‹ Où en est l'histoire des religions?Chapitre 29 sur 306 · XI. LA RELIGION D'iSRAEL · texte numérisé non relu

XI. LA RELIGION D'iSRAEL

mais son institution remonte au moins jusqu'à l'Exode (Ex., xvi, 22-30; xx, 8-11); le code sacerdotal (Ex., xxxiy 13, 14) et Ézéchiel (Ez., xx, 12, 13, 20, 21,24, etc.) y voient le signe le plus frappant do l'alliance de Dieu avec son peuple. Tous les mois a lieu la fête de la nouvelle lune ou néoménie ; véritable fête de la vie nomade, dans laquelle l'observation de l'astre et de ses phases tient une si grande place, elle a été conservée en Palestine. Pour la célébrer, on se met en état de pureté, puis on la sanctifie par des repas de famille (I Sam., xx, 5, 18, 24) ; elle dure deux jours (I Sam., xx, 27, 34). Pour chaque année, le code de l'alliance mentionne trois fêtes. Ces solennités sont marquées par des assemblées, ,asàràh (Deut., xvi, 18 ; Is., i, 13 ; Ara., v, 21), par des pèlerinages et des danses, hag (Ex., xxni, 14, 16). Ce sont des temps consacrés,. mô'èd, (Ex., xin, 10, ; xxm, 15 ; xxxiv, 18), qui sont en rapport avec la vie agricole. Au mois à'àbîb (avril; Ex., xxxiv, 18; xxm, 15), alors qu'on peut mettre la faucille au blé ou à l'orge (cf. Deut., xvi, 9), on célèbre la fête des azymes : sept jours durant, on mange des pains sans levain, faits avec le blé nouveau. Un mois et demi plus tard, a lieu la fête de la moisson ; on offre les prémices de ce que la terre a produit (Ex., xxm, 16; xxxiv, 22) et on mange des pains levés (cf. Lev., xxm, 17). Enfin, quand on ramasse tout le fruit du labeur de l'année (septembre), on célèbre la fête de la récolte ou de la clôture du travail des champs (Ex., xxm, 16 ; xxxiv, 22). Mais ces fêtes ont d'autres significations, elles commémorent de grands souvenirs. C'est surtout ce qui arrive pour la fête dos azymes ; elle rappelle la sortie d'Egypte (Ex., xxm, 15; xxxiv, 18) et les pains mangés en hâte sans qu'on leur donnât le temps de lever (Ex., xn, 39 ; cf. Deut., xvi, 3). Le rite de l'agneau pascal, vraisemblablement mentionné au Deutéronome (Deut., xvi, 2,5-7), paraît être, surtout en ce qui regarde l'onction des linteaux avec le sang de la victime, une vieille cérémonie (1) sanctifiée par Dieu lors de la plaie

(1) F. Martin, Textes religieux assyriens et babyloniens, transcription T traduction et co?nmentaire.Paris, 1903. Voir Introd. p. xvn :« Dans une cérémonie exécutée pour le salut du roi, le mashmashu (prêtre) doit se rendre à la porte du palais pour immoler un mouton, « avec le

des premiers-nés ; le repas pascal rappelle cet épisode qui fut décisif pour le salut d'Israël. Rites et fêtes pouvaient exprimer les plus nobles sentiments de l'âme ; mais les prophètes du vme siècle nous diront que ce culte extérieur n'est plus qu'un vain formalisme, désagréable à Yahweh.

69. En dehors du clergé hiérarchique, la religion israélite connaissait d'autres personnes consacrées à Dieu. C'étaient d'abord les naziréens; le signe fondamental de leur consécration était la longue chevelure sur laquelle le rasoir ne passait point (Jud., xm, 5 ; I Sam., i, 11 ; Num., vi, 5). Ils menaient une vie abstinente, destinée à protester contre les abus de la vie sédentaire ; ils ne buvaient ni liqueurs fortes, ni vin, et ne mangeaient aucun produit de la vigne (Jud., xm, 4, 7, 14 ; Num., vi, 3, 4) ; ils étaient astreints à des lois de pureté très rigoureuses (Num., vi, 6-12). Le vœu de nazirat était temporaire (Num.,vi, 4, etc.); maison connaissait des cas d'enfants consacrés dès le sein cle leur mère et pour toujours à ce genre de vie (Jud., xm, 7; I Sam., i, 11). Les Réchabites, qui appartenaient à cette tribu des Cinéens qui s'était (I Chron., n, 55) alliée aux Hébreux dès les premiers temps de leur histoire, donnaient, généralement dans le désert de Juda(l), un autre exemple de vie austère ; ls avaient entièrement gardé les habitudes nomades; ils vivaient sous la tente, ne possédaient ni terres, ni vignes, n'ensemençaient pas de champs et ne buvaient pas devin. Ils n'avaient d'autre lien que celui de leur commune origine; ils se réclamaient, comme de leur ancêtre, de Jonadab, fils de Réchab (Jer., xxxv, 6-10).

70. Mais, à côté des prêtres, ceux qui davantage attirent l'attention sont les prophètes. Ne songeons pas ici aux grands inspirés qui, sans doute, n'ont pas manqué à ces époques (2), mais qui n'ont été que les représentants les

sang de cet agneau il [oindra] les linteaux (?) et les montants de droite et de gauche de la porte du palais. »

(1) Au temps de Jéhu, on voit un Réchab dans le royaume du Nord, prêt à seconder le nouveau roi dans la suppression du culte de Baal (II Reg., x, 15).

(2) Tels furent : Déborah au temps des Juges; Samuel, Nathan, Gad, Ahias, Jéhu, puis Élie, Elisée, aux diverses périodes de la royauté.

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