‹ Où en est l'histoire des religions?Chapitre 14 sur 306 · XI. LA RELIGION d'iSRAEL · texte numérisé non relu

XI. LA RELIGION d'iSRAEL

de ce nom ? Beaucoup d'hypothèses ont été émises à ce sujet, les unes ayant tendance à chercher à ce nom une origin e dans les religions étrangères, les autres s'efforçant d'en pénétrer le sens en l'analysant comme une forme verbale proprement hébraïque. C'est parmi ces dernières hypothèses qu'a plus de chances de se trouver la vérité. Nous sommes vraisemblablement en présence d'une forme se rattachant au vieux verbe hébreu hàwàh, être. Le mot Yahweh (dont l'orthographe plus précise serait, d'après les principes de la vocalisation massorétique, Yahawéh) se présente comme un imparfait, renfermant sans doute l'idée de continuité dans l'état ou dans l'acte. Mais l'on peut hésiter entre deux imparfaits ; l'imparfait de la forme simple, et alors le nom divin désignerait, selon la traduction de la Vulgatc, Celui qui est, qui existe, avec une pleine continuité, depuis les origines et pour les âges éternels ; l'imparfait de la forme causative, et alors le nom divin désignerait Celui qui fait être, c'est-à-dire la cause des êtres et des phénomènes qui prennent place dans le monde, la cause qui les produit et, par la continuité de son action, les maintient dans l'être et la vie. Il faut sans doute noter que, moins l'on mettra de métaphysique dans l'une ou l'autre de ces significations, et plus on se rapprochera du sens que la révélation de l'Horeb reArêtit dans l'esprit des enfants d'Israël.

30. La manifestation du nom divin se présente comme destinée à accréditer la mission de Moïse auprès du peuple choisi. Grande et sublime mission ! Au témoignage des divers documents de l'Exode, Yahweh a été ému par le spectacle de la souffrance des Hébreux (Ex., m, 7, 9; vi,

époque assez tardive, on cessa, par un motif de respect, de prononcer le nom divin dans la lecture publique des Livres saints. On lui substituait répithète\,ddrta?/, le Seigneur. Pour indiquer cette lecture, les Massorètes mirent autour des quatre consonnes du nom divin les voyelles du mot Adonay. C'est seulement à partir du xvie siècle qu'en amalgamant des consonnes et des voyelles qui n'étaient pas faites pour être réunies, on a obtenu le terme sonore de Jéhovah. La prononciation Yahweh paraît suffisamment établie par l'étymologie et les anciennes transcriptions.

5-7). Ici encore, au moins d'après le Code sacerdotal, la loi de continuité se manifeste : Yahweh se souvient qu'il a promis une patrie aux ancêtres, qu'il a juré aux patriarches de leur donner en héritage cette terre de Canaan au sein de laquelle ils erraient comme des étrangers (Ex., vi, 4, 8). Aussi veut-il délivrer les enfants d'Israël du joug sous lequel ils gémissent, et les faire monter au pays de Canaan, au pays des Héthéens, des Amorrhéens, des Phérézéens, des Jébuséens, dans une terre fertile et spacieuse, où coulent le lait et le miel (Ex., ni, 8, 7). Ainsi, dès le premier moment, à l'heure la plus solennelle et la plus décisive de l'histoire d'Israël, son Dieu prend, par la nature même de ses interventions, un nom et un titre qu'il gardera à jamais; dès l'origine et pour toute la suite des temps, Yahweh apparaît comme le Dieu qui sauve et qui délivre.

31. La mission de Moïse rencontra, on le sait, beaucoup de difficultés ; mais à main forte (Ex., vi, 1) et à bras étendu (Ex., vi, 6), Dieu soutint son envoyé. Moïse multiplia les prodiges et, quand de tous il eut réalisé le plus grand et le plus terrible (Ex., xi, xn), Israël put quitter la maison de servitude. Le souvenir de cette intervention de Yahweh marqua une empreinte ineffaçable au cœur de son peuple : la sortie d'Egypte demeura à jamais le thème de ses louanges et de ses actions de grâces (Is., x, 24, 26 ; xi, 16 ; Jer., xvi, 14, 15; xxm, 7, 8, ; Ps. lxxvii, cv, cvi, cxiv, etc.). Lorsque, après le passage de la Mer Rouge, Israël eut à se mesurer avec les tribus pillardes d'Amalec, il sentit que Yahweh marchait à sa tête pour lui assurer la victoire (Ex., xvn, 8-16); dès lors et toutes les fois que ses troupes se mirent en marche pour repousser l'adversaire, il n'hésita pas à admettre que c'était son Dieu lui-même qui les conduisait à la bataille (1).

32. C'est dominé par ces impressions très vives que, descendant vers le Sud de la péninsule qui sépare l'Afrique de l'Asie, Israël arriva au Sinaï. Le document yahwiste et l'élohiste nous ont conservé chacun leur part des détails

(1) C'est alors que les Israélites élevèrent un autel à Yahweh Nissi ( Yafuveh est mon étendard).

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