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XIV. LES DIVERS SCHISMES D'ORIENT

rapports avec eux. En 1288, on vit arriver à Rome un envoyé du patriarche Jabalaha III, le moine Rabban Çauma ; mais ces premières démarches n'eurent guère de suite. On ne peut signaler alors que quelques conversions isolées. La réunion qui suivit le concile de Florence fut aussi éphémère que le retour des Grecs et celui des Arméniens. Au xvie et au xvne siècle, diverses réconciliations eurent lieu, et Ton rétablit une hiérarchie catholique ; mais certains convertis retombèrent dans le schisme, et ces mouvements en sens divers produisirent une étrange confusion : il y eut à la fois, à certains moments, deux catholicos unis et, à d'autres, deux catholicos nestoriens. Aujourd'hui les nestoriens, au nombre de 150.000 environ, reconnaissent pour leur pasteur suprême le patriarche qui réside à Kotchannès (1). Nous verrons plus loin (§ 25) ce que sont devenus les convertis qui persévérèrent.

17. C'est un moine de Constantinople, Eutychès, qui, dans son opposition acharnée à Nestorius, était allé jusqu'à l'excès contraire et avait créé le monophysisme hérétique, celui qui fut condamné à Ghalcédoine en 451. Ce sont des moines surtout, des Égyptiens dévoués au patriarche Dioscore, ou des Palestiniens groupés autour du fanatique Théodose, qui mènent la campagne anti-chalcédonienne : ce concile a bien renouvelé les condamnations antérieures contre Nestorius, mais il a réhabilité des amis de Nestorius, Ibas et Théodoret ; ce concile, de plus, a définitivement consacré l'élévation du siège de Constantinople au-dessus de ceux d'Antioche et d'Alexandrie, de fondation apos tolique et d'une antiquité plus vénérable. N'y a-t-il pas là des motifs, d'ordre différent sans doute, de mécontentement et de révolte ? Comme toujours, l'amour-propro national blessé, celui des Syriens et celui des Égyptiens trouve pour s'exprimer des griefs théologiques.

Juvénal, patriarche de Jérusalem, est chassé, grâce à une émeute que soutient secrètement la veuve de Théodose II, l'impératrice Eudoxie retirée dans la ville sainte;

(1) Les nestoriens sont les seuls, parmi les Orientaux, qui autorisent le mariage des prêtres après leur ordination ; pendant longtemps même, ils ont autorisé celui des évêques, y compris le catholicos.

on le remplace par le moine Théodose. A Antioche, le patriarche légitime est obligé à plusieurs reprises de céder la place au monophysite (1) Pierre le Foulon. L'épiscopat se divise : ce sont des troubles continuels que YHênotique de Zenon n'arrive pas à apaiser. Bien au contraire, cette ordonnance impériale, au lieu de satisfaire les monophysites, ne fait que les exciter à demander davantage. L'empereur Anastase, successeur de Zenon, les favorise et impose à Antioche, comme patriarche officiel, le monophysite Sévère (512).

Quand Justin Ier et Justinien veulent restaurer l'orthodoxie dans l'empire, ils se heurtent aune vive opposition. Les empereurs ont beau exiler ou emprisonner les évêques récalcitrants, les moines tiennent bon. Grâce au concours de. ces évêques chassés de leurs sièges, ils font sacrer l'un d'eux, Jacques Baradaï, qui reçoit le titre d'évêque d'Édesse. Jacques Baradaï, par des prodiges d'adresse et d'activité, réussit à dépister les agents impériaux et, après avoir bien préparé le terrain dans les régions voisines de l'Euphrate, va demander au patriarche d'Alexandrie Théodose, alors relégué à Constantinople, des lettres de recommandation qui lui permettent de faire sacrer en Egypte deux de ses confrères ; puis les trois évêques reviennent sur l'Euphrate, consacrent à leur tour un certain nombre de prélats et élisent un patriarche du nom de Serge. L'Église dite jcieobite était constituée : à la différence des hiérarchies nestorienne et arménienne, qui n'étaient, l'une dans la Perse et l'autre en Arménie, que la hiérarchie antérieure continuée sans interruption ni opposition, tout en se séparant du reste de l'Église, la hiérarchie jacobite s'établissait en concurrence devant la hiérarchie officielle, dès lors appelée melkite. Son patriarche prenait le titre de patriarche d' Antioche ; en Perse, où elle s'introduisit quelque temps après, elle se donna aussi un catholicos spécial.

Il est à remarquer que l'Église jacobite naquit en 543,

(1) Mais non pas eutychéen : on sait que Dioscore et ses partisans avaient atténué les formules d'Eutychès et prétendaient n'avoir •d'autres opinions que celles de saint Cyrille.

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