‹ Où en est l'histoire des religions?Chapitre 41 sur 306 · XI. LA RELIGION D'iSRAEL · texte numérisé non relu

XI. LA RELIGION D'iSRAEL

Je culte de Yahweh fut purifié de toutes les abominations qui s'y étaient introduites (II Reg., xxm, 7, 10, 24). Mais le point le plus caractéristique de la réforme fut la suppression des hauts-lieux où Ton honorait Yahweh; Josias les détruisit sans ménagement (II Reg., xxm, 5, 8, 15, 19, 20) ; puis, ayant fait venir leurs desservants à Jérusalem, il les associa au clergé métropolitain, leur interdisant toutefois les fonctions liturgiques les plus élevées (II Reg., xxm, 8, 9). Il dut y avoir grande joie au cœur des prophètes qui avaient souffert persécution aux mauvais jours de Manassé, lorsque, pour marquer la fin de l'œuvre réformatrice qu'il avait menée à terme en moins d'une année, Josias ordonna la célébration d'une Pâque dont la solennité éclipserait tous les souvenirs du passé (II Reg., xxm, 21-23) !

97. Hélas ! l'histoire des infidélités du peuple de Dieu est une perpétuelle redite. Josias tomba prématurément sur le champ de bataille de Mageddo (II Reg., xxm, 29, 30), et son successeur Joakim, — • Joachaz n'eut le temps de rien faire (II Reg., xxm, 31-35) — profitant du désarroi dans lequel cette mort plongeait les âmes pieuses, se montra favorable aux mondains (II Reg., xxm, 37). On vit renaître la plupart des abus que Josias croyait avoir déracinés pour jamais (Jer., vu, 9 10, 16-19, 30-34 ; vin, 4-9, etc.). Cette fois la mesure était comble. Aux yeux de Jérémie, les iniquités du règne de Joachim rejoignaient, par delà les réformes de Josias, les prévarications du temps de Manassé (cf. Jer., xv, 4; II Reg., xxiv, 3, 4), et un appel à la vengeance divine montait vers le ciel. A partir de ce moment, Jérémie n'eut plus qu'une pensée, et elle hanta son esprit à la façon d'une idée fixe. Il l'exposait dans ses discours (Jer., vu, 1-ix, 22 ; xi ; etc.) et dans le commentaire de ses actes symboliques (Jer., xm, 1-11; xix, 1-13) ; il la développait lorsqu'un fléau quelconque lui paraissait de nature à rendre plus vif le sentiment de la justice divine (Jer., xiv,xv); il la proclamait devant les rois et les princes qui n'y voulaient pas croire (Jer., xxvn, 12-15), devant les prêtres et les prophètes qui entretenaient le peuple dans l'illusion (Jer., xix, 14-xx, 6 ; xxvï, 7-11 ; xxvii, 16-22), devant ses concitoyens qui le persécutaient et

complotaient de le faire mourir (Jer., xi, 18-23). Or, cette idée, c'était que la dernière heure de Juda était venue ; il était temps de convoquer les pleureuses pour les funérailles de la malheureuse nation (Jer., ix, 17-22) ; ni les prières du prophète n'y pouvaient rien faire (Jer., vu, 16; xv, 1) ; ni il n'y avait à compter sur une pénitence capable d'obtenir de nouveaux délais (Jer., vin, 4-7; xin, 23 ; xvm, 11, 12). Les coups portés par Nabuchodonosor à la capitale en 598 (II Reg., xxiv, 10, 11), la captivité du roi Jéchoniaset des meilleurs éléments de la population (II Reg., xxiv, 12-17), ne lui parurent pas suffire. Envers et contre tous, il continua de dire sous Sédécias ce qu'il avait dit sous Joachim : la plaie de Juda était mortelle. Dix années durant, il annonça (Jer., xxiv, 8-10 ; xxvn, 12-22 ; xxvni, 12-14; xxix; xxxvn, 16; etc.) la lugubre •catastrophe de 586.

98. C'est ainsi que les exigences de la religion prophétique aboutissaient à un anathème contre le peuple de Yahweh. La sentence de ruine était-elle définitive ? Les prophètes ne le crurent jamais; toujours ils gardèrent la foi en la résurrection de la nation choisie ; Jérémie fixa même à soixante-dix ans seulement la durée de l'humiliation de Juda (Jer., xxv, 11, 12). Aux yeux des hommes de Dieu, le châtiment devait avoir le caractère d'une épreuve (Jer., xxx, 14, 15, 23, 24; xxxi, 17-19) ; puis sur sa nation purifiée, devenue à nouveau digne de ses faveurs, Yahweh se plairait à répandre ses meilleures bénédictions. C'est ainsi que la prédication prophétique aboutissait aux brillantes perspectives de l'espérance messianique.

99. Les bénédictions temporelles furent au premier plan, et les prophètes du royaume du Nord n'en frustrèrent pas leurs auditeurs. Amos déclare qu'Israël ne sera pas entièrement exterminé; les pécheurs périront, mais le bon grain sera réservé (Am., x, 8-10); Israël reviendra en son pays, non plus pour y constituer une unité schismatique, mais pour participer à la vie de Juda et reconnaître la souveraineté de la maison de David (Am., x, 11) ; il prendra sa revanche sur les peuples qui l'auront frappé (Am., x, 12) , il rebâtira ses villes, il cultivera ses champs auxquels Yahweh accordera une exceptionnelle fertilité

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