivant à prendre la femme de son frère décédé sans enfants (Gen., xxxviii, 8, 9).

21. Lorsqu'un membre de la famille vient à mourir, les survivants accomplissent pour lui les rites du deuil; il est fait allusion plus d'une fois à cet usage, mais sans que l'on insiste sur les détails ; on parle seulement des lamentations que font entendre les fils de Jacob, lorsqu'ils ramènent son corps de l'Egypte, et de la durée

de sept jours pour les rites funèbres qu'ils accomplissent à Atad Misraïm (Gen., l, 10, 11) ; on parle aussi des vêtements dont la veuve se revêt (Gen., xxxvm, 14, 19).

. 22. Sur le point d'expirer, le patriarche a un vif désir : que son corps soit inhumé — car l'inhumation est d'usage dès cette date — dans les sépulcres de ses pères. Abraham a acheté un tombeau de famille à Macpélah (Gen., xxin, 17-20) ; l'un après l'autre, ses descendants veulent y être ensevelis (Gen., xxxv, 27-29 ; xlix, 29-32; l, 13). Une stèle — telle celle du tombeau de Rachel (Gen., xxxv, 20) — désignait les sépultures isolées les plus célèbres.

23. Mais si peu qu'en dise la Genèse à ce sujet, on ne saurait douter que le sépulcre ne fût pas le séjour unique du défunt. On l'a fait remarquer depuis longtemps — et les comparaisons que suggère la connaissance des religions sémitiques ne peuvent que corroborer cette réflexion : lorsque le patriarche demandait qu'après qu'il aurait été réuni à ses pères (Gen., xxv, 8, 17; xxxv, 29; xlix, 29, 33), on transportât son corps dans le tombeau de famille, il avait conscience qu'en dehors du lieu où allait reposer sa dépouille, il y avait une autre demeure qui était le rendezvous de la part la plus vivante de son être.

24. A une date où il n'y avait pas de droit écrit, la loi morale s'exprimait surtout par la coutume. Le champ en est des plus vastes et dos plus variés; elle veut par exemple que l'on donne l'aînée en mariage avant la cadette (Gen., xxix, 26) ; elle condamne le procédé par lequel Abraham a trompé Abimélék sur la qualité de Sara (Gen., xx, 9) ; elle condamne le viol de Dinah par Sichem (Gen., xxxiv, 7). Gomme on le voit, la distinction est loin d'être établie entre la loi naturelle et la loi positive. Au surplus, les points de morale auxquels il est fait allusion dans la Genèse sont assez peu nombreux. La loi de la vengeance du sang, dont il est question au sujet de Caïn et de Lamech (Gen., iv, 15, 24) et dans les préceptes dits noachiques (Gen., ix. 5,6), était sûrement en vigueur au temps des patriarches; on en pourrait peut-être voir une extension, secondaire il est vrai, dans les représailles que Siméon etLévi tirent, au détriment des Sichémites, de l'atteinte portée à l'honneur de Dinah (Gen., xxxiv). C'est surtout au sujet de

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