XI. LA RELIGION D'iSRAEL
ix ; cf. surtout vers. 27), sont étrangers à îa famille de Lévi et même à la race d'Israël.
67. Les prêtres, nous l'avons dit, sont avant tout les ministres du sacrifice. Dieu a mis toute la création au service de l'homme; il n'en reste pas moins l'auteur et, par suite, le vrai propriétaire de tout ce que l'homme peut utiliser. C'est pour reconnaître ce souverain domaine, c'est en même temps pour acquérir le droit d'usage, que l'Israélite offre à Dieu les prémices de tout ce qui, dans la vie nomade et dans la vie sédentaire, est pour lui d'un besoin journalier. Il s'en tient parfois à de simples offrandes. Les plus célèbres sont : celle des douze pains de présence ou de proposition, que l'on trouve en vigueur au sanctuaire de Nob (I Sam., xxi, 4-6) aussi bien qu'à Jérusalem (I Reg., vu, 48; II Chron., iv, 19); celle des premiers fruits du sol (Ex., xxn, 29; xxxiv, 26), des premiers grains, des premiers raisins arrivés à maturité, offrande qui paraît en rapport étroit avec certaines dîmes (Deut., xiv, 22-27); celle du premier-né de l'homme qui doit être racheté (Ex., xiii, 2, 12. 13 ; xxn, 29 ; xxxiv, 19, 20); celle du premier-né de l'âne qui, lui aussi, peut être sauvé (Ex., xiii, 12, 13; xxxiv, 19, 20). Mais bien plus souvent l'offrande est complétée par le sacrifice, minhàh (I Sam., ii, 17 ; xxvi, 19). Celui-ci a pour éléments essentiels l'immolation de la victime et sa destruction; c'est au fond une offrande plus complète et plus définitive que les autres. Dans les sacrifices, zéba/j (I Sam., n, 13, 29 ; m, 14; vi, 15), d'animaux, bœufs et moutons, le sang est répandu sur l'autel ou tout auprès (Ex., xxiv, 6; xxix, 12; Deut., xn, 27; II Reg., xvi, 13, 15), et ainsi s'affirme plus explicitement le don de la vie à Dieu; ainsi, d'autre part, se resserre l'alliance consacrée jadis parle sang. De ces sacrifices sanglants, le plus fréquent est celui qu'on appelle pacifique, sêlém (Ex., xx, 24; xxxn,6); on l'offre dans les fêtes traditionnelles (cf. Lev., xxm) et pour les joies imprévues de la nation ou des individus (I Sam., x, 8; xi, 15 ; xiv, 32-34), dans les fêtes que chaque famille (I Sam., i, 3, 7, 21 ; xx, 6) ou chaque particulier veulent sanctifier par la religion, dans les vœux (Deut., xn, 6, 7) qu'ils veulent accomplir, et dans les sacrifices spontanés, nedàbôt
(ibid.). En plus du sang répandu, une autre part de la victime est offerte à Dieu ; on la brûle sur l'autel (Ex., xxm, 18; I Sam., n, 15, 16) Le reste est consommé au Temple dans un repas de famille (I Sam., i, 4, 8; rx, 12, 13, 18-24; xi, 15 ); le fidèle se met ainsi à la table de son Dieu pour manger les mets consacrés. Ce renouveau de l'union avec Yahweh entraîne le renouveau des liens qui rattachent l'Israélite à l'unité nationale tout entière. Parfois, et pour mettre davantage en relief l'idée •du don et la reconnaissance du souverain domaine, la victime est totalement brûlée ; c'est l'holocauste 'ôlàh, qui souvent accompagne le sacrifice pacifique (I Sam., vi, 14, 15 ; II Sam., vi, 17-19; I Reg., vin, 62-64), et qui est offert seul en des circonstances douloureuses ou difficiles {Jud., vi, 20, 21 ; xm, 23 ; I Sam., vu, 9). Les épisodes du vœu de Jephté (Jud., xi, 31), du sacrifice de Hiel de Béthel (I Reg., xvi, 34 ; cf. Mi., vi, 7), témoignent que, jusqu'au ixe siècle, on ne reculait pas encore, pour des cas extrêmes, devant des sacrifices humains. Holocaustes et sacrifices pacifiques avaient pour complément ordinaire des sacrifices non sanglants et des libations. Le mot minhàh (cf. Ex., xxx, 9; xl, 29) est souvent employé, en un sens restreint, pour désigner les premiers : grains de blé rôtis (cf. Lev., n, 14, 15), fleur de froment mélangée avec de l'huile (cf. Lev., n, 1 ; vi, 5), gâteaux et galettes (cf. Lev., ii, 4 ; vu, 9), etc.; l'encens tient une grande place comme accompagnement de ces diverses oblations. Les libations (nésék) de vin (cf. Ex., xxix, 41; etc.) sont les plus fréquentes.
68. Chaque jour est consacré, à cette époque, par l'holocauste du matin (II Reg., xvi, 15) et le minhàh du soir (II Reg., xvi, 15 ; I Reg., xvm, 29). Chaque semaine est sanctifiée par le sabbat ; c'est la réserve faite à Dieu d'une part de ce temps qu'il met à la disposition de l'homme. Dans le code de l'alliance (Ex., xx, 8-ll;xxni, 12), dans la loi yahwiste (Ex., xxxiv, 21), comme dans le Deutéronome (Deut., v, 12-15), le repos, qui n'est pas purement humanitaire, est la forme précise de cette consécration. La manière dont ce repos est décrit le met en rapport avec la vie agricole qu'Israël commença de mener en Canaan ;