‹ Où en est l'histoire des religions?Chapitre 53 sur 306 · XI. LA RELIGION D'iSRAEL · texte numérisé non relu

XI. LA RELIGION D'iSRAEL

yeux d'Aggée et de Zacharie, la reprise des travaux du Temple marquait le point de départ des bénédictions (Agg., ii, 19; Zaoh., vin, 11-13). Le moment était venu de ces grands ébranlements de peuples qui devaient préluder à l'œuvre divine (Agg., n, 6, 7, 22. ; Zach., i, 15). Dieu était sur le point de frapper les nations qui retenaient Israël captif (Zach., i, 20, 21 ; n, 8, 9) ; la Ville sainte se trouvait trop petite pour contenirses habitants (Zach., ii, 4, 5). D'autre part, en la personne du grand-prêtre, représentant de la nation, Yahweh accomplissait la purification de la faute passée (Zach., in, 3-5). En même temps, la malédiction divine venait frapper les pécheurs (Zach., v, 1-4), cependant que la puissance même du péché allait être emportée au centre du paganisme (Zach., v, 5-11) pour y attirer la vengeance céleste (Zach., vi, 1-8). • Sans doute, l'arche manquerait au Temple nouveau ; mais le chandelier à sept branches deviendrait le symbole de la présence de Dieu, de sa vigilance sur les peuples (Zach., iv, 2, 10b). De son sanctuaire, Yahweh exercerait sa protection spéciale sur les deux chefs de l'Israël nouveau, le grand-prêtre et le roi (Zach., iv, 3, 14 ; cf. vi, 13, d'après le grec). Ce roi ne serait autre que le Messie, désigné sous le nom de Germe (Zach., ni, 8-10). L'importance que l'achèvement du Temple devait avoir pour le retour de Yahweh à Jérusalem et pour l'avènement messianique (Agg., i, 8: ii, 9 ; Zach., i, 14, 16; n, 10-13; m, 9), la part que prenait à cette œuvre Zorobabel, le représentant principal de la race davidique (Zach., iv, 6b-10a), expliquent les liens très étroits que Zacharie établit entre le prince de Juda et le serviteur Germe (Zach., vi, 12, 13 cf. Agg., ii, 23). Les temps étaient proches en effet les convertis d'entre les nations, apportaient leurs dons pour la maison de Dieu (Agg., n, 7), appelée à plus de gloire que l'ancien Temple ; ils s'empressaient à Jérusalem (Agg., n,9 : Zach., ii, 11) ; ils accouraient y implorer Yahweh (Zach., vin, 21) et s'attacher à son peuple (Zach., vin, 23). Le moment était venu de remplacer les jeûnes par des jours de fêtes, et de célébrer l'instauration de la paix éternelle (Zach., vin, 19).

Au temps de Xerxès et d'Artaxerxès, l'horizon était

moins serein. On entrevoyait encore des combats, et ils pouvaient être terribles (Zach., xiv, 1, 2). Mais la perspective aboutissait quand même au triomphe et à la paix (Zach., ix, 1-7, 11, 15 ; x, 4-6 ; xn, 1-4, 6, 7) : les ennemis étaient frappés par Dieu lui-même (Zach., xn, 9 ; xiv, 3-5, 12-15) ; Juda était délivré ; il revenait victorieux de la lutte pour être comblé de bénédictions (Zach., ix, 16, 17; x, 1). De son côté, à Éphraïm, qui se souvenait de Yahweh au milieu des nations, son Dieu accordait une postérité nombreuse ; il le ramenait au pays qu'il occupait jadis (Zach., x, 7-10). Puis, en la capitale du nouveau royaume, le Messie faisait son entrée, dans l'appareil d'un roi plein de mansuétude et ami de la paix (Zach., ix, 9, 10). Yahweh étendait ensuite sa protection sur la ville et sur le pays (Zach., ix, 8). Il touchait les habitants en répandant dans leur cœur un esprit de grâce et de supplication (Zach., xn, 10a); ceux-ci menaient grand deuil pour ce personnage mystérieux — succédané du Serviteur de Yahweh — qu'ils avaient eux-mêmes transpercé (Zach,, xn, 10b-14). Ils étaient purifiés (Zach., xm, 1) ; ils excluaient du sein de la nouvelle société les idoles et, avec elles, ces représentants du prophétisme qui depuis si longtemps avaient contribué à faire pécher le peuple (Zach., xm, 2-6) ; Jérusalem était la cité sainte où tout était consacré (Zach., xiv, 11, 20,21), et les nations venaient en foule y célébrer les fêtes (Zach., xiv, 16-19).

120. Ainsi donc, les prophètes d'après l'exil n'abandonnent aucune des espérances chères à leurs prédécesseurs; et s'ils expliquent à leurs disciples la raison des délais divins, ils les pressent de hâter, par leur conversion, l'heure, toujours très proche, de Yahweh. Il est facile toutefois de constater certains changements dans la prophétie. On pourrait signaler des différences secondaires de fond et de forme ; on noterait, par exemple, que les prophètes postexiliens parlent peu ou point de châtiment à venir ; ce qui pour eux est au premier plan, c'est la bénédiction après laquelle ils soupirent (1). Mais il y a de? différences beaucoup plus saillantes. Au point de vue

(1) Tel est surtout le cas d'Aggée et de Zach., i-viii.

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