‹ Où en est l'histoire des religions?Chapitre 59 sur 306 · XI. LA RELIGION D'iSRAEL · texte numérisé non relu

XI. LA RELIGION D'iSRAEL

Revenons au Temple de Jérusalem. Autour de l'autel évoluaient, dans la majesté de leurs saints ornements (Ex., xxviii ; xxix, 1-37 ; xxxix, 1-31) : le grand-prêtre, successeur d'Aaron (Ex., xxviii, 1-39), les prêtres (I Chron., xxiv, 1-19) et les lévites (Num., vin, 5-26). Avec leurs divers groupes (Num., m, 17-39 ; iv; I Chron., vi, 1-30), avec les chantres (I Chron., vi, 31-47) et les portiers (I Chron., ix, 17-32), les lévites formaient un clergé de second ordre, tout à fait distinct du sacerdoce proprement dit (I Chron., vi, 48, 49). Le Code sacerdotal réglait avec précision les rôles (Num., xvm, 1-7) et le;, revenus de chacun (Lev., vi, 16-18, 26-29; vu, 6-10, 14, 32-36; Num.. xvm, 8-32; cf. I Chron., vi, 54-81), la place qu'il devait occuper ; le rituel déterminait jusqu'aux moindres gestes qu'il fallait accomplir dans les divers actes du culte : offrandes (Lev., xxvn, 26-33 ; Num., xv, 17-21), oLlations (Lev., n; vi, 14, 15; Num., xv, 1-16), libations (Num., xv, 1-16), holocaustes (Lev., i; vi, 8-13), sacrifices pacifiques (Lev., in ; vu, 11-36; xix, 5-8), à côté desquels les sacrifices expiatoires (Lev., iv, 1-vi, 7; vi, 24-30 ; vu, 1-10; Num., xv, 22-31) auront désormais beaucoup d'importance. Le peuple n'eut pas toujours le moyen de pourvoir à l'entretien de tant de ministres ; peut-être aussi ne mit-il pas assez de zèle à le faire. Ceux qui en souffrirent furent surtout les lévites (Neh., xn, 43-46 ; xm, 10-13; x, 37b, 38), dont le nombre et la puissance allèrent diminuant (1).

Le peuple trouvait une grande joie à être témoin des saintes liturgies (Eccli., l, 5-21). Il venait au Temple pour des actes de piété individuelle (Lev., xxvn, 1-25; Num., xxx, 2- 16); mais le culte national était régulièrement organisé. C'était d'ailleurs au nom de la communauté que les prêtres et les lévites accomplissaient toutes ces cérémonies, dont la communauté leur fournissait les éléments (Lev., i, 5-9, 11-13, 15-17 ; xvi, 5, 15). Le service quotidien comprenait, le matin et le soir, un holocauste avec

(1) Dans Josèphe, lorsqu'il s'agit des temps postérieurs à la période qui nous occupe, il n'est plus guère question que des prêtres; dans l'Évangile, les lévites sont rarement mentionnés.

des oblations (Ex., xxix, 38-46; Num., xxviii, 3-8). Tous les huit jours, le sabbat était marqué, au Temple, par des sacrifices particuliers (Num., xxviii, 9, 10). Mais sa note distinctive était le repos qui, d'abord observé avec rigueur (Ex., xxxi, 12-17; Lev., xxm, 3; Num., xv, 32-36), le fut ensuite avec superstition (Matth., xn, 1, 2, 10-13). Toutefois les Juifs de province éprouvèrent bientôt le besoin de suppléer en quelque manière aux actes du culte proprement dit qu'ils ne pouvaient exécuter en leurs villages : de là l'organisation progressive des synagogues (1). On se réunissait dans des locaux situés d'ordinaire en dehors des bourgades, sur le bord des fleuves ou sur le rivage de la mer ; puis, sous la présidence des anciens, on s'instruisait de la Loi et on priait.

127. Les fêtes annuelles étaient l'occasion des grands pèlerinages à la Ville sainte. Le premier mois était marqué par la plus grande des panégyries, la Pâque (Ex., xn, 1-20 ; Lev., xxm, 5). En dehors des sacrifices ordinaires (Num., xxviii, 16-25), elle comprenait le rite de l'agneau pascal (Ex., xn, 1-14). Le soir du 14 Nisan, les Israélites égorgeaient eux-mêmes l'agneau au Temple (Ex., xn, 6 ; Num., ix, 3), et le sang en était répandu par les prêtres au pied de l'autel (2). Puis on remportait la victime à la maison où devait avoir lieu le festin, et on la rôtissait (Ex., xn, 8-11). Le repas était interrompu par des cantiques (3), et le père de famille expliquait le symbolisme de la cérémonie (4) ; l'agneau était consommé avec des pains azymes et des herbes amères (Ex., xn, 8). Pendant les sept jours qui suivaient, on ne mangeait que des pains sans levain (Ex., xn, 15-20; Lev., xxm, 6-8) et, «le lendemain du sabbat», on offrait les prémices de la moisson (Lev., xxm, 10-14). Cinquante jours après l'offrande des prémices (Lev., xxm, 15, 16), on revenait pour la fête des Semaines (Lev., xxm, 18-21; Num., xxviii, 26-31), dontle

(1) Cf. Schùrer, Geschichte..., n, § 27, n.

(2) Cf. Traité Pesachîm, v, 6.

(3) Aux temps voisins de l'ère chrétienne, on chantait, pendant le repas pascal, les Psaumes des Hallels (cxiii-cxvii).

(4) Conformément à Exod., xn, 24-27.

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