‹ Où en est l'histoire des religions?Chapitre 9 sur 306 · XI. LA RELIGION D'iSRAEL · texte numérisé non relu

XI. LA RELIGION D'iSRAEL

L'usage de le pratiquer avec un silex taillé (Ex., iv, 25 ; Jos., v, 2) nous reporte aux temps de la préhistoire ; sa large diffusion dans le monde sémitique, chez les Édomites, les Moabites, les fils d'Ammon, les Arabes, sans compter les Égyptiens (Jer., ix. 25), témoigne aussi qu'il est antérieur à la constitution de la famille israélite. Il est indubitable, conformément au récit sacerdotal de la vengeance exercée par les Hébreux contre les Sichémites (Gen., xxxiv, 13, 14), qu'au temps des patriarches, la circoncision était regardée comme le signe nécessaire de la participation à la vie de la tribu. Le même document la présente comme la marque de l'alliance de Dieu avec son peuple (Gen., xvn, 10, 14, 23-27 ; xxi, 4); d'ailleurs, en en mettant l'institution en connexion avec la personne du père des croyants, ce récit suppose que le rite n'était pas en vigueur chez les Sémites des régions euphratéennes. La circoncision des mâles était obligatoire non seulement pour les membres de la famille proprement dite, mais encore pour les esclaves (Gen., xvn, 12) et pour tous ceux qui, plus ou moins étroitement, se rattachaient à la maison. Un trait de l'histoire de Moïse montre que cette opération était spécialement nécessaire en vue du mariage (Exod., iv, 24- 26) ; mais le Code sacerdotal prescrit de la pratiquer sur les enfants, huit jours après leur naissance (Gen., xvn, 12). Quant aux origines de ce rite, on admet communément aujourd'hui qu'elles ne sont pas à chercher dans des raisons d'hygiène. L'effusion du sang et le membre choisi pour la produire indiquent assez nettement la signification fondamentale de cette coutume. Ce qu'elle marque avant tout, c'est bien l'appartenance à la tribu, au sang de la famille ; elle ne peut guère signifier autre chose chez les enfants. Pratiquée sur l'adolescent, au moment de la puberté, elle prend un sens plus précis : c'est la marque de l'initiation à la vie de la tribu, et, d'une façon plus particulière, de la préparation et de l'aptitude au mariage. Comme d'ailleurs la famille patriarcale n'a son caractère propre qu'à raison des liens qui la rattachent à son Dieu, on conçoit fort bien que, dans certains documents, la circoncision soit présentée comme le signe de l'alliance de Dieu avec la race qu'il a choisie.

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17. On n'hésite pas non plus à faire remonter jusqu'à ces lointaines origines la cérémonie de l'alliance ou du berit. Elle prend place fréquemment entre les hommes, entre Abraham et Abimélék (Gen., xxi, 22-32), par exemple, ou entre Jacob et Laban (Gen., xxxi, 43-54) ; elle peut aussi intervenir entre Dieu et ses fidèles, comme il arrive entre Yahweh et Abraham (Gen., xv. xvn). Divers rites l'accompagnent. L'offrande de présents faite par Abraham au roi de Gérar (Gen., xxi, 27-30) peut n'avoir encore qu'un caractère assez profane. Dans l'alliance entre Jacob et Laban, Dieu, figuré en quelque manière par la pierre sacrée, est appelé en témoignage des engagements réciproques et de la fidélité à les observer (Gen., xxxi, 52): un sacrifice et un repas en commun consacrent les promesses (Gen., xxxi, 54). La forme la plus solennelle de l'alliance se reconnaîtra à un sacrifice de forme très particulière auquel se rattachent probablement et l'étymologie du mot b'rît (de bàràh, couper en morceaux) et la locution qui désigne la conclusion d'une alliance (kàrat bl'rît, mot à mot, couper une alliance). Les principales des victimes que nous avons énumérées plus haut sont partagées en deux ; chaque moitié est disposée en face de l'autre, mais en est séparée par une allée dans laquelle s'avancent les deux contractants (Gen., xv, 9, 10 ; Jer.. xxxiv, 18). C'est ainsi que, lors de la conclusion de son alliance avec Dieu, Abraham le voit en songe, qui passe, sous forme d'un four fumant et d'un brandon de feu. entre les pièces des animaux immolés (Gen., xv, 17).

18. Les transactions de toute nature sont souvent accompagnées de serments. Abraham fait jurer à son intendant qu'il ne mariera pas Isaac avec une Cananéenne (Gen., xxiv, 2-9) ; Abraham et Isaac confirment par des serments leur alliance avec le roi de Gérar (Gen.. xxi, 22-24 ; 31 ; xxvi, 26-31). Un serment accompagne pareillement la vente du droit d'aînesse faite par Ésatià Jacob (Gen., xxv, 32,33); ce dernier fait jurer à Joseph qu'il ne l'enterrera pas en Egypte (Gen., xlvii, 28-31). On comprend toute l'importance d'une telle consécration : à une date où il n'y avait pas de loi écrite, le serment devenait aisément le principal lien d'obligation dans les relations d'un clan avec un

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