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XV. l'église LATINE DU IVe AU XVe SIÈCLE

au milieu d'une bataille contre les Alamans il se tourna « vers le Dieu de Clotilde », lui promettant de se faire baptiser s'il remportait la victoire. Vainqueur il tint sa promesse. Saint Rémi, évêque de Reims, n'eut que le temps de l'initier à la doctrine chrétienne et lui conféra le baptême le jour de Noël 496. Trois mille guerriers francs suivirent l'exemple de leur chef. Autant dire que la tribu entière s'engageait à devenir catholique. Saint Avit, évêque de Vienne, écrivait à Clovis : « Votre foi, c'est notre victoire à tous ... L'Orient ne sera plus seul désormais à avoir un empereur qui partage notre foi. »

18. On vit bientôt en effet quelle était la mission providentielle des nouveaux convertis. Leur premier effort se tourna contre les hétérodoxes. Les Visigoths, qui avaient pendant tout le cours du ve siècle violenté les catholiques dans la Gaule méridionale, battus à Vouillé par les troupes de Clovis et voués à l'exécration générale, durent chercher un refuge en Espagne. Le royaume des Burgondes, à l'est de la Gaule, disparut de même dès la première moitié du vie siècle, sous la poussée de la nation franque. A la vérité tous les successeurs de Clovis ne rendirent pas à l'Église les services qu'elle était en droit d'attendre d'eux. Même un Charles Martel, qui la débarrassa pour un temps des Sarrasins, ne respecta pas toujours les droits du pouvoir spirituel. Il était réservé à Pépin et à Charlemagne de bien marquer quelles étaient les limites des deux pouvoirs. Charlemagne a défini lui-même sa mission religieuse. « Mon rôle, écrivait-il au pape Léon III, est, avec le secours de la bonté divine, de défendre la sainte Église du Christ contre les attaques des infidèles au dehors, et de la soutenir au dedans par la profession de foi catholique.» C'est à la lumière de ce principe qu'il faut juger la politique du fondateur de l'Empire d'Occident. Que, dans la pratiqua il ait parfois empiété sur le domaine spirituel, il est difficile de le contester. Mais il faut reconnaître également que toujours il entendit mettre sa puissance au service de l'Église : ses Capitulaires en témoignent.

19. Les Ostrogoths d'Italie, qui succédèrent aux Hérules, semblèrent d'abord pouvoir vivre pacifiquement côte à

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côte avec les catholiques. Le roi Théodoric, au dire de Cassiodore, se serait fait scrupule de s'ingérer dans les questions religieuses : religioni imperare non possumus quianemo cogitur ut credat invitus. Ses ministres, Cassiodore et Boèce, l'entretenaient sans doute dans ces sentiments. Mais la politique de l'empereur Justin de Constantinople à l'égard des ariens le fit changer de système. Justin persécutait les ariens ; par manière de représailles, Théodoric s'en prit aux catholiques de son royaume. Il est triste de penser que, parmi ses victimes, il faille compter Boèce et le sénateur Symmaque. Le pape Jean, qui était intervenu auprès de Justin avec une mission de paix et de conciliation, n'ayant pu obtenir tout ce que réclamait Théodoric, fut également maltraité et périt en prison à Ravenne. Un édit de persécution devait clore ces mesures de violence. Mais Théodoric mourut le 30 août 526, sans avoir pu l'appliquer. Son royaume même allait bientôt disparaître pour faire place aux Lombards.

20. L'invasion des Lombards fut des plus terrifiantes. Le mariage de l'un de leurs princes, Autharis, avec Théodelinde, Bavaroise d'origine et catholique de religion, exerça sur leurs destinées une heureuse influence. C'est à la reine Théodelinde que l'Église doit la construction de nombreuses basiliques, entre autres, de Saint-Jean- Baptiste de Monza, où devait être placée la couronne de fer des rois lombards. Elle lui doit aussi la fondation du célèbre monastère de Bobbio, où saint Colomban vint finir ses jours. L'avènement de son neveu Aripert, en 653, marque l'arrivée au pouvoir d'une branche catholique, qui mit fin à l'arianisme et rétablit l'unité de foi en Italie. La royauté lombarde aurait pu durer de longs siècles si elle avait su borner ses désirs. Mais les desseins qu'elle nourrissait contre Rome lui aliénèrent la papauté, qui chercha un appui auprès des princes francs. Pépin et Charlemagne lui donnèrent le coup de grâce.

21. Nous ne nous attarderons pas à raconter les ravages que les Vandales exercèrent en Afrique. Si leur roi Hunéric traita cruellement les catholiques, ses successeurs, à l'exception de Trasimond (496-523), se montrèrent beaucoup plus équitables. Ils n'eurent pas le temps d'établir un

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