‹ Où en est l'histoire des religions?Chapitre 17 sur 306 · XI. LA RELIGION D'iSRAEL · texte numérisé non relu

XI. LA RELIGION D'iSRAEL

sance l'ancienne population du pays (1), mettant en déroute les derniers ennemis du dehors (2), le dotant enfin d'une capitale (II Sam., v, 6-9), rende sensible à Israël qu'il est un peuple comme les autres et le lance à la poursuite de ses destinées. On peut dire que la nation israélite ne date à proprement parler que de la fondation de la royauté en la personne de Saùl (vers 1020), ou mieux encore de la fondation de la dynastie davidique (vers 1000).

45. On sait que les tribus ne devaient pas être longtemps réunies sous un même souverain. Les tendances à la scission se manifestèrent dès l'époque de David (II Sam., ii, m, iv) ; elles aboutirent après la mort de Salomon (935) et grâce à la maladresse de son successeur (I Reg., xn, 1-19). II y eut désormais, au lieu d'un empire qui pouvait devenir très important, deux petites nations vouées à l'impuissance. Au Nord se forma le royaume qui garda le nom d'Israël ; il réunit dix des tribus. Après les premières difficultés de l'organisation, il arriva, au commencement du ixe siècle, à un haut degré de prospérité et sut s'y maintenir près de cent cinquante ans; puis une série de changements de dynasties le précipita vers la ruine que les Assyriens consommèrent en 722 (II Reg., xvn). Pendant ce temps, Jérusalem restait Je chef-lieu du royaume du Sud, formé des deux tribus de Juda et de Benjamin (I Reg., xii, 20, 21). Les débuts furent pénibles; la situation s'améliora lorsque les rois de Juda consentirent à s'allier avec ceux d'Israël ; mais la période la plus glorieuse fut celle qui suivit la prise de Samarie. Juda ne devait disparaître qu'en 586, sous les coups des Chaldéens de Nabuchodonosor (II Reg., xxv).

46. Parmi les sources qui peuvent nous servir à reconstituer l'histoire de cette période, il faut encore mentionner les documents de l'Hexateuque. Souvent en effet, ils parlent de la situation qui sera faite aux enfants d'Israël après leur entrée en Canaan ; d'autre part,

(1) Elle ne fut véritablement réduite qu'avec la prise de Jérusalem.

(2) Saul eut encore à lutter contre les Ammonites (I Sam., xi) et les Amalécites (I Sam., xv) ; quant aux Philistins, ils ne furent réduits quedu temps de David (I Sam., xiv, xvn; II Sam., v, 17-25)

dans la mesure où Ton peut établir que telle législation était en vigueur à une époque donnée, on peut s'en servir pour retracer la physionomie religieuse et morale de cette période. Après l'Hexateuque, il faut mentionner les autres livres historiques, Juges, Samuel, Rois, Chroniques ; ils ont ceci de commun avec lui qu'ils sont composés d'après les mêmes procédés et utilisent de la même manière des documents plus ou moins facilement reconnaissables (1).

47. Enfin, grâce aux jugements qu'ils portent sur la société qui les entoure, les prophètes du vme siècle, Amos et Osée en Israël, Isaïe et Michée en Juda, nous permettent, en nous faisant connaître le terme auquel il a abouti, de mieux comprendre le développement religieux des âges antérieurs.

(1) A la base des livres des Juges et de Samuel sont deux documents de peu de temps postérieurs aux événements qu'ils racontent, remontant peut-être au temps de David pour ce qui concerne la période des Juges, au ixe siècle ou à la fin du xe pour ce qui regarde les origines delà royauté. De bonne heure, ces documents ont été fondus, par de premiers rédacteurs, en une histoire plus suivie de chaque période. Après la découverte du Deutéronome et avant la fin du vne siècle, de nouveaux rédacteurs ont repris ce travail et interprété l'histoire ancienne d'après les principes posés dans le Code nouvellement divulgué. Des « rédacteurs deutéronomistes » ont peut-être été les premiers à mettre en œuvre les documents qui sont à la base des livres des Rois: ceux qui sont explicitement mentionnés, les Actes de Salomon (I Reg., xi, 41) les Annales des Rois d'Israël {I Reg.,xiv, 19; xv, 31; xvi, 5, 14, 27; xxn,39, etc.), et les Annales des Rois de Juda (I Reg., xiv, 29; xv, 7, 23; xxu, 46, etc.) ; ceux qui, sans être désignés, se laissent aisément découvrir, comme les biographies des prophètes. Naturellement la rédaction du livre des Rois n'a pu être achevée en 600; elle a été complétée dans la suite par un récit des événements postérieurs à cette date. L'on admet généralement qu'avant de prendre la place qu'ils occupent dans le canon des Écritures inspirées, tous ces livres ont été, de la part d'un rédacteur, contemporain d'Esdras, ou au moins postexilien, l'objet de quelques revisions et remaniements qui leur ont donné leur forme actuelle. Vers la fin du ive siècle, l'histoire d'Israël a été reprise, à 'un point de vue très particulier, par l'auteur des Chroniques ou Paraît pomènes; il a complètement négligé le royaume, schismatique, et il témoigne d'un intérêt unique pour ce qui concerne le culte.

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