‹ Où en est l'histoire des religions?Chapitre 35 sur 306 · XI. LA RELIGION D'iSRAEL · texte numérisé non relu

XI. LA RELIGION D'iSRAEL

3-12 ; m, 2,3,5-19), Nahumen attribuera tout l'honneur à Yahweh (Nah., n, 13), qui châtiera les fautes et les désordres dont elle est remplie (Nah., ni, 1, 4). En des termes analogues, Jérémie affirme le souverain domaine de son Dieu sur les hordes de barbares qui, dans les premiers temps de Josias, débordent en Asie et jusque vers la Palestine (Jer., iv, 5-vi); de la même manière, Habacuc s'associe à lui pour le jugement des Chaldéens de Nabuchodonosor (Hab., i, 12-17 ; n, 6b-20). D'ailleurs les grands prophètes aiment à passer en revue toutes les nations qui se meuvent dans l'horizon de Juda (Is., xiii-xxin ; Jer., xlvi-li ; Ez., xxv-xxxn) et à prononcer sur elles des sentences de châtiment et, pour les temps lointains, de réconciliation. 88. La préoccupation d'affirmer l'autorité de Yahweh sur les nations ne fait pas perdre de vue aux prophètes le privilège d'Israël. Les uns — tel Isaïe — le supposent nettement (Is., v, 1-7 ; xxviii, 16) ; mais d'autres s'en expliquent, Amos est parmi ces derniers. A certains égards la condition d'Israël est la môme que celle des autres peuples ; à ses origines Yahweh a présidé comme à celles des Syriens et des Philistins (Am., ix, 7). Mais, dès cette date même, Dieu lui a témoigné des attentions bien caractéristiques. Lui seul, il l'a connu parmi toutes les familles de la terre (Am., m, 1, 2) ; la sortie d'Egypte, l'entrée en Canaan, en un pays que Yahweh a purgé de ses anciens habitants, sont autant de marques de la faveur d'en haut (Am., n, 9, 10). Il y en a pourtant de meilleures : à Israël Dieu a donné des prophètes qui devaient lui faire connaître l'idéal auquel il était appelé, des naziréens dont la mission était, pour le bon exemple, de conformer leur vie à toute l'austérité de cet idéal (Am., n, 11, 12). Ainsi l'auteur et le maître de tous les peuples a, par un choix très spécial, discerné Israël pour une vocation unique. Osée n'établit point de comparaison entre les nations ; mais il a l'âme toute remplie des prévenances de Yahweh pour son peuple : Yahweh a trouvé Israël comme des raisins dans le désert, il a vu ses pères comme un fruit précieux sur un jeune figuier (Os., ix, 10). Quand Israël était enfant, Yahweh l'aima et l'appela d'Egypte pour qu'il fût son fils ; il lui apprit à marcher, le soutenant par le

bras, le menant avec des cordeaux d'humanité (Os., xi, 1-4). C'est un des assez rares oracles de l'Ancien Testament dans lesquels le titre de fils soit donné au peuple de Dieu (1) ; ailleurs, Osée présente Yahweh comme l'époux d'Israël (Os., i, 2-9 ; ii, 16, 19, 20). A son tour, Jérémie reviendra sur ces sollicitudes du désert ; il parlera du temps des fiançailles, alors qu'Israël était consacré à Yahweh comme les prémices de son revenu et, à ce titre, intangible sous peine des plus grands malheurs (Jer., n, 2). Plus tard, après la découverte du Deutéronome, il présentera les événements de la sortie d'Egypte comme une alliance contractée entre Dieu et Israël (Jer., xxxi, 32).

89. Les relations de Yahweh avec les nations et avec son peuple lui donnent occasion de manifester ses attributs. Celui qu'Amos met en relief d'une façon très particulière est cette justice dont Élie avait déjà fait valoir les droits dans l'épisode de la vigne de Naboth (I Reg., xxi). Si, d'une part, Yahweh juge les nations, il prend soin de ne leur demander compte que de ce qui est à leur portée; il ne leur reproche p oint de ne pas connaître son nom ; il les condamne pour leurs infractions vis-à-vis de cette loi morale qui est écrite au fond de tous les cœurs (Am., i, 3, 6, 9, 11, 13; n, 1). -Mais, d'autre part, Israël n'a sur ce point aucun privilège ; il vient à son tour à la barre de Yahweh, après les Syriens, les Philistins et les autres (Am., n, 6-16), et, pour les mêmes fautes, il est condamné par une sentence libellée dans les mêmes termes (Am., n, 6). Bien plus, le prophète le dit explicitement : le privilège d'Israël ne fait qu'aggraver sa culpabilité (Am., ni, 2). Osée ne diminue rien à la justice de Yahweh ; les crimes de la nation aboutiront à la priver de ses titres à la faveur divine (Os., i, 6) et de la qualité de peuple de Dieu (Os., i, 9). Mais le fils de Béeri complète la rigidité de ces arrêts par les espérances fondées sur la bonté : si l'union idéale de Yahweh avec son peuple — elle ne se réalisera qu'aux temps futurs, — est basée sur la justice et le jugement, elle l'est aussi sur la grâce et la tendresse {Os., ii, 19, 20). Quand la sévérité aura fait son œuvre,

(1) Cf. aussi Deut., xxxn, 6 ; Is., lxiii, 16 ; lxiv, 8 ; Jer., m, 4, 19 ; xxxi, 9 ; Mal., i, 6 ; n, 10.

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