‹ Où en est l'histoire des religions?Chapitre 49 sur 306 · XI. LA RELIGION D ISRAËL · texte numérisé non relu

XI. LA RELIGION D ISRAËL

capables (Is., xli, 23) ! Surtout qu'ils fassent des prédictions et en assurent la réalisation (Is., xli, 21-24 ; xliii, 9; xliv, 6, 8; xlv, 20, 21) ! Le conflil; aboutit à une description ironique de l'idole, fabriquée avec le même bois qui sert à la cuisine, incapable de se soutenir sans être attachée (Is., xliv, 9-20 ; cf. xl, 18-20 ; xli, 6-7); le prophète célèbre la chute de Bel et l'écroulement de Nébo (Is., xlvi, 1,2). Par ailleurs, nombreux sont les traits qui mettent en relief les attributs divins dont il a été antérieurement question : Yahweh est le Saint d'Israël (Is., xli, 14, 16, 20 ; xliii, 3, 14 ; xlv, 11 ; etc.) ; on célèbre la sagesse de ses conseils (Is., xl, 13, 14) et la sûreté de vue avec laquelle il conduit toutes choses (Is., xli, 4 ; xliv, 25, 26) ; on le présente à diverses reprises comme éminemment juste et fidèle en ses promesses (Is., xli, 10, 26 ; xlv, 23).

112. Israël peut donc avoir confiance ; son droit ne passe pas inaperçu devant son Dieu (Is., xl, 27) ; celui-ci est prêt à le saisir fortement, à l'aider et à le soutenir (Is., xli, 10). La même vigueur qu'il a déployée pour le châtier de ses iniquités, il la mettra à procurer son salut et sa rédemption (Is., xlii, 18-xliii, 7). Sans doute, Israël se sent encore coupable et il a raison (Is., xlii, 18- 25 ; xliii, 22-24) ; mais Yahweh — le prophète tient à peu près le même langage qu'Ézéchiel — agira par amour pour lui-même et pour l'honneur de son nom (Is., xliii, 25 ; xlviii, 1-11). Aussi bien le temps est proche où les interventions divines feront oublier les merveilles qui jadis accompagnèrent la sortie d'Egypte (Is., xliii, 16-21). Et, dans son style magnifique, le prophète reprend les points principaux de l'espérance de la restauration nationale et messianique : revanche sur les ennemis (Is., xli, 13-16), confusion des anciens adversaires (Is., xli, 11, 12), capitale splendidement rebâtie et impuissante à contenir la multitude de ses habitants (Is., xliv, 26, 28 ; xlix, 14-21 ; lu, 1-6 ; liv, 1-17), empressement des nations à s'attacher à Israël et à le servir (Is., xlix, 22, 23), paix sans fin (Is., liv, 11-17) dans la jouissance gratuite du salut offert par Dieu (Is., lv).

113. Le prophète toutefois va plus loin et, à la lumière des révélations divines, il approfondit le mystère des

prédilections de Yahweh pour Israël. Sans doute, et en des termes plus touchants que ceux d'Osée ou de Jérémie, il soulignera la "sollicitude du vrai Dieu pour son peuple (Is., xl, 11; liv, 8) : quand les mères oublieraient leurs enfants, Yahweh n'oublierait pas les siens (Is. xlix, 14-16). Mais il insiste davantage ; il proclame la raison d'être de cet amour. Il ne craint pas d'user à propos d'Israël des procédés les plus hardis de la personnification oratoire. C'est pour affirmer que son Dieu l'a choisi, qu'il l'a élu (Is., xli, 8, 9; xliv, 1), bien plus, qu'il l'a formé dès le sein maternel (Is., xliv, 2) ; c'est surtout pour déclarer qu'Israël est le serviteur de Yahweh (Is., xliv, 9 ; xliv, 1, 2, 21 ;etc). Et cette appellation, qui n'est pas tout à fait nouvelle dans la prophétie (Jer., xxx, 10; xlvi, 27, 28), n'exprime pas seulement la dépendance du peuple de Dieu vis-à-vis de son auteur ; elle se rapporte au rôle qu'il est appelé à remplir : Yahweh l'a pris pour être l'alliance de l'humanité, la lumière des nations (Is., xlii, 6). Comme dans Ézéchiel, la manière dont son Dieu le sauvera contribuera grandement à assurer cette œuvre. En voyant les prodiges que Yahweh réalisera pour racheter Israël, les idolâtres seront d'abord confondus (Is., xlii, 14-17) ; force leur sera de reconnaître qu'avant Yahweh aucun dieu n'a été formé et qu'il n'y en aura pas après lui, qu'il n'y a point d'autre sauveur que lui (Is., xliii, 8-13). Aussi les uns diront-ils : « Je suis à Yahweh », cependant que les autres se réclameront du nom de Jacob, que d'aucuns écriront sur leurs mains « à Yahweh » et prendront pour surnom le nom d'Israël (Is., xliv, 4, 5). On verra ainsi tout genou fléchir devant le vrai Dieu, toute langue lui prêter serment : « En Yahweh seul, dira-t-on, résident la justice et la force (Is., xlv, 22-25). »

114. Mais la mission d'Israël s'accomplira encore en une autre manière ; il sera l'apôtre des nations. Ce rôle toutefois n'est pas dévolu au peuple tout entier. En effet, à côté des textes où le titre de « Serviteur de Yahweh »a un sens collectif et s'applique à Israël considéré comme peuple, il en est d'autres où sa signification se restreint visiblement à un seul personnage (Is., xlii, 1-4; xlix, 1-6 ; l, 4-9 ; lu, 13-liii, 13). Celui-ci apparaît

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