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XV. l'église LATINE DU IVe AU XVe SIÈCLE

vances de l'État ou des municipalités pour le service du €ulte. Cette mesure donna le coup fatal aux grands collèges romains, pontifes, vestales, quindécemvirs et autres.

Il semble qu'après lui il ne restât plus grand chose à faire dans cet ordre d'idées. Théodose enchérit cependant encore sur Gratien. Sa déclaration De fide catholica forme un des instruments législatifs les plus importants que les annales du christianisme aient enregistrés. La volonté de l'empereur, y est-il dit en substance, est que toutes les nations et tous les peuples de l'Empire suivent la religion que « l'apôtre Pierre a introduite à Rome et que professent le pape Damase et l'évêque d'Alexandrie. » Ceux-là seuls sont autorisés à se dire catholiques qui embrassent la foi de Nicée ; quant aux autres, ils doivent être marqués du titre infamant d'hérétiques et ils n'auront pas le droit d'appeler leurs assemblées des églises. Ce qui les attend c'est la vengeance divine ou même les châtiments de l'autorité impériale, qui représente ici-bas la volonté du ciel. Cet édit fut suivi d'autres décrets visant soit l'hérésie soit le paganisme agonisant. Les sacrifices, surtout les sacrifices nocturnes furent de nouveau interdits. En 391, Théodose prohiba pareillement l'entrée dans les temples. On devine le sort qui attendait ces monuments. En maints endroits ils furent détruits. Le fameux Sérapéum d'Alexandrie disparut ainsi, à la suite d'une émeute. L'idée aurait pu venir de transformer les temples en églises. On ne s'y décida qu'en peu de villes. A Rome, par exemple, où le culte païen et le culte chrétien fonctionnèrent côte à côte pendant tout le ive siècle, les fidèles du Christ possédaient assez d'édifices sacrés sans réclamer ou même sans envier les temples. Ce ne fut pas avant le vne siècle qu'on les vit s'en approprier un et le changer en église : la transformation du Panthéon, vers 612, est le plus ancien fait de ce genre qui se puisse constater.

Malgré tout, le paganisme avait encore ses dévots au ve et^au vie siècle. Justinien devait lui porter les derniers coups. En 531, il promulgua un édit obligeant tous les païens à recevoir le baptême sous peine d'exil et de confiscation de leurs biens. On eut alors le spectacle de conversions en masse assez mal préparées. Ainsi, à Constan-

tinople, Fempereur fit assembler tous les païens de la cité dans une église où une instruction sommaire et le baptême leur furent administrés. L/évêque Jean qui accomplit cette cérémonie se rendit ensuite en Asie-Mineure et y baptisa de même soixante-dix mille convertis.

4. Les schismatiques et les hérétiques occupèrent également durant deux siècles l'attention et le zèle des successeurs de Constantin. Les donatistes que la justice du premier empereur chrétien n'avait fait qu'irriter, triomphèrent un moment sous Julien et se livrèrent pendant quelques années, sans crainte de répression, à leurs violences accoutumées. Les catholiques auraient vivement souhaité de trouver un terrain de conciliation et firent même des avances à leurs adversaires. Ils proposèrent de recevoir dans leur communion les prêtres et les évêques qui revenaient à l'Église avec leurs paroisses. Augustin, devenu évêque d'Hippone en 395, était partisan de cette mesure, que préconisèrent les conciles africains de 396 et de 401. Mais les donatistes se révoltaient à la pensée d'entrer en pourparlers. « Il serait honteux pour les fils des martyrs de s'assembler avec la race des traditeurs, répondait Primien, évêque de Carthage. On brandit eontre nous des lettres impériales ; nous, nous n'avons que les Évangiles. La vraie Église c'est celle qui souffre persécution, non celle qui persécute. » Ils n'avaient pas changé depuis Donat, pas même de style, remarque un historien. Ils ne se privaient pourtant pas des violences qu'ils reprochaient aux autres. A vrai dire, ils accablaient d'outrages et de coups les catholiques, surtout en Numidie. Une de leurs victimes, l'évêque de Bagaï, alla droit à la cour montrer ses blessures. Il ne fut pas le seul : d'autres que lui se lassaient d'être assommés sous prétexte de tolérance. L'impression produite sur l'empereur fut profonde et définitive. On envoya aussitôt en Afrique une loi prescrivant de supprimer la secte donatiste, d'exiler ses évêques et leurs auxiliaires ; cela impliquait la fermeture des églises dissidentes et leur remise au clergé catholique. C'était l'union imposée en vertu de la force. Le décret paraît avoir été appliqué sans trop de difficulté à Carthage. Mais en bien des endroits il se produisit des-

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