‹ Où en est l'histoire des religions?Chapitre 40 sur 306 · XI. LA RELIGION D ISRAËL · texte numérisé non relu

XI. LA RELIGION D ISRAËL

tance sans pareille lui permit de mettre la main à l'œuvre pour une réforme radicale : ce fut la découverte du Deutéronome, faite, au Temple par le grand-prêtre Helcias (II Reg., xxn, 8).

96. Le Code que le secrétaire de Josias lui apporta était, par son contenu même, la consécration de l'œuvre des prophètes. Ceux-ci avaient insisté sur le choix que Yahweh avait fait d'Israël au sortir de l'Egypte, sur la manière dont il s'était attaché les pères, sur les merveilles accomplies pour les amener en terre de Canaan ; le Deutéronome rappelait fort au long les faits de l'Exode, ainsi que les clauses et les sanctions de l'alliance (Deut., iiv ; xxvn-xxx). Les prophètes avaient signalé les dangers que faisait courir à la vraie religion l'influence des cultes cananéens ; le Deutéronome rappelait l'ordre que Yahweh avait donné d'exterminer les populations de Palestine avec leurs dieux (Deut., vu, 1-9) ; il reproduisait le Décalogue et ses dispositions fondamentales concernant la jalousie et l'exclusivisme du Dieu d'Israël (Deut., v, 6-21) ; il édictait les peines les plus sévères contre les idolâtres et ceux qui les favorisaient (Deut., xm). Les prophètes avaient condamné les hauts-lieux comme un obstacle fondamental à la pureté du culte ; le Code nouvellement découvert allait plus loin encore ; à la base de toute sa liturgie, il posait l'obligation de ne sacrifier qu'au seul endroit que Yahweh devait choisir parmi toutes les tribus, pour y mettre son nom et y établir sa demeure (Deut., xn, 1-14, 17-19). Les prophètes avaient protesté contre le formalisme d'un rituel tout extérieur ; le Deutéronome mettait au point de départ de toute vie religieuse la crainte respectueuse et l'amour de Yahweh (Deut., vi, 2, 5, 13), l'obéissance à sa volonté (Deut., vi, 3, 6-9; vu, 12-25 ; x, 12-15). Quant à la partie proprement législative du Code, on y retrouvait, reprises, précisées et parfois développées, en tout cas pénétrées de l'esprit qui animait le livre tout entier, les prescriptions de la loi de l'alliance. Un sentiment d'humanité, de profonde sollicitude pour les serviteurs, les pauvres, les affligés, les étrangers, les veuves et les orphelins inspirait une foule de dispositions (Deut., x,

17-19). On en trouvait l'empreinte dans certaines ordonnances relatives au sabbat (Deut., v, 14), à diverses dîmes, (Deut., xiv, 28, 29), à l'année sabbatique (Deut., xv, 1-11), aux fêtes des Semaines (Deut., xvi, 11, 12) et des Tabernacles (Deut., xvi, 14). Elles tenaient aussi une grande place dans les lois civiles concernant l'affranchissement des esclaves (Deut., xv, 12-18), la vengeance du sang et les villes de refuge (Deut., xix, 1-13; cf., xxi, 1-9), la guerre et les captifs (Deut.,xx, 1-20; xxi, 10-14), les objets perdus (Deut., xxn, 1-4), les nids d'oiseaux (Deut., xxn, 6, 7), l'esclave fugitif (Deut., xxm, 15, 16), l'usure (Deut., xxm, 19, 20), le prêt sur gage (Deut., xxiv, 6, 10-13), le mercenaire (Deut., xxiv, 14, 15), la part de l'étranger, de l'orphelin et de la veuve (Deut., xxiv, 17-22), les châtiments corporels (Deut., xxv, 1-3). Certains points du droit étaient précisés ; de là les lois religieuses sur l'immolation des animaux dont on veut se nourrir (Deut., xn, 15, 16, 20-25), sur les aliments purs (Deut., xiv, 11-21), sur les vœux (Deut., xxm, 21-23); les lois sur les témoins (Deut., xix, 15-21), sur les droits des premiersnés (Deut., xxi, 15-17), sur les fils rebelles (Deut., xxi, 18- 21), sur les personnes exclues de la communauté (Deut., xxm, 1-8), sur la pureté du camp (Deut., xxm, 9-14), sur les prostituées (Deut. xxm, 17, 18); les lois sur la jeune femme accusée de n'être pas vierge (Deut., xxn, 13-21), sur l'adultère (Deut., xxn, 22), sur le viol d'une jeune fille fiancée ou non (Deut., xxn, 23-29), sur le divorce (Deut., xxiv, 1-4).

Ce code mosaïque ne pouvait manquer d'être adopté comme une loi d'État par un roi tel que Josias. Celui-ci se mit à l'œuvre, encouragé par la prophétesse Holda (II Reg., xxn, 14-20). La loi fut lue au Temple devant tout le peuple; une alliance fut renouvelée avec Yahweh sur la base de ce texte (II Reg., xxm, 1-3). Puis l'œuvre de la réforme, commencée à Jérusalem, se répandit dans tout le royaume de Juda (II Reg., xxm, 4-14) et jusque sur le territoire de l'ancien royaume d'Israël (II Reg., xxm, 15-20). Une guerre sans merci fut déclarée aux cultes étrangers qui s'étaient glissés dans le Temple national lui-même (II Reg., xxm, 4, 6, 7, 11, 12,13, 14);

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